‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1151 sur 1339 · RAME. — RAT, SOURIS, ETC · texte numérisé non relu

RAME. — RAT, SOURIS, ETC

Saint Adalbert de Prusse, martyr (Cf. Lance, p. 499). Une rame dans la main, parce que son martyre commença par un violent coup d'aviron que lui donna un batelier païen de la Vistule. Comme il voulait gagner la rive opposée, il fut achevé par plusieurs coups de pique, et décapité. Aussi le voit-on souvent revêtu de ses ornements épiscopaux, et embrassant un faisceau formé de rames et de lances. Il avait travaillé à la conversion des Bohèmes, des Hongrois et des Pruczes.

Saint Walher (Vauhir, Vohi, Walherus), curé d'Onhaye dans le Namurois; 23 juin, v. 1209. Tué à coups d'aviron par un de ses neveux dont il avait censuré l'inconduite. Celui-ci, profitant de l'obscurité pendant qu'ils étaient tous deux en barque sur la Meuse de grand matin, brisa le crâne au saint homme avec une rame1. Saint Vauhir est surtout invoqué dans les Ardennes belges pour la guérison des bestiaux.

RAMEAU. Cf. Branche,

RASOIR. Cf. Couteau.

RAT, LOIR, SOURIS, etc.

Nous ferons entrer ici tous les petits rongeurs qui figurent à quelque titre que ce soit dans les caractéristiques des saints. Signalons seulement pour mémoire , l'écureuil qui se voit assez fréquemment près des ermites dans les gravures flamandes. C'est sans doute parce que la défiance et la timidité de cet animal dont la fuite est si rapide, prête à penser que ceux qui vivent près de lui sont des hommes bien pacifiques et retirés de tout bruit du monde.

Saint Ulric évêque d'Augsbourg (Cf. Croix, p. 282; Mets, etc.). Les Bollandistes1 parlent du recours qu'on avait à ce saint pour chasser et faire mourir les loirs. Cela se faisait avec une petite boulette formée de la terre de son tombeau.

J'ai rencontré (à la bibliothèque royale de Bruxelles, si je ne me trompe) parmi des lettres adressées au père Papebroch, celle d'un Hongrois qui lui demandait d'où pouvait venir une dévotion répandue dans les États autrichiens, consistant à invoquer un saint Nicaise contre les loirs et les rats'. J'ignore quelle fut la réponse du docte Bollandiste, ou même s'il en donna une; ainsi, je

1. AA. SS. Jun., t. IV, p. 613-018. — Reinsbcrg-Dûringsfeld, Calendrier belge, p. 410, sv.

2. AA. SS. Jul., t. II, p. 90, 134, sq. —Calendar. binedict., 4 jul.

3. « Cur S. Nicasius contra mures et glires? undc mos obtinuitin Austrla, Hungaria, etc., portis aut valvis inscribere : S. Nicasi, ora pro nabis: fugite, mures et glires. »

4. S. Grégoire de Tours parle de trouvailles moins merveillouscs, mais indiquées aussi a des princes charitables pour les aider dans leurs aumônes ( Mit. Franc. epi(om.,§88; éd. Ruinart, p. 582).

M. H. de la Villemarqué ( la Légende celtique, S. Kadok ) racontu également l'histoire d'un grenier d'abondance, indiqué par une souris pour tirer de la pauvreté un Jeune écolier studieux qui n'avait

ne saurais décider ni le pourquoi de cette pratique, ni même quel est celui des divers saints Nicaise qu'on y avait en vue.

Saint Gontran roi des Bourguignons (Cf. Caverne. p. 180). Un rat ou une belette*, d'autres disent un lézard, lui fait trouver des trésors dans un souterrain.

J'ai dit ailleurs que cela ressemblait bien aux légendes germaines et Scandinaves des Niebelungen sous une forme ecclésiastique trop peu remarquée peut-être par les critiques allemands de notre siècle. Le père A. Martin, en visitant la cathédrale de Frisingue, avait été fort surpris de trouver un souvenir du Niebelungenlied dans un pilier sculpté de la crypte5. Je n'irai pas à rencontre de ses explications ; il s'agit uniquement de faire observer que l'Église avait accordé un certain accueil à ces chants nationaux de l'Allemagne méridionale6. Qu'ils aient pris ensuite une tournure un peu païenne chez les rapsodes norrains , cela importe peu pour le moment. Au fond il n'y aurait pas trop de hardiesse à prétendre apercevoir dans cette épopée quelconque, les luttes dont la France fut le théâtre aux siècles des Mérovingiens. Burgondes, Francs, Goths, Huns, y figurent incontestablement; et les peuples de la gauche du Rhin ont bien l'air d'avoir gardé une commisération sympathique à la dynastie bourguignonne dans tous ces récits. Krimhilt ne serait-elle pas sainte Clotilde, dont toute la race fut si malheureuse, tant chez sa postérité que parmi ses collatéraux de Genève ? Sigfrid serait alors Clovis, l'époux préféré. Brunhild et Gudrun rappellent assez Brunehaut et Frédégonde. D'autres assimilations importent peu au sujet présent, et les poètes allemands ou danois n'auront pas tenu à nous donner précisément des tables chronologiques très-équilibrées. Ce qui touche l'histoire prêtée au roi Gontran pourrait bien être le fait de Sigurd (dédoublement de Sigfrid), que l'on donne d'ailleurs comme fils d'un roi Sigmund. Quand il tue le dragon Fafnir pour s'emparer de ses trésors, c'est à l'aide de Regin en manière d'écuyer, et avec l'épée Gram que celui-ci lui avait forgée. Or nous voyons un glaive, un écuyer, un lézard (ou tout autre animal souterrain) qui sont mis en scène dans notre historiette du saint roi de Bourgogne ; le tout pour arriver à d'énormes trésors. Ajoutez-y la triste fin des princes burgondes, et c'est assurément un contingent passable de données historiques qui se ren-

pas de quoi subvenir à son entretien. Ces récits ont un air de parenté qui semblait devoir être mis en lumière. Des chercheurs plus actifs, ou plus heureux, pourront en trouver d'autres encore. Cf. Édél. Du Méril, Études... d'archéologie, etc.. p. 447. note 5.

Peut-être aussi que les richesses rassemblées par Gontran Boson (np. Gregor. Turon.,//M*.Franeor..libr. VII, cap. xxxvi-xxxviii), so sont trouvées attribuées à la longue au roi burgonde son homonyme et son contemporain.

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