PIEU
Saint Marc évanukuste (Cf. EtMtngilistex, etc.). Traîné par les pieds (d'autres disent par le cou) à travers les rues d'Alexandrie. Ce fut ainsi qu'il rendit l'âme; et un orage qui éclala sur la ville en ce moment, dispersa les païens, permettant aux fidèles d'emporter le rorps de leur pasteur.
Saint Troimiime, évèque d'Arles; 29 décembre, époque débattue. Les Arlésiens le tiennent pour ce disciple de saint Paul dont il est parlé à trois reprises dans les épltres du grand apôtre; et comme en écrivant à'fimotbée, celui-ci dit (II Tim. iv, 20) : « J'ai laissé à Milet Trophime qui était malade, » il a élé convenu que sainl Trophime s'était trouvé arrêté dans ses courses apostoliques par un accès de goutte1. Aussi l'invoque-l-on contre cette maladie, et plus d'une fois il a élé peint portant la main à l'un de ses pieds, comme pour indiquer sa souffrance.
Sur ce que vaut cette prétention arlésienne, je m'en rapporte à ce qui en est. Prendre parti dans ces questions où le patriotisme se renforce d'opinions théologiques fort échauffées, ce serait me créer gratuitement des ennemis, et rendre interminable mon livre déjà trèssuffisamment enflé. Il peut suffire cette fois de renvoyer à M. Edmond Le Blant (Inscriptions chrétiennes de
1. Dans les Officia propria.... Arelalensis Ecclesiat (Avignon, 1012; in-8"), l'hymne de saint Trophime, aux premières vêpres, dit :
« Mileti doctor gentium Reliquit hune inviiliilum
la Gaule...; préface, page lis, sv.), qui entend néanmoins ne se brouiller avec aucun des prétendants*. Mon opinion n'axant que faire ici, le silence me va beaucoup mieux pour toutes sortes de raisons; quoique M. Le blant fasse trop peu de part aux témoignages généraux dont la valeur est fort grande. Le défaut de particularités précises n'amoindrit pas la gravité des documents incontestables qui s'accordent à montrer notre patrie comme évangélisée de très-bonne heure.
A ceux qui de nos jours s'initient dans l'âge mûr aux éludes ecclésiastiques, et surtout s'ils les abordent dans la solitude du cabinet (sans débats contradictoires bien accentués), il vient aisément en idée qu'ils découvrent une terre inconnue. Erreur naïve qui a son excuse en ce que les bibliographies contemporaines, les revues à grand succès, les travaux mêmes d'académies officielles tiennent bien peu compte de ces sciences, ou n'en parlent mainte fois que comme un aveugle des couleurs. D'où il arrive qu'après avoir consulté certain nombre d'in-quarto du xvir siècle, les gens neufs se croient maîtres d'un terrain où les conquêtes ne sont pas du tout si faciles. Demandez aux continuateurs actuels de Bollandus (qui n'ont pas même la prétention d'être infaillibles), ou tout simplement à des laïques comme M. le chevalier J. B. de l'.ossi, ce qu'il faut de semaines pour établir une question d'histoire ecclésiastique solidement assise! Moi qui en parle et qui m'en mêle un peu, je ne me tiens nullement pour à l'abri de toute insulte (comme disent les militaires). Mais aussi, je n'annonçais pas un travail de haute érudition, mon titre le dit assez. Pourtant, ce livre tel quel n'a point été fait
Qucm commeiKl.-it o.x nomme In suo sancto dogmato. ■ Cf. Annales de philosophie chrétienne, t. XVII (1838), p. 0, sv.; 1 22-121. — Bouucci,... .S. Trofimo... avnocalo dei poilaqrosi. 2. Aussi ne donne-t-i! pas des motifs tout à fait péremptoires.