Cf. Arth. Forgeais, Plombs historiés.. p
t. II (Pèlerinages),
Saint Bernard Toloméi.
Divers détails nouveaux se retrouveront plus tard sous d'autres titres qui ne réclamaient pas absolumentleurjplace en cet endroit. Cf. Croix, Grenade, etc. Les ordres religieux qui n'auraient pas été mentionnés ici, ou qui ne le seront point plus tard sous d'autres titres , ne sont pas d'importance majeure pour un travail sur les caractéristiques des saints. Or, c'était là mon sujet *.
2. J'ai déjà dit quelques mots (p. 83) sur les blasons de villes épiscopales.
ARMI RK. ARTILLERIE ET ARMES A FEl.
ARMURE. Cf. Armn.
ARTILLERIE ET ARMES A KEli.
Bien que j'aie coutume de mettre les saintes à la suite des autres serviteurs de Dieu, me conformant en cela à la marche que suit l'Église dans les litanies des Saints, le titre inscrit cette fois m'excusera suffisamment pour avoir placé en tête ici la patronne des artilleurs; elle a droit de dominer tout le sujet.
Sainte Barbe, vierge et martyre; k décembre, v. 235 ou 306. Sa légende est plus célèbre que bien établie; mais ce qui est tout à fait reçu depuis longtemps, c'est qu'elle est la patronne des artilleurs, salpêtriers, poudriers , etc. A ce titre elle a fréquemment près d'elle des canons, barils de poudre, mèches, bombes, grenades. Le fond de ce patronage, qui semble singulier pour une jeune vierge, n'est pourtant pas mal établi en raison ; et bien d'autres reposent sur des origines beaucoup moins graves. Son histoire quelconque dit qu'elle fut décapitée par son père, furieux de n'avoir pu la ramener au paganisme ; et que cette rage barbare fut punie promptement par un coup de foudre, qui donna la mort à l'abominable bourreau *. En conséquence, les chrétiens s'adressèrent à la sainte pour obtenir d'être soustraits à la mort subite s (Cf. Ciboire). C'était par suite de ce recours à la patronne de la bonne mort, que la soute aux poudres dans les vaisseaux s'appelait jadis la Sainte-Barbe. On avait compris que le passage du temps à l'éternité étant la grande affaire d'une créature raisonnable, il importait singulièrement de le placer sous une protection puissante, pour tâcher de ne point paraître au tribunal de Dieu sans être présentable. Ces notions se sont un peu altérées depuis que les estampes populaires ont été abandonnées à des artistes qui ne sont pas forts sur le catéchisme. Ainsi , par exemple, une image toute moderne de sainte Barbe porte cette oraison (avec traduction espagnole, pour mieux se répandre au loin) : « Intercédez pour nous, afin que... nous souffrions la mort pour le salut de la patrie. » Cela n'a pas le sens commun. Il s'agit, pour des artilleurs en
particulier, mais en général pour tout honnête soldat, de savoir accepter la mort et non pas de la désirer. Un homme qui se connaissait en choses militaires, Napoléon I"; disait qu'il faut vouloir vivre et savoir mourir. Ma bonne heure! voilà des paroles qui se peuvent défendre chrétiennement; l'affaire est de ne mourir que pour son devoir, et en mourant , d'être en grâce avec Dieu. Ne laissons donc pas dénaturer les traditions du bon sens cultivées par l'enseignement de l'Évangile.
Les Paumicrs et raquettiers honoraient aussi sainte Barbe comme patronne, sans doute parce que le jeu de paume est assez chanceux pour la vie humaine quand il est mené vigoureusement.
Un calembour, comme il en existe beaucoup dans nos traditions (et même dans nos dévotions) populaires françaises, a fait prendre sainte Barbe comme patronne des brossiers et vergetiers. Aussi voit-on la sainte représentée non-seulement avec l'adjonction de batterie, obus, gabions, pioches, etc.; mais aussi avec des raquettes de paume, des brosses et des balais de crin. Cf. Calembour ou Jeu de mots.
Divers saints, patrons de peuples qui ne craignent pas de rapporter à Dieu l'honneur de leurs succès, ont été peints apparaissant pendant que les bombes et les obus font pleuvoir les blessures au milieu des escadrons, comme parle le père Sarbiewski 3. C'est ainsi que saint Czeslas et autres protecteurs de la Pologne sont souvent représentés de la sorte, surtout dans les combats contre les Turcs*; mais on peut en chercher l'indication sous les titres ^4?mix (p. 70, sv.), Bataille, Siège.
Saint Louis-Bertrand, dominicain; 10 octobre, 1581. Un pistolet d'arçon à la main, et le canon de l'armé est remplacé par un crucifix '.
Ses Actes attestent que le saint ayant prêché contre les scandales donnés par certains personnages influents, un seigneur espagnol crut se reconnaître dans le portrait (racé par le prédicateur et fut pris d'une furieuse colère. En conséquence, il se promit bien de mettre fin à des avertissements si désagréables pour un homme de sa qualité.
1. Offices propres de la Pologne: « FilUe cen iccin ipso scclcstissimus pater, bumanitatis expert, propriis amputavit manibus. Cujus fera crudelitas non diu inulta remansit; nani statim eo ipso in loro, fulmine percussus interiit. »
Quatre vers fort alanibiqués résument, on plutôt délayent, ce souvenir sous une estampe de confrérie gravée par Guill. Vallet : « Barbara sum, non sum, mitis sum pectore virgo;
Sed qui me genuit, barbarus ille fuit.
Ut Parcœ parcunt. ut luci lumine gaudent, Ut bellum eut bellum, sic ego barbara sum. ■
2. Même office que ci-dessus, oraison : « Intcrcessio, quœsumu-- Domine, beat» Barbara; virginis et martyris tu«e ab omni nos adversitatc protegat; ut, per ejus interventum gloriosissimutn, sacrosanoti corporis et sanguinis Domiui Nostri Jesti Christ! sacramentiini ante iliem exitus nostri... perciperc mercainui'. »
3. « . . Bt per reredentes Gelonos Vulnilico pluit aura nimbo. *
Je cite de mémoire, quelque quarante ans uprés lecture; et n'ai pas le loisir de vérifier un loxlc qui n'importe point à i'bagiolngie.
Mais je crois bien qu'il y est question de la première bataille de Clioczim, en 1021.
I, l'mu saint Stanislas Kostka, par exemple, le même poète dit : « Quanta* patroni tegmino patlfl Sorvavit urbes! quum maie perlinax Vubanus, undantesque celsis Turribus absiluere fl.imir.rv
Quis, fando, pulsos enumeret Gelas, Cœsumque Thracem t Quis memorct rclro Actas Gelonorum phalangas !
Quis subit. un placuisse pacem ;
Quum jam restarent classica classicis, Turmipque turmis, et manibus manus, Bt stnta sentis, tcla telis, KriMlnis objicerentur Basa*.
Etc. > .">. Cette môme représentation a été singulièrement employée pour un personnage du x" siècle par le Calmdaiïttm liennlirlinuin (2.J mai ), avec l'intention d'exprimer qu'il avait renoncé' à la prof. s<i,in militaire pour embrasser la \ie monastique.
ARTILLERIE. — ASPERS01R.
Ayant donc attendu le missionnaire sur une route peu fréquentée, il poussait vers lui le pistolet à la main, afin d'assouvir sa vengeance. Mais comme il abordait l'homme de Dieu avec bonne intention de faire feu sur lui, la batterie manqua son coup. Le saint, averti par le bruit, se retourna tranquillement vers l'agresseur; et sur un signe de croix qu'il fit pour toute défense, le gentilhomme trouva le canon de son arme changé en un crucifix. La foi se réveillant alors dans ce cœur enragé, le noble assassin se jeta contrit à bas de cheval, et tomha baigné de larmes aux pieds de celui qu'il avait pris pour un ennemi.
Celui-ci le consola, se chargea de le réconcilier avec Dieu, et lui accorda tout pardon , moyennant qu'il s'engagerait à n'en rien dire avant trente années. Or ce terme montra que le saint joignait le don de prophétie à celui des miracles, car il marqua justement ainsi l'époque où le gentilhomme fut appelé en témoignage lorsqu'on rassemblait des documents juridiques pour la canonisation de saint Louis-Bertrand *. Cf.
Calice (ou coupe).
Saint Charles Borroméé , archevêque de Milan ; h novembre, 158/|. Un assassin fait feu sur lui avec un mousquet pendant que le prélat est agenouillé devant l'autel. Le saint avait laissé apercevoir l'intention de mettre la main à la réforme des Humiliés, corporation religieuse née à Milan durant le moyen âge, mais qui se trouvait alors bien loin du but fixé par ses fondateurs. Un membre
de cet ordre imagina qu'il reculerait beaucoup tout remaniement des coutumes introduites peu à peu, s'il faisait un acte de vigueur contre le réformateur trop zélé. S'étant donc caché dans la chapelle de l'archevêque, il déchargea sur lui une arquebuse, à cinq ou six pas de distance. L'arme était bourrée de façon à ne pas manquer son homme; et le saint lui-même, frappé
dans les reins, put bien croire que sa dernière heure était venue. Il n'en fit pas moins signe à ses chapelains de continuer les prières commencées, et il se trouva que le projectile était tombé à terre, après que le coup avait noirci le rochet du serviteur de Dieu *. Naturellement, les affaires des Humiliés n'y gagnèrent rien ; et ils furent supprimés par le souverain pontife Pie IV, oncle de saint Charles ; résultat le plus clair de cet attentat sur lequel on avait compté pour faire ajourner leur réforme.
A.SPERS01K, GOUPILLON.
On sait que le goupillon, comme son saint Louis-Bertrand. nom l'indique (car
il veut dire à peu près queue de renard), prend quelquefois des proportions énormes. 11 faudra donc l'accepterdans les peintures selon la forme que lui donne l'usage de chaque pays.
Saint Pierre prince des apôtres, comme célébrant, porte d'ordinaire l'aspersoir dans les représentations de la mort ou des funérailles de la très-sainte Vierge.
1. AA. SS. Octobr., t. V, p. 41Ï, 303. Sarnelli ( / ettere ecclesiastiche, t. IV, 35) «te ces vers qui, sans Ctre fort remarquables, témoignent de la popularité du miracle dont nous parlons, et qu'on a représenté sur la châsse de notre saint :
c Fulmine Bertrandus petitur. . . .
Jam scelus absolvit, jam deitera pnrrigit ictum.
At quam pulclira parât Cœlum spectacula ! Prajlient Mta statim, stygio pulvere fœta, crucero.
Has ludit data vita vices, lus funera lucris Sarcit, et hac Orci destruit arte dûlos.
Pùrtentum felix ! ut sospes uterque veniret , Confiii sclopus fulmen amoris erat. •
Oltrocchi, de Vila... S. Caroli, libr. Il, rap xxm, hyi.