NOUVEAU TESTAMENT
Saint Joachim, père de la très-sainte Vierge; 9 sept., 20 mars, etc. On le peint souvent présentant un petit agneau à l'autel; et le moyen âge, qui
faire accepter son offrande. Humilié ainsi publiquement, le malheureux se retira dans sa maison de campagne pour éviter les mépris de ceux qui l'avaient vu noter d'infamie au temple. Ce fut alors que Dieu le consola (toujours d'après les évan-
n'est pas très-occupé d'archéologie , retrace cela volontiers comme s'il s'agissait d'une offrande à la messe; ainsi l'on trouvera le prêtre juif offrant la patène à baiser aux gens qui s'approchent de l'autel, et la retirant en arrière comme pour la refuser, lorsque Joachim s'approche. Voici le fait tel que le racontent les légendes1, d'après les évangiles apocryphes : Anne et Joachim avaient été mariés durant vingt années sans avoir d'enfant. Or, chez le peuple juif, la stérilité passait pour un opprobre, parce que les bénédictions temporelles étaient surtout la preuve visible de la faveur divine pour ce peuple qui faisait seul profession dans le monde d'appartenir à Dieu. Cette disgrâce devenait bien plus lourde encore pour ceux qui appartenaient à la descendance de David , parce que le Messie devant sortir de cette race privilégiée, ils étaient évidemment par là mis en dehors de la plus grande faveur que pût espérer un fl)s d'Abraham. Donc, à ce que l'on raconte, Joachim se présentant un jour de fête , fut repoussé par le prêtre qui le déclara maudit de Dieu et indigne de
Abel et Abraham, p. 21.
giles apocryphes) en lui faisant connaître qu'il allait devenir père, et que son enfant vaudrait bien les plus belles familles dont d'autres pourraient penser à s'enorgueillir. Cf. Troiirpeau, Embrasscmcnt, Porte.
Saint Jean-Baptiste. Le moyen âge le représente communément avec une chevelure inculte s, et revêtu d'une peau de bête drapée avec rudesse par une ceinture grossière en cuir; conformément à ce qu'en dit l'Évangile (Marc, i, 6). On lui met dans une main l'Agneau triomphateur, en un disque; et de l'autre main il le montre pour rappeler l'honneur qui lui a été conféré de désigner aux hommes celui qui était l'Agneau de Dieu ». Le plomb dont voici la gravure (p. 23), m'est communiqué par M. Arthur Forgeais, qui l'a publié dans ses Enseignes de pèlerinages (1863 , page 99), deuxième série des Plombs historiés trouves dans la Seine. Ordinairement la représentation est inverse, et c'est la main droite qui montre l'Agneau divin *. On lui fait quelquefois porter l'agneau
1. P. de Nalalib., libr. VIII, cap. u. — Legend. aur., cap. cxxxi.
2. Cela était ai bien reçu pour exprimer la vie solitaire et pénitente du aaint Précurseur, qu'un poète du xn« siècle (ap. Ed. Du Méril, Poésies latines antérieures au xii' siècle, p. 418), aflecto de faire ressortir cette caractéristique de son héros, même dans la cour céleste :
• Tune Joannaa iiutulit Caput hlrto crine
Quem deicrturo pescuit [nexuitT), Quam teierunt (prxerunl T) apina). •
3. Joanu. i, 29-30. La coutume de peindre ainsi saint Jean-Baptiste devait être fort ancienne dans l'Église, puisqu'on semble la rappeler dans le canon grec de 002 qui autorise décidément la représentation humaine de J.-C. sur la croix (Cf. Scxt., rfe Consccr., dist. 3) ; et que le Pscudc-Juvcncus {Triumph. Christi, v. M; ap. Arevalo, p. 458) donne au Procurseur le titre d'Agnifer.
4. Mais il faut se rappeler que les artistes populaires du moyen âge ne paraissent pas avoir toujours bien calculé le résultat de»
AGNEAU
Saint Jean-Baptiste.
sur un livre, comme pour dire qu'il lui a été donné de montrer l'accomplissement des prophéties.
Saint Clément, pape; 23 nov., vers 101. Sa légende dans le Bréviaire romain raconte que durant son exil en Chersonèse, il fit sourdre une fontaine pour désaltérer les chrétiens qui étaient condamnés aux carrières; et d'après les expressions de ses Actes, qui ne passent pas pour trèsauthentiques, il est dit que l'Agneau de Dieu lui apparut, faisant jaillir sous son pied la source qu'avait demandée le saint '. Ce récit ne serait-il pas, peut-être, une manière d'exprimer qu'il répandit la connaissance de Jésus-Christ parmi les païens du voisinage , et leur fit recevoir le baptême? Nous venons de voir (p. 20, sv.) que l'Agneau divin sur une colline d'où quatre courants s'épanchent indique la conversion du monde au christianisme ; et nous aurons occasion de signaler ailleurs plusieurs saints auxquels on attribue le miracle de sources jaillissantes, probablement pour indiquer qu'ils ont introduit le christianisme dans des contrées où l'Évangile était à peu près inconnu. Cf. antre, Chapelle.
Saint Ewald le Nom, prêtre et martyr, 3 oct., v. 690. Les deux frères Ewald, Anglo-Saxons, apôtres de la Westphalie , étaient distingués par les surnoms de Blanc et Noir, à cause de la couleur de leurs chevelures. Us furent tués tous deux le même jour par les païens; mais Ewald le Blanc mourut assommé , et son frère périt sous les coups d'épée. En faisant porter à ce dernier un agneau sur un livre, a-t-on voulu indiquer Ja mansuétude avec laquelle il accepta la mort? Ou bien voulait-on dire qu'il est devenu la victime des mécréants dont il cherchait le salut, comme Jésus-Christ a été immolé par les Juifs qu'il voulait gagner à Dieu5? Rien ne semble déterminer une réponse certaine.
Saint Fiiançois d'Assise (4 oct., 1226), fondateur des
creux qu'on leur donnait à graver sur pierre pour servir de moule à la fonte. La gravure et la lithographie nous ont formé là-dessus des habitudes qui n'étaient pas encore journalières avant le xve siècle.
1. Brev. Rom., ad Laudes : « Orante sancto Clémente apparuit ci AgnusDei... — Vidi supra montem Agnum stantem de sub cujus pede fons vivus émanât, etc. »