‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 103 sur 1339 · Legendaaur · texte numérisé non relu

Legendaaur

ARMES, ARMURE

tiennent pour avoir été général d'armée, ou du moins officier supérieur , quoiqu'ils le représentent habituellement sans barbe comme s'il fût mort jeune '. On peut vérifier le fait plus souvent que pour bien d'autres, ce saint étant particulièrement honoré dans l'Église grecque, qui le met au nombre des plus illustres martyrs (urj*xr-|MïpTupis).

Saist Théodore le chef d'armée; 7 février, 319. Cf. Draijon. Il a très-souvent été confondu (et cela se voit encore à plus forte raison dans notre siècle * où l'histoire ecclésiastique se prend d'assaut) avec celui dont nous aurons a parler tout à l'heure. Mais un général et une recrue sont deux. Le général («rpomiXslr»);), ou chef de légion peut-être, est saint Théodore d'Hêraclée. Je ne veux point dire que les Grecs eux-mêmes ne s'y soient pas laissé prendre à cause de la compétition entre les villes qui prétendaient chacune honorer le saint le plus illustre entre ceux du même nom ; bien moins encore afiirmerai-je que le moyen âge latin n'ait jamais rien brouillé à ce sujet lorsque , à la suite des croisades, on nous a rapporté d'Orient diverses reliques que chaque possesseur portait bien haut. Ainsi Venise, Ferrare, le Montferrat, etc., honorèrent un saint Théodore à partir de la prise de Constantinople par les Latins ; et naturellement il n'était pas un de ces pays qui consentît à céder aux autres le plus fameux des deux saints militaires honorés par l'Orient.

Quoi qu'il en soit, les Grecs représentaient volontiers le général (celui d'Hêraclée) monté sur un coursier généreux, bien que leurs petits bas-reliefs et les groupes de saints où celui-ci paraît souvent parmi les patrons insignes, ne laissent pas toujours assez de place pour développer tous les attributs d'un grade élevé ou d'une distinction spéciale. Du reste, la Grèce lui donne ordinairement une barbe touffue pour montrer qu'il était d'âge mûr.

Saint Théodore Tiro (c'est-à-dire, comme nous parlerions actuellement, le conscrit '); 17 février, v. 304. Celui-ci est saint Théodore d'Amasèe, dont le culte s'est répandu en Occident, surtout à la suite des croisades. Aussi la cathédrale de Chartres lui a-t-elle consacré un vitrail. Dans son zèle déjeune homme, le saint avait imaginé servir Dieu en mettant le feu à un temple d'idoles; c'était sous Dioclétien et Maximien, aussi fut-il condamné à être brûlé vif \ Cf. Torche, Bâcher.

Saint Mercure; 25 novembre, sous Dèce. Il souffrit le martyre à Césarée de Cappadoce , et occupait dans les troupes un grade assez élevé. Mais les Grecs le repré-

sentent tantôt barbu, tantôt imberbe; il semble être mort à l'âge de trente-cinq ans environ *.

Saint Théodore Tiro.

Saint Artème; 20 octobre, 362. Celui-ci se représente avec une barbe épaisse et même blanche, car il était d'un

i . Était-ce par souvenir des siècles d'Alexandre le Grand et de Trajan où les militaires ne portaient communément pas la barbe?

2. Si l'autorité de Tillemont, par exemple, nous semble ça et là n'être pas irréfragable, ceux qui abordent aujourd'hui l'histoire de l'Église en manière de distraction voudront bien nous pardonner quand nous ne prenons pas leur dire pour le dernier mot. Je ne m'excepte pas plus qu'un autre de cette suspicion, quoique j'espère valoir bien un certain nombre de ceux qui se mêlent de questions ecclésiastiques. Disons avec le P. Feller, pour l'acquit de notre conscience et pour calmer les contemporains trop susceptibles : « 1*

nombre des écrivains, moi compris, est beaucoup trop grand. »

3. Selon quelques-uns, ce surnom de Tiro appartiendrait à la légion elle-même plutôt qu'à saint Théodore qui, de la sorte, n'aurait pas été un simple conscrit. La légion serait ainsi un corps militaire levé tout d'une pièce en entier, à n'importe quel propos. Les épigraphistes traiteront cela sans moi, s'ils le veulent bien. J'ai assez d'autres embarras sans ce nouveau problème.

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