PRINCE, PRINCESSE
si peu mis d'âpreté personnelle que, près de mourir et voyant le pécheur humilié, il bénit sa descendance mâle, encore douteuse. Mais il ne dit pas que ce fût pour jusqu'à la fin du monde, et sauf toute autre insulte outrageuse à l'Église.
Saint Wolfgang, évéque de Ratisbonne (Cf. Démon, p. 307; Église, etc.). Vénéré par Henri duc de Bavière, il fut chargé de l'éducation de ses quatre enfants : Bruno qui devint évéque d'Augsbourg, saint Henri qui fut élevé à la dignité impériale, Gisèle qui épousa le roi de Hongrie, et Brigitte qui devint abbesse à Ratisbonne. Le saint, par une sorte de plaisanterie prophétique, les appelait souvent : l' évéque, l'empereur, la reine, et l'abbesse*.
Saint Léandre, évéque de Séville; 27 février, 601. Instruisant le jeune roi Récarède qui lui avait été confié par Leuvigilde mourant; et qui, grâce aux soins du saint évéque, devint un digne frère de saint Herménégilde. Saint Léandre, pour ce motif, a été nommé l'apôtre des Visigoths.
SaiiNT Isidore, évéque de Séville ; 4 avril, 636. Un roi à ses pieds, parce que successeur de son frère saint Léandre. dans l'épiscopat (en 596), il conduisit à terme la réconciliation des Goths avec l'Église.
Saint Gémimen, évéque de Modène (Cf. Église, p. 337). Les vieux artistes le représentent volontiers venant au-devant d'Attila qui, dit-on, aurait traversé la ville de Modène sans s'apercevoir de la proie qu'il laissait échapper *.
Saint Zenon évéque de Vérone, saint Mathubin prêtre, saint Ctriaque diacre, etc., ont été mentionnés sous le titre Possédés comme ayant délivré des énergumènes dans la famille des rois ou des empereurs. D'autres saints également mis en rapport avec des princes, figureront dans les articles qui indiquent un autre moyen de reconnaissance. Par exemple, au mot Soulier, saint Guntiier présentant sa chaus.sure à Othon le Grand.
Saint Wiron (ou Viron) confessant ou conseillant l'un des Pépin. Cf. Confession, p. 2/i8.
Saint Hugues chartreux, évéque de Lincoln (Cf. Cygne, p. 305; etc.). Refusant au roi d'Angleterre (Henri II) une prébende que le prince demandait pour l'un de ses courtisans. Ailleurs, tirant le roi (Richard-Cœur-de-Lion) par son manteau pour l'obliger à lui donner le baiser de paix, et lui faisant des remontrances sur les injustices de ses commissaires.
Saint Marcou abbé (Cf. Cou, p. 263, sv.), près d'un roi de France (c'est quelquefois Louis XIV) auquel il commu-
nique ou confirme le pouvoir de guérir les écrouelles. Ce don est regardé comme une récompense obtenue primitivement par le roi Charles le Simple, qui en 906 fonda un monastère à Corbény près de Laon sur le tombeau du saint dont les reliques avaient été déposées en ce lieu durant les invasions des Normands'. On sait que les rois de France maintinrent cette coutume jusqu'à Charles X inclusivement, surtout lors de leur sacre; et que Louis XIV admettait les scrofuleux pour être touchés par lui, les jours où il avait communié.
Saint Romuald abbé (Cf. Échelle, p. 328). On le voit parlant à un seigneur agenouillé, et d'ordinaire c'est un empereur. Ce peut être Othon III, qui l'obligea d'accepter l'abbaye de Classe à Ravenne. Mais on doit bien avoir réprésenté aussi de la sorte le doge de Venise, Pierre Orseolo, qui embrassa la vie érémitique sur les conseils du saint abbé; ou d'autres grands du monde que Romuald amena dans le cloître*.
Saint François de Paule (Cf. Chiffre, p. 220, sv.). On le voit en présence du roi de Naples (Ferdinand \") auquel il reproche ses exactions. Ce prince ayant voulu faire accepter une grosse somme d'argent au serviteur de Dieu, le saint prit une des pièces d'or qu'on lui présentait, la brisa; et fit voir qu'il en coulait du sang, le sang des pauvres ^. —Item devant le roi de France Louis XI, qui le reçoit à genoux. Celui-ci l'avait fait venir d'Italie, dans l'espérance d'obtenir par son moyen la prolongation d'une vie dont les médecins désespéraient". L'homme de Dieu déclara qu'il n'avait pas la prétention de faire un miracle, mais qu'il se prêterait de grand cœur à aider le roi pour faire une mort chrétienne.
Saint Benoît de Norcia (Cf. Buisson, p. 151, sv.; etc.). Totila tombe à ses pieds, et le saint lui prédit une mort prochaine. Le roi goth, voulant savoir à quoi s'en tenir sur la réputation de sainteté qui accompagnait le saint homme, fit revêtir des ornements royaux un officier de son armée, et se tenait en arrière sans aucune marque distinctive. Benoît, déjà fort avancé en âge, ne prit point le change;' il dit au prétendu roi : « Laissez, mon fils, les marques d'une dignité qui ne vous appartient pas; ce n'est point vous qui êtes le maître, quoi qu'en dise cet extérieur d'emprunt. »
Saint Séverin, abbé d'Agaune; 11 février, 508. Le roi Clovis, après une longue maladie, le fit appeler pour suppléer à l'impuissance des médecins. Ceux-ci, avouant l'insuflisance de leur art, avaient eux-mêmes conseillé ce moyen surnaturel au prince franc comme l'unique ressource qui lui restât. Séverin ne démentit pas sa répu-