‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 98 sur 589 · LANTERNE · texte numérisé non relu

LANTERNE

On pourra trouver le prophète Sophonie portant une lanterne, en manière d'homme qui cherche à faire pénétrer la lumière dans des recoins obscurs. C'est le souvenir d'un texte de sa prophétie {Sophon. i, 12), où il annonce que Dieu y regardera de près. Mais ce sont là des particularités assez peu répandues dans l'art populaire, et qui ne s'expliquent bien dans telle ou telle cathédrale que par l'ensemble de certaines séries (évêques du lieu, apôtres, prophètes, etc.), où la clarté passable de quelques termes peut mettre sur la voie de tout le reste.

Nous avons déjà parlé de falots sous le titre Chandelier, rappelons cependant que la lanterne a sa place dans la légende de saint Christophe portant l'enfant Jésus (Cf. Géant, p. 446; etc.). L'ermite qui lui avait conseillé, dit-on , de se faire passeur pour ceux qui auraient à traverser le torrent, se voit d'ordinaire l'éclairant avec sa lanterne pendant que Christophe remplit son office charitable de nuit. Je ne sais s'il faut attribuer l'intervention fréquente de ce personnage, à la vieille gravure qui a longtemps passé pour être le plus ancien monument xylographique, mais cela s'est maintenu durant plusieurs siècles. Le petit plomb publié par M. Forgeais (supra, p. 349) doit être antérieur à la xylographie.

Sainte Gudule (Cf. Chandelier, p. 197, sv.). On a pu voir aux mots Lampe et Chandelier, des données que nous n'avons pas à répéter ici, puisque chacun aura trouvé de quoi les entendre quand la légende reproduit (souvent d'après des peintures exécutées dans un âge beaucoup plus symbolique que le nôtre) ces caractéristiques aujourd'hui tombées à l'état d'énigmes pour une civilisation fort différente. Qui aura étudié le haut moyen âge, verra sans peine que les populations modernes

1. Une hymne, entre autres, publiée par M. Monc (t. IIJ, p. 394), donne les détails suivants :

• Bnitis jam luminibus Ab impii)! hominibus, Linguam prœcisjim doluit; Nactu.i loquelani floruit!

Spleodcns corona ccelitu»

BjuK caput irradiât,

Bipavent corda comitum Tacta stupore nimium.

Sed amputato capite, Corpus ercctum constltlt ; Unius horsB spatio Rigorc mansil vivido, t

Cf. Ibid., p. '.m, sq.

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