‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 90 sur 589 · AA. SS. Ibid., p. 789, sq · texte numérisé non relu

AA. SS. Ibid., p. 789, sq

4. Cf. Macarii Hagioglypta, p. 58, 239. — Bosio, Roma solterranea, p. 461.

LAMPE

prétation que la sienne. Il semble que la torche portée bien haut avait de quoi frapper les yeux davantage ; et que le vase .d'huile venait en aide pour préciser l'allusion au langage évangélique'.

Cela dit, on nous comprendra mieux quand nous indiquerons diverses représentations qui ont, sans aucun doute, leurs racines dans le même enseignement. Pour me rendre plus sensible, commençons par les vierges;

lesquelles, du reste, sont à peu près les seules qui paraissent souvent dans l'art avec cette caractéristique un peu constante.

Sainte Hiltrude, vierge et recluse-, 27 septembre, v. 789. Elle était d'un haut rang, et possédait de grands biens dans le Hainaut ; où elle passe pour avoir contribué à la fondation de l'abbaye de Liessies, dont le premier abbé fut son frère Guntard. Je la trouve représentée souvent avec une lampe allumée dans sa main; on y joint même une palme, bien qu'elle soit morte de sa belle mort dans le petit ermitage où elle s'était confinée volontairement. Cette lampe était aussi l'attribut qu'on lui avait donné à Liessies sur sa châsse*. On pourrait imaginer que ce fût une allusion à l'oraison de sa fête : « Cujus castitatis radiis illustramur'. » Mais je crois que c'est tout simplement la lampe des vierges. On y peut voir assurément l'amour pour Dieu; cependant la parabole de .l'Évangile montre bien qu'il s'agit surtout de là vigilance continuelle qui doit écarter les occasions fâcheuses de chaque jour.

Dans un manuscrit d'Ânchin {x\V siècle), aujour-

t. Je n'oserais pas insinuer que les chandeliers à pompe (en étain, ou en fer-blanc) existassent dès lors. Mais pourtant que de choses nous inventons, qui ne sont que renouvelées !

Du reste, sans vouloir examiner de trop près les divers artifices employés pour l'éclairage dans l'antiquité, il y aurait peut-être moyen d'expliquer le (lambeau quelconque de nos vierges sages par ce texte de saint Avit, que je livre aux commentateurs. Poem. VI, De lau(U Virginitalis, v. iil-bO'i:

« Aptavere suas, qaeeaito lumine, Qammas.

Tune sed quinqun, quibus cordi sollertia major;

Quamvis feittinant, oleum tamen addern sunitis

SolHcitudu fuit vafiJK, pinguique liquoro

Igriibus armatis sfiualentflm rumpere Doctom.

At qam neglectum liquit pan altéra succum,

Humeas Oammigeras noquidquam sustulit fuistax,

Bmicat exigutu commuti tuminis ignis:

d'hui à la bibliothèque de Douai, les saintes Glossinde, EusÉBiE et Adalsinde portent également une palme et une lampe*. Il semble donc que dans la France wallone ce fût un attribut ordinaire des vierges vers cette époque; la lampe indiquant des précautions assidues, et la réussite dernière étant annoncée par la palme. Ajoutons pourtant que depuis lors, et généralement dans la chrétienté, la palme a été réservée pour désigner le martyre, et l'on a pu voir qu'à Lecce la lampe des saintes Irène et Vénère n'entraînait pas l'emploi de la palme.

J'ai déjà montré précédemment que le flambeau ou le cierge et la lanterne (Cf. Chandelier) semblent avoir eu plusieurs fois la fonction symbolique que remplit la lampe dans les cas cités tout à l'heure. S'il est donc certains faits que je n'aie pas mentionnés, celui qui les rencontrera se trouve suffisamment averti pour les interpréter dans ce sens quand il y aura lieu.

Après ces données épisodiques, reprenons la marche accoutumée de nos énumérations ; en revenant aux saints, à commencer par les évoques.

Saint Nadcisse, évêque de Jérusalem (Cf. Cruche, p. 301).

Sed virtute carens, languentem lampada fervor Deserit; et siccam percurrit flamma papyrum. Etr. »

Cf. Mélanges d'Archéologie, etc., t. III, p. 13, sv.

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