‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 382 sur 589 · AA. SS. n,l<)l,r., t. VI, p. /i27, 4il · texte numérisé non relu

AA. SS. n,l<)l,r., t. VI, p. /i27, 4il

9. AA. SS. August.. t. IV, p. Mi. — llaiiiul. ilal., t. Il, IM, sq.

PniKRK.

l'IUNCE.

Oiiant aux Chanoines, nous en avons dit un mot à |)ro|)OS de saint Théotoni us, dans l'article l'ossédh; et l'on en verra bientôt quelque chos(( au sujet du H" Pierre Fourier.

l'HlKRK.

Que les saints aient beaucoup prié, c'est chose si coninnme qu'elle ne peut guère les distinguer l'un de l'autre. Mais ceux qui n'avaient point dcj fonction ])ublique sont surtout représentés s' adonnant à cette occupation. Tels sont par exemple les ermites et les femmes: celle.s-ci, ])arce que la vie Cachée leur convient tout particulièrement ; ceux-là, par suite du choix qu'ils avaient fait de la retraite pour ne s'y occuper que de Dieu.

Ce ne serait donc pas une caractéristique bien claire que celle de représenter un saint agenouillé dans l'oratoire, ou prosterné devant l'autel. D'ailleurs, les titres Crnix, Autel, Monstrance, etc., donneront lieu de retrouver divers personnages que rien n'oblige à mentionner ici particulièrement, à moins de faire une liste énorme qui, par là même, serait d'autant moins utile.

Pour ne pas laisser entièrement ce titre dans le vague, donnons-^ place au moins à sainte Adélaïde, impératrice; 10 (l(''cembre, 999. Malgré .son haut rang, elle eut souvent besoin de puiser des forces dans la ])rière ; soit lorsque, veuve une première fois (à dix-neuf ans) de Lotliaire roi d'Italie, elle fut en butte aux persécutions (le liérenger comte d'Ivrée qui la lit jeter en prison; soit quand, après la mort de son second mari (Otiion I), elle fut desservie auprès de son fils (Otlion II) par les flatteurs et ])ar la jalousie de Théophano sa bru. Quoi (|u'il en soit, les historiens de sa vie racontent qu'elle passait de longues lieui-es dans son oratoire à s'entretenir avec Dieu. KiMe de Rodolphe II roi de Bourgogne, reine d'Italie, puis iinpi'tratrice, sainte Adélaïde a été honorée dans un grand nombre de provinces. La puissance des maisons auxquelles elle appartint, les diverses contrées où son action s'exerça, la vénération qu'eurent pour elle saint Maïcul et saint Odilon , grands promoteui's de (lluny, auraient suflisamnient étendu son cidte, quand même ses nn'racles eussent été moins nombreux.

PlUNCK, PIUNCKSSE.

Sous les litres Dites et Couronne de prime ou de roi nous avons déjà signalé divers indices qui peuvent faire reconnaître des saints revêtus de quelque dignité séculière, ou mis en relation avec des princes (ducs, rois, l'Uipereurs, comtes, etc.). Indiquons-en toutefois quel-

I. S'il était iL'ellement comte de Savoie, je m'en rapporte à ce qui on est. Pourtant les généalogistes de Turin ont énormément usé du droit accordé jadis aux hérauts d'armes des familles] souveraines. Les Rivaz du Valais, peu suspects en cette affaire, et qui avaient des litres scientifiques fort acceptables, tenaient pour Humbert de lielley

ques-uns pour suppléer à ce qui aurait fait défaut de notre part dans d'autres articles, ou à la finesse du lecteur pour aller chercher chaque chose à sa place.

Saint SiLVESTRE pape (Cf. Dragon, p. 316; Baptême, etc.). Quoiqu'on ait révoqué en doute le baptême de Constantin par ce pontife, le moyen ùge n'y faisait pas tant de diflicultés. Le Bréviaire romain maintient encore ce récit, et les artistes du temps passé l'ont représenté plusieurs fois.

Saint Zacharie, pape; 15 mars, 752. Donnant l'habit religieux à Rachis roi des Lombards, ou persuadant à Luitprand de cesser toute violence contre l'Église romaine.

Saint Corbinien évêque de Frisingue (Cf. Ours, p. 592). On le voit souvent bénissant un prince. C'est qu'il ramena aux pratiques de la religion le duc de Bavière Griraoald, et ce fut celui-ci qui fonda le siège de Frisingue pour conserver saint Corbinien dans ses États.

Saint Loup, évêque de Troyes; 29 juillet,, /i79. On le peint allant au-devant d'Attila pour faire épargner sa ville épiscopale, ou accompagnant ce prince lorsque les Huns quittaient la Gaule après leur grande défaite près de la Marne. On dit que le conquérant avait voulu emmener avec lui ce saint vieillard comme une sauvegarde contre la vengeance des populations gauloises qui venaient de reprendre cœur.

Saint Rigobert bénédictin, abbé d'Orbais, puis évêque de Reims (Cf. Oies, p. 580). On l'a représenté quelquefois devant Charles Martel auquel il adresse des reproches. Respecté par Pépin le Gros et favorisé par lui , Rigobert ne se crut pas obligé de ménager plus que de raison le fils de son bienfaiteur dans un homme qui ne respectait ])as les droits de l'Église, et voulait même lui interdire l'entrée de Reims. Aussi fut-il chassé de son siège, comme plusieurs autres, par le duc des Francs qui lui substitua un intrus plus complaisant pour le pouvoir. Exilé ainsi de sa ville épiscopale durant plusieurs années, il passa dans l'Aquitaine. Rigobert revint plus tard terminer ses jours à Reims lorsque Charles Martel fut mort.

Saint Antiielme chartreux, évêque de Belley (Cf. Lampe, p. /)90, sv.). On voit parfois à ses pieds le comte Humbert de Savoie, ou plus exactement de Belley'. Ce prince, excommunié par le saint pour avoir attenté aux immunités de l'Église, le trouva constamment inflexible à toute considération humaine, et finit par se soumettre en sa présence. La fermeté du saint évêque avait telleinenl saisi le comte, qu'il n'osait paraître à l'église sans s'être réconcilié avec lui, quoiqu'il eût obtenu du pape lu levée de cette censure; et l'homme de Dieu y avait

comme seule tige bien claire de la dynastie savoyarde. Cette maison, depuis, s'est fait (ou fait faire) d'autres origines dont il ne peut être question dans la vie des saftits, quoique la légende y ait son rote; mais ce sont légendes politiques, dont j'ai fort peu de souci. Lo pi'uplc n'y a rien à voir, si ce n'est pour se taire et laisser dire.

Page 1