‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 91 sur 589 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

i. Montaicmbert, Moines d'Occident, t. II, p. 530.

La lampe était si bien devenue le symbole ordinaire do la virginité, pour le moyen âge chrétien, que nous voyons au x'' siècle le père de sainte Ségnorine parler à ce sujet comme pourrait le faire un liturgiste. Lorsqu'il apprend que la jeune fille ne veut appartenir qu'à Dieu, il dit, la prenant entre ses bras et la bénissant : « O Domine Jesu... emitte gra'iam tuam super hanc pucllam... ut una cum céleris virginibus, in cœlesti beatitudino... cuin sua proîclara lampade tibi obviam procedere mercatur. » Cf. Monum. Portug. Hist., Scriptore», t. I. p. 47.

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LAMPE

Surius raconte, d'après les historiens eccl(!siastiques, le miracle qu'il opéra le samedi saint pour la solennité pascale, oii l'huile manquait'. Or nous voyons que dès les temps anciens, l'éclairage des églises (cathédrales surtout) exigeait une certaine magnificence*. Je donne la

représentation de ce prodige, d'après un croquis de M. Villevieille, communiqué par M. L.-J. Guénebault.

Saint Julien, évoque de Cuenc*; 28 janvier, 1208. A sa mort, la Mère de Dieu lui apparaît tenant une lampe allumée; en signe de la chasteté qu'il avait conservée

Saint Narcisse de Jérusalem.

sans tache. Selon d'autres, c'était une palme que lui présentait la très-sainte Vierge'; d'où Ton pourrait conclure, peut-être, que la palme et la lampe passaient alors pour deux expressions de la virginité qui se remplaçaient ou se complétaient l'une l'autre indifféremment.

Saint Anthelme chartreux, évèque de Uelley (ou de Die?) ; 26 juin, 1178. Près de lui une lampe est allumée par le doigt d'une main céleste. Cf. p. /t97.

On raconte que penàant ses funérailles, trois lampes qui ne s'allumaient d'ordinaire que pour la nuit , s'éclairèrent tout à coup; et les autres se mirent à répandre en même Icmiis un éclat extraordinaire. Le comte de Belley, qui avait eu de grandes discussions avec l'homme de Dieu, fut si frappé de ce signe qu'il s'enfuit immédiatement de la cérémonie*.

Je ne saurais dire si c'est de là que vient la dcxlre

i. Surius, 29 octobr.

2. Cf. G. SaccareUi, Hist.iria e^clesiaslica, t. II, p. G.VOO. — Mélanges d'Archéologie, t. Ill, p. I-IO.

hmissant, sur plusieurs méreaux émis par l'église de Belley (car ici c'est une sénestre). Quant au geste que fait saint Anthelme , d'après une gravure célèbre exécutée pour les Chartreux, il rappelle les efforts que fit l'homme de Dieu pour éviter la dignité épiscopale.

Saint Albert carme (Cf. Apparition de l'eiifant Jésus, p. 57; etc.). Je le trouve représenté parfois avec une lampe en main, ou placée près de lui. Serait-ce une manière d'exprimer la chasteté dont il fit profession? ou bien une indication de la gloire dont Dieu l'entoura malgré le soin que prenait le -saint homme pour vivre ignoré ? Je ne vois du moins dans sa vie aucun autre fait qui m'explique bien cet attribut.

Saint Nil moine basilien, abbé de Grotta-Ferrata près de Frascati ; 26 septembre, 1005. Il avait changé de résidence plusieurs fois; et pour qu'on ne lui attribuât pas

3. AA. SS. Januar,, t. II, p. 895. Cf. Sainte Hiltrude p. 495.

4. Surius, 26jun.— AA. SS. Jun., t. V, p. 236, sq. — B. Tromby, Storia... det... ord'me Cartusiano, t. IV, p. 216, sg.

LANGE

les nombreux miracles qu'il opérait, il y employait volontiers l'huile de la lampe qui brillait devant l'autel*.

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.Saint Anthelme. Cf. p. 496.

LANCE

Comme la chevalerie du moyen âge avait pour armeordinaire la lance, avec ou sans banderole, les artistes

de ce temps ont volontiers caractérisé ainsi les saints qui passaient pour avoir occupé un grade supérieur dans la profession militaire. J'ai dit, sous les mots Armes, Armure et Cheval, que le titre de guerrier avait été donné assez largement à plus d'un martyr qui pouvait fort bien n'avoir pas figuré dans les cadres des légions. Nos pères aussi, qui prisaient très-haut la noblesse, se sont rarement fait faute de l'attribuer à des patrons. De là vient que beaucoup de soldats romains, sans compter ceux que l'on qualifiait gratuitement ainsi, ont été censés tribuns militaires. L'on peut s'attendre que bien des saints nommés aux articles en question, se trouveront devenus chevaliers sous la main des peintres ou des sculpteurs, et par conséquent porteront la lance. Ceci soit dit pour éviter des répétitions, ou suppléer même à quelque omission involontaire.

Saint Michel, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer au mot Ange (p. 3/(), fut très-longtemps peint avec la lance dans sa lutte contre le démon. La forme habituelle du diable dans ces représentations est celle d'un dragon plus ou moins hideux, et l'arme de l'archange lui perce ordinairement la mâchoire inférieure. L'épée ne lui fut donnée que plus tard, et le symbolisme ancien disparaît bientôt avec ce nouveau programme. Ce n'est pourtant pas Raphaël qui introduisit cette nouveauté. M. Forgeais a publié* bien des médailles ou enseignes populaires, qui montrent que l'usage s'en était déjà répandu plus d'un siècle avant le grand artiste. Cf. supra, p. 363, sv.

Saint Matthieu et saint Barnabe, ainsi qu'on l'a pu voir au mot Hache et sous le titre Apôtres, portent souvent une lance ou une hallebarde comme instruments de leur martyre.

Saint Thomas apôtre (21 décembre) est fréquemment représenté avec la lance dont il fut percé par les Indiens idolâtres. C'est peut-être l'occasion de rappeler les chicanes faites par plusieurs protestants sur la ville de Calamina où le Martyrologe veut qu'il soit mort. J'ai déjà fait voir ailleurs que le nom de cette ville pouvait très-bien appartenir à l'Inde proprement dite'. Depuis lors on peut dire que l'histoire de saint Thomas a fait un pas de plus, puisque les médailles indiennes rapportées en Europe et les recherches de M. Reinaud*, nous ont fait connaître le nom du prince indo-scythe que mentionnait la légende de saint Thomas. Ce nom de Gondaphorus avait été traité d'invention pure par bien des critiques; et nous retrouvons dans les médailles un Gondopharès (ou Undaferr) , qui régnait précisément dans cette contrée à la môme époque. Il faudrait être bien exigeant pour demander une copie plus conforme. Les historiens

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