LANGUE
Saint Liévin (ou Livin) , apôtre de l'Artois et de la Flandre {Cf. Fontaine, p. 422; etc.), et saint Léger, évêque d'Autun ' ont eu la langue arrachée ; mais dans un tableau de petite dimension il est souvent diflicile de reconnaître cette langue entre les mains du bourreau. Du reste, elle est quelquefois saisie par une tenaille qui peut faire mieux comprendre ce dont il s'agit.
Saint Romain deCé§arée, diacre et martyr; 18 novembre, V. 280. On lui coupe la langue pour l'empêcher de braver ouvertement l'empereur*.
Les martyrs de Tipasa (Tifech) en Afrique, sous la persécution arienne (en 484), auxquels Hunéric fit arracher la langue, ne me sont jamais tombés sous la main avec la représentation de leur supplice, auquel on ajouta la barbarie de leur couper à tous la main droite. Ils n'en méritent pas moins une mention, à cause du miracle public qui leur conserva l'usage de la parole'.
Saint Antoine de Padoue (Cf. Ane, p. 32; etc.). On représente quelquefois sa langue rayonnante entre les mains de saint Bonaventure*. Trente-deux ans après la mort d'Antoine, quand on fit l'ouverture de son tombeau, sa langue fut trouvée saine et entièrement fraîche. Saint Bonaventure qui assistait à la reconnaissance de ces reliques, s'écria, attendri de ce prodige : « 0 langue bénie, qui avez toujours béni Dieu et l'avez fait bénir par les autres, on voit bien aujourd'hui quel a été votre mérite
auprès du Seigneur. » Ce fut lui qui dès lors fit conserver cette langue séparée de la tête, et elle s'est maintenue sans corruption.
Saint Jean Népomucène, chanoine de Prague et martyr (Cf. Étoile, p. 390; Eau, etc). On le peint assez souvent tenant sa langue dans la main, pour rappeler qu'il a été le martyr du silence (c'est-à-dire du secret de la confession). D'autres fois cette langue est représentée dans une auréole près du saint. Outre le sujet de son martyre, cet attribut indique que sa langue échappa à la corruption du tombeau.