PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
Voici un complément quelconque du souvenir conservé par le peuple pour les grandes âmes qu'ennoblit l'Église. Le décousu (si ce n'est même le désaccord) des deux tables de patronages (p. 605-773) sera quelque peu compensé par l'ensemble de ce répertoire général où tout doit se fondre dans la nomenclature des saints. Quant à la série alphabétique des attributs, ou caractéristiques, c'était la marche du livre lui-même, il ne pouvait être question de la reprendre ici pour un double emploi dépourvu de tout motif justifiable.
On y rencontrera les noms de plusieurs saints qui n'ont pas trouvé place dans ce volume parce que nul monument ne m'avait rais sur la trace d'une caractéristique qui leur fût assez généralement attribuée dans l'art populaire. Mais, outre que je n'ai pas eu la prétention de faire un livre absolument complet, il semblait utile de mettre à profit l'occasion présente pour étendre même aux serviteurs de Dieu omis dans nia revue, la liste des synonymies les plus répandues en France. Les noms populaires ont été si souvent modifiés d'une façon étrange par nos divers dialectes, que plus d'un lecteur nous saura gré d'avoir débrouillé pour lui cette confusion quotidienne où se heurtent fréquemment les données hagiographiques. Une synonymie semblable «•st devenue surtout nécessaire depuis que les habitudes chrétiennes ont singulièrement diminué parmi nous. J'inscrirai donc bien des variantes d'un même nom, sans prétendre m'engager à tout dire ; et maint chercheur s'en pourra trouver bien, si je ne me trompe. Ceux-là même qui ne tiennent pas à se renseigner sur les attributs ordinaires d'im saint ou sur les circonstances
les plus célèbres de son histoire, auront ainsi quflquu parti à tirer de ce registre (comme dit l'Allemagne).
Dansées polyonymics (où nous ne sortons guère de la France et de ses livres ecclésiastiques) nous mentionnerons à peine les finales latines transformées en finales de notre idiome. C'est qu'il n'y a pas grand embarras à reconnaître Abonde dans Abundius, et réciproquement; de même Sébastien pour Sebaslianus, ou encore Guillaume pour Guillelmus, Gulielmus, WiUhelm, etc. Car outre les désinences, certaines permutations quasi constantes d'une langue à l'autre sont passablement connues de tous les gens instruits, et je ne prétendais point écrire pour les écoles primaires. Mais s'il est beaucoup de dérivations qui sautent aux yeux, bon nombre d'autres paraissent fort éloignées du point de départ. C'est là surtout ce que nous prétendions éclaircir dans la synonymie qui se mêle à notre résumé alphabétique de l'ouvrage actuel'.
Je ne dois pas déguiser que maintes indications seront ici empruntées au vieux martjrologe du chanoine Chastelain: mais je ne me suis pas plus astreint à reproduire tout ce qu'il avait enregistré, que je ne m'imposais de rester dans le cercle tracé par lui. Divers détails donnés par cet habile homme pouvaient être considérés connni" surabondants, pour la simple indication que je me proposais ; et un certain dépouillement d'hagiographes variés permettait d'aller plus loin, si i)eu (|ue ce fût. Du reste, le champ demeure ouvert à qui rêvera un travail parfaitement complet , surtout .s'il s'agi.ssait de l'étendre à d'autres idiomes que le nôtre. (;e serait iiicontestablemcnl une œuvre curieuse; mais pareil sujet cadrait si
1. L'imprimerie administrative de Paul Dupont a publié en 1858 un livret in-IO intitulé : État civil, prénoms pouvant (Ire inscrits sur Itt registres... ilestinés à constater les naissances. Si un homme
du métier (dliuîiionraplic ) cilt l'oiisarrr sciilcnuMit quinze jours A prrpariT cette riini|iression d'un travail du XMii"' sièrle, ce pouvait de\enir uu pelit nianuri très-nlilc mius plusieurs rapport».
IIIO
iiiîPi'RTOiRE (;i';ni':ral des saints.
|)L'ii avec iiu's iiioclcsk's pnUciilions, ([iic je n'ai pas iiiêine pris toujours le soin de dôpoiiillcr ce qu'il y avait (If synonymie utile dans les pages ])récédentes. Plus d'un saint désigné (.-à et là y figure avec des renscignenienls que j(^ ne répiJIe pas ici; et ])our cette liste môme (|ne j'ai l'aii' de i)r(')ner, je ne m'engage pas à tenir com|)le exact de tous les renvois absolument désirables s'il fallait répondre à n'importe quelle question sous cha- . cune de ses faces.
Encore ime fois donc, il ne s'agit pas de résoudre ici tous les doutes possibles, môme dans l'étroite enceinte où je me cantonne. Qui voudrait lire les vieux livres français et compulser nos manuscrits du moyen âge (car il ne s'agit pas des nations étrangères, où l'on serait un peu plus dépaysé), se heurterait à bien d'autres pierres d'achoppement pour mettre d'accord diverses dénominations avec celles qui ont pris le dessus dans la suite'.
Dans l'état où je veux laisser ma synonymie, on y trouvera encore souvent la clef de prénoms qui ont élé convertis en noms de famille, et qui jetteraient ainsi du jour sur plus d'une origine oubliée; sans compter divers noms cie lieux dont la trace primitive paraît introuvable aux hommes peu versés dans la lec- ,ture des vies de saints. Ce ne doit pas être fait pour nuire aux études hagiographiques, trop négligées par des esprits qui ne savent pas assez tout ce qu'on y peut puiser de connaissances importantes. Pour moi, je ne regrette que de les avoir trop peu creusées.
Ne laissons pas croire que ma liste puisse être prise comme guide absolument sûr pour étudier philologiquement les liansformations de mots transmis d'un idiome à l'auire dans nos temps modernes. Cela se peut rencontrer souvent, mais non pas toujours; et la pire source des confusions est l'intervention étourdie (j'allais dire iijnarc) des gens lettrés, sur un terrain où ils n'avaient qu'à s'effacer pour tenir la plume sans autre rôle. Kn consultant bien des registres civils ou autres, on aperçoit promptenient que l'orthographe primitive se dénature maintes fois lorsqu'iuie famille se déplace. L'officier public, ignorant, méprisant même la langue (mais surtout le dialecte) d'un pays étranger, transforme à sa guise, et du haut de sa grandeur (d'adjoint ou d(> secrétaire à la mairie), les noms qu'il tient pour barbares. Aussi sommes-nous infectés de dénominations où le fond est d'un pays, et la forme d'un autre,
quand il ne résulte pas de ces modifications quelque chose d'impénétrable. On l'a fait surabondamment pour la géographie de la France, même dans les cartes et listes ofTicielles, faute do consulter les traditions et les coutumes dialectiques de chaque région particulière. Les noms de saints n'ont pas eu beaucoup plus de bonheur. 11 faut donc s'attendre d'avance à y trouver du mécompte sous ce rapport.
Ces préliminaires tme fois indiqués, je puis bien commencer sans m'attarder davantage. « A bon entendeur, demi-mot. » 11 ne faudrait pourtant pas laisser prendre le change à des esprits neufs qui espéreraient trouver ici tous les noms de saints connus dans l'Église. Une telle nomenclature, même sans discussion aucune, serait matière suffisante à volume fort bien garni ; et l'on n'en possède encore que des fragments épars, malgré les grandes publications des Bollandistes^
Aaron, le grand prêtre : Baguette 107, Encensoir 346,
Mitre 560.
Abbacum, Habacuc, Abacun (martyr), Abachum ; chez les Slaves, Avvacoura. Cf. Habacuc, et Marins martyr persan. Abbacyr pour Cyr (d'Alexandrie), Appassare. Abbain, Abban, Abbanns.
AliDAVES DIVERSES: Armoiries 83. Cf. Ordres religieux. ABBliS : Crosse, 294 et svv.. Livre 523 et sv. Abdias prophète : Cruche 301, Pain 596. Abdiesus, Hebedjesus.
Les SS. Abdon et Sennen mm. : Croupe 457, Lion 513, Mitre
phrygienne 561 et sv.; P. 605, 638.
Abeile, Abeil, Abeyle, Abylixis.
Abel : Agneau 21, Assassinat 88.
S'' Abondance : Crucifix 293, Image de N. D. 489.
li — DE CôME : Cerf 184, Cadavre 154; P. 605, 645. '/ — d'Espagne (?). Cf. Juste.
LE PATRIARCHE : Agneau [Bélier) 21 et 729, Arbre 64 et 729, Ange 729, Bélier 130 et 729, Couteau 273 et sv.. Plateau ou Corne 346, Enfant 354 et 729, Groupe 453, Jugement dernier 493, Linge 505, liepas 729, Tritiité 778 et 729.
LE SOLITAIRE (de Chidanc) : Ermite 379, Croupe 460.
S' Abre, Apra, Abra (de Poitou) : Groupe 455. S"- ABspour Ebbe (de Coldingham). Cf. Ebba. Absalom m. : p. 605, 645.
— d'Amida, évèque : Calice 173.
— DE Mélitène (Cf. Achate) m. : Ange 39, Auxi- ACACE ( liaires 102-104, Croix 288 et 163, Couronne
d'épines 271, Crucifié 288, Épines 373, Groupe
Abonde
Abraham
1. M. J. Quicliorat, dans un opuscule tout récent (De la formation française des anciens noms de lieu, p. 05-70), a bien compris que les noms des saints avaient grande importance pour une foule de reclicrclies. Je n'ai pas voulu lui dérober toutes ses indir.itions; d'autant que Cliastelain en avait déjà rassemblé une grande partie.
'1. Afin d'éviter maintes formules qui se répéteraient sans cesse, nue seule ressource typographique peut parer à divers malentendus. Le caractère italique indiquera une forme latine dans la synonymie; et suivi de cUifTres, il désignera des caractéristiques (de
groupes et non plus de personnages isolés) qui auront reçu leur explication à la page marquée par le numéro de renvoi.
Quant aux noms propres, pour prévenir des complications typographiques, je ne les ferai précéder par une ou deux S qu'à l'occasion des saintes ou des groupes de plusieurs personnages. Les patronages ayant eu déjà leur énumération, il semble sufBre de les indiquer (après toute caractéristique) par un P suivi du chiffre do renvoi pour la page, où l'on se renseignera sans trop de peine.
Pour les abréviations év., pr., m., v. (signifiant évêque, prêtre, martyr, vierge), j'avais à peine besoin de les expliquer.
RÉPERTOIRE GÉNÉRAL DES SAINTS
Èpée