‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 100 sur 1339 · Aid , p · texte numérisé non relu

Aid , p

ARMES, ARMURE

à aucune guerre. Il mourut âgé de vingt ans, pendant qu'il se rendait à Rome de la part de Frédéric 111 (ou IV) pour former une ligue des princes chrétiens contre les Turcs. Cf. Lys.

Saint Eeplam (ou Yfllam). Cf. Dragon.

Martyrs.

Saint Longin (Longis) de Césarée enCappadoce, martyr; 1 mars, i" siècle. Il passe pour avoir été le soldat qui perça le côté de Notre-Seigneur sur le Calvaire; on ajoute même que, chargé de la garde du saint sépulcre, il fut témoin de la résurrection de Notre-Seigneur et refusa de raconter que son corps eût été soustrait. Par suite de cela il aurait été décapité en haine de la foi qu'il annonçait ouvertement. Mais sa légende a été racontée de bien des façons. Un passage de saint Grégoire de Nysse * donnerait à croire qu'il avait survécu à la prédication de l'Évangile par les apôtres, et était devenu évêque de Césarée; mais ce fait inconnu à la plupart des auteurs ecclésiastiques, et même à l'Église grecque dans l'Office du saint martyr *, semble fort problématique. Généralement on s'est contenté de regarder saint Longin comme le centurion qui, sur le Calvaire, confessa la divinité de Jésus-Christ en voyant les merveilles dont cette mort était accompagnée3. Cela aura conduit à la touchante invention qui a trouvé faveur pendant le moyen âge. Le centurion aurait eu les yeux malades, et lorsqu'il perça le flanc du Sauveur, le sang qui jaillit sur son visage lui rendit la vue immédiatement. Manière naïve de dire que la foi ouvrit les yeux de son âme au pied de la croix *. Aussi plusieurs peintres anciens lui font-ils porter la main gauche à ses yeux, pendant que de la droite il dirige sa pique Vers le corps du Crucifié. Dans le petit bas-relief en ivoire que nous publions ici (p. 75), on s'est contenté de donner au saint une posture si respectueuse que la foi semble déjà née dans son cœur. A cause de ce ministère si honorable, et dç la qualité de chevalier romain dont on le gratifiait, saint Longin était en grand honneur parmi les hommes d'armes d'autrefois. Il est mentionné par un trouvère du xiii" siècle au sujet de la dévotion du vendredi " :

« Et pour vérité le vous di

Qu'il (Je chevalier) doit juner au vendredi,

Pour chèle sainte ramembranche

Que Jhésus Cris fu de la lanche

Férus pour no rédemption,

Et que à Longis fit pardon. »

Nous retrouverons encore saint Longin aux articles Lance et Monslrance.

Saint Vital de Ravenne, martyr avec sa femme sainte Valérie; 28 avril, v. 66 (ou 90). On le donne pour chevalier romain, ce qui explique la cuirasse dont il est souvent revêtu ; et il passe en outre pour avoir été le père des saints Gervais et Protais. Cf. Fosse, Pierres.

Saint Eustache, général dans les armées romaines et martyr. Cf. Bœuf, Cerf, etc.

Saint Maurice ; 22 septembre, v. 302. Il commandait la légion Thébaine; et à ce titre on l'a représenté volontiers à cheval, armé de toutes pièces, comme dans la crosse cijointe qui provient de l'abbaye de Saint-Maurice en Valais, et que l'on y regarde comme un cadeau d'Amédée VIII (l'antipape Félix V, de Ripaille).

Cependant on le trouve quelquefois à pied ; et alors il porte sur sa cotte d'armes une croix (celle de Savoie ou de Suisse), qui se répète sur l'écu. Le fragment de sceau, que je vais donner en preuve (p. 77), a été publié par la Société de Sphragistiquc ° , et provient du chapitre de la cathédrale de Tours, à ce qu'il semble.

Malgré des chicanes protestantes, le martyre delà légion Thébaine a été bien établi, et solidement revendique* pour le Valais par le beau travail de l'abbé de Rivaz au xvnr siècle. On sait

1. Ap. Zacagni, Collectanea, p. 301. Cf. Gallandi llibliothec. VI' , t. VI, p. 619.

Page 1