‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1130 sur 1339 · PRINCE, PRINCESSE · texte numérisé non relu

PRINCE, PRINCESSE

Sous les titres Ducs et Couronne de prince ou de roi nous avons déjà signalé divers indices qui peuvent faire reconnaître des saints revêtus de quelque dignité séculière, ou mis en relation avec des princes (ducs, rois, empereurs, comtes, etc.). Indiquons-en toutefois quel-

ques-uns pour suppléer à ce qui aurait fait défaut de notre part dans d'autres articles, ou à la finesse du lecteur pour aller chercher chaque chose à sa place.

Saint Silvestre pape (Cf. Dragon, p. 316; Baptême, etc.). Quoiqu'on ait révoqué en doute le baptême de Constantin par ce pontife, le moyen âge n'y faisait pas tant de difficultés. Le Bréviaire romain maintient encore ce récit, et les artistes du temps passé l'ont représenté plusieurs fois.

Saint Zachaiue, pape; 15 mars, 752. Donnant l'habit religieux à Rachis roi des Lombards, ou persuadant à Luitprand de cesser toute violence contre l'Église romaine.

Saint Corbinien évoque de Frisingue (Cf. Ours, p. 592). On le voit souvent bénissant un prince. C'est qu'il ramena aux pratiques de la religion le duc de Bavière Grimoald, et ce fut celui-ci qui fonda le siège de Frisingue pour conserver saint Corbinien dans ses États.

Saint Loup, évêque de Troyes; 29 juillet, 479. On le peint allant au-devant d'Attila pour faire épargner sa ville épiscopale, ou accompagnant ce prince lorsque les Huns quittaient la Gaule après leur grande défaite près de la Marne. On dit que le conquérant avait voulu emmener avec lui ce saint vieillard comme une sauvegarde contre la vengeance des populations gauloises qui venaient de reprendre cœur.

Saint Rigobert bénédictin, abbé d'Orbais, puis évêque de Reims (Cf. Oies, p. 580). On l'a représenté quelquefois devant Charles Martel auquel il adresse des reproches. Respecté par Pépin le Gros et favorisé par lui , Rigobert ne se crut pas obligé de ménager plus que de raison le fils de son bienfaiteur dans un homme qui ne respectait pas les droits de l'Église, et voulait même lui interdire l'entrée de Reims. Aussi fut-il chassé de son siège, comme plusieurs autres, par le duc des Francs qui lui substitua un intrus plus complaisant pour le pouvoir. Exilé ainsi de sa ville épiscopale durant plusieurs années, il passa dans l'Aquitaine. Rigobert revint plus tard terminer ses jours à Reims lorsque Charles Martel fut mort.

Saint Anthelme chartreux, évêque de Belley (Cf. Lampe, p. U%, sv.). On voit parfois à ses pieds le comte Humbert de Savoie, ou plus exactement de Belley1. Ce prince, excommunié par le saint pour avoir attenté aux immunités de l'Église, le trouva constamment inflexible à toute considération humaine, et finit par se soumettre en sa présence. La fermeté du saint évêque avait tellement saisi le comte, qu'il n'osait paraître à l'église sans s'être réconcilié avec lui, quoiqu'il eût obtenu du pape la levée de cette censure; et l'homme de Dieu y avait

1. S'il était réellement comte de Savoie, Je m'en rapporte à ce qui en est. Pourtant les généalogistes de Turin ont énorurément usé du droit accordé Jadis aux hérauts d'armes des familles] souveraines. Les Rivai du Valais, peu suspects en cette affaire, et qui avaient des litres scientifiques fort acceptables, tenaient pour Humbcrt de Belley

comme seule tige bien claire de la dynastie savoyarde. Cette maison, depuis, s'est fait (ou tait faire) d'autres origines dont il ne peut être question dans In vie des saints, quoique la légende y ait son rôle; mais ce sont légendes politiques, dont J'ai fort peu de souci, repeuple n'y a rien à voir, si ce n'est pour se taire et laisser dire.

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