‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 481 sur 589 · TIARE ET PAPAUTE · texte numérisé non relu

TIARE ET PAPAUTE

dans Part du christianisme. En voici un nouvel exemple d'après les vieux vases de verre à feuille d'or incisée', où il s'agit de l'un des jeunes Hébreux exposés aux flammes dans la fournaise de Babvlone. Cf. Four, etc.

Quant à l'insigne pontifical qui a conservé chez nous jusqu'aujourd'hui le nom de la tiare antique dans les usages modernes, il pourrait prêter à beaucoup de détails qui n'entrent pas nécessairement dans notre sujet. Vers quelle époque la tiare papale reçut-elle les trois couronnes qui la décorent aujourd'hui et l'ont fait nommer triregnof Cela est-il antérieur ou postérieur au pontificat de Boniface VIII ou de Clément V? Question qui n'importe point à mon ouvrage actuel, où j'ai bien d'autres difficultés à éclaircir; sans trop entrer dans les discussions de curiosité pure, ou sujettes à débat-. Il y a des travaux qui peuvent renseigner à ce sujet.

Ajoutons que la tiare est souvent employée par les artistes pour désigner le Père éternel ou même la personnification de l'Église, parce que c'est l'indice de la plus haute dignité qui soit au monde.

Les évoques de Bénévent, comme suffragants privilégiés du souverain pontife, ont eu la prétention de porter la tiare; mais je ne saurais dire si aucun monument sérieux peut être cité à l'appui de ce droit qu'ils voulaient s'arroger.

Le mo\en âge donne quelquefois la tiare au prince des prêtres juifs; mais la plupart du temps il se contente de la mitre, comme expression du mot latin ponlifex. En conséquence, Aaron se rencontre plus d'une fois avec l'un ou l'autre insigne, mais beaucoup plus souvent avec la simple mitre épiscopale.

La croix à trois branches, que l'on appelle papale,

1. Cf. Garrucci Vetri omati ditlgure in oro, tav. III, n"8, !», 11. Je me suis servi d'un calque exécuii; sous la direction du P. Artli. Martin, avant la nouvelle édition romaine.

a. Cependant, pour ne pas omettre entii^oment un fait qui a son importance, renvoyons 4 l'opuscule du cardinal Garampi qui a (tour titre IHutlraiùme di un aniico ligillo ilella (larfagnana , p. 80-OK. Cf. G. B. De Rossi, Bulletlino. IWW, p. 3.

3. J'en ai dit quelque chosi- ailleurs ( .Wrianges d'Archéologie, etc., t. I, pi. xxxii et p. tî«), «V.).

4. Une hymne {Os, lingua, meni, tentus, rigor) en «on honneur, dan» un manuscrit de la bibliothèque d'Amiens (n« 13Î), dit do lui :

mais que le pape ne porte jamais, est une invention des artistes. De ce que les patriarches d'Orient tiennent souvent en main une croix à deux branches ou même à trois, laquelle est tout simplement un usage grec pour indiquer inscription (I. N. R. J.), les bras proprement dits et l'escabeau qui supportait les pieds de Notre-Seigneur', l'on a conclu qu'il fallait aux souverains pontifes quelque chose d'au moins aussi distingué. Cela était fort gratuit, mais prenons-le comme à peu près admis dans un grand nombre d'estampes.

La chape, et surtout la chasuble avec le pallium.sont des ornements beaucoup plus authentiques de la digsité papale, comme couronnement de la hiérarchie chrétienne. Mais encore une fois, nous n'avons pas en vue de discuter ici les questions précisément liturgiques ou de haute antiquité. Sous peine d'être interminable, notre livre doit supposer connu ce qui appartient à des sujets où l'hagiographie n'est pas immédiatement en cause.

Après ces préliminaires quelconques, il peut être utile d'introduire sous le titre actuel divers saints qui sont représentés devant un pape, ou qui ont un certain droit à quelque insigne de la papauté. Mais encore faut-il y mettre de la modération, sous peine d'avoir à rédiger une liste tellement considérable que l'utilité de cette caractéristique s'évanouirait dans la quantité même de ceux qu'elle serait censée faire reconnaître. Aussi avonsnous déjà préludé au présent article sous le titre Papauté, auquel le lecteur se référera, s'il veut.

Saint Pierre Célestin (Cf. Colombe, p. 2/iO; Démon, etc.). A cause de sa renonciation à la papauté, on le voit souvent en costume de célestin, ayant à ses pieds la tiare, sur un bras la chape, et les clefs dans la main gauche*. Ailleurs, surtout dans les vieilles estampes, le saint tient la tiare par le sommet, comme s'il voulait la poser à terre (la déposer).

Saint Pamphile, évêque de Corfinium (dans l'Abruzze); 28 avril, vu' siècle. Mandé à Rome par le pape Sergius près duquel des calomniateurs l'avaient desservi, les miracles le justifièrent mieux que n'aurait pu faire une plaidoirie contradictoire, et il fut congédié respectueusement pour reprendre possession de son siège '.

Saint Richard, évêque d'Andria; 9 juin, v« siècle. Venu d'Angleterre à Rome et déjà prêtre, il fut accueilli par le pape saint Gélase qui lui confia le siège d'Andria dans la Fouille.

I Ba propter monachatus Capa vilis

Stt)i stratus Facta pilis,

Fuit grattts Non subtiiis

In quo iliu viierat, Porpureui habitua

Plusquam iligiiitas papatus ;

Quf ni paratut, Rudes cibi

Non arctatus. Cette sibi

Sponte resÎKnavcrat. Placuerunt penitu^. i

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