PRIÈRE
Que les saints aient beaucoup prié, c'est chose si commune qu'elle ne peut guère les distinguer l'un de l'autre. Mais ceux qui n'avaient point de fonction publique sont surtout représentés s' adonnant à cette occupation. Tels sont par exemple les ermites et les femmes ; celles-ci, parce que la vie cachée leur convient tout particulièrement ; ceux-là, par suite du choix qu'ils avaient fait de la retraite pour ne s'y occuper que de Dieu.
Ce ne serait donc pas une caractéristique bien claire que celle de représenter un saint agenouillé dans l'oratoire, ou prosterné devant l'autel. D'ailleurs, les titres Croix, Autel, Monslrance, etc., donneront lieu de retrouver divers personnages que rien n'oblige à mentionner ici particulièrement, à moins de faire une liste énorme qui, par là même, serait d'autant moins utile.
Pour ne pas laisser entièrement ce titre dans le vague, donnons-y place au moins à sainte Adélaïde, impératrice; 16 décembre, 999. Malgré son haut rang, elle eut souvent besoin de puiser des forces dans la prière ; soit lorsque, veuve une première fois (à dix-neuf ans) de Lothaire roi d'Italie, elle fut en butte aux persécutions de Bérenger comte d'Ivrée qui la fit jeter en prison; soit quand, après la mort de son second mari (Othon I), elle fut desservie auprès de son fils (Othon II) par les lîatteurs et par la jalousie de Théophano sa bru. Quoi qu'il en soit, les historiens de sa vie racontent qu'elle passait de longues heures dans son oratoire à s'entretenir avec Dieu. Fille de Rodolphe II roi de Bourgogne, reine d'Italie, puis impératrice, sainte Adélaïde a été honorée dans un grand nombre de provinces. La puissance des maisons auxquelles elle appartint, les diverses contrées où son action s'exerça, la vénération qu'eurent pour elle saint Maïeul et saint Odilon , grands promoteurs de Cluny, auraient suffisamment étendu son culte, quand môme ses miracles eussent été moins nombreux.