‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1170 sur 1339 · ROUE · texte numérisé non relu

ROUE

On retrouve jusqu'à la même cravate dans les vitraux de Chartres, quoique le souvenir semble en avoir été perdu pour le moine grec Denys (Cf. p. 732, note 4).

Saint Anicet, pape et martyr; 17 avril, 168. Près de lui une roue qui fut, dit-on, l'instrument de son supplice. Ce détail n'est pas un fait bien établi, mais il est reconnu que le saint mourut de mort violente pour la foi.

Saint Érasme, évêque et martyr (Cf. Cabestan, p. 362 ; Treuil, etc.). Parfois on peint ses bourreaux lui déroulant les intestins autour d'une espèce de roue à jantes larges comme un tread^mill.

Saint Pelinus (Perino), évêque de Brindes et martyr sous Julien l'Apostat, après avoir eu les dents brisées ou arrachées; 5 décembre, vers 361. Attaché à une roue dentée qui faisait probablement partie de quelque machine destinée à le mettre en pièces, il fut délivré de ce supplice par la rupture de la roue qui, sautant en éclats, creva un œil au juge Sempronius. Conduit à Rome, il fit crouler par ses prières le temple de Mars; et les prêtres de l'idole le massacrèrent1.

Saint Donatien (nommé Donat à Bruges), archevêque de Reims. Cf. Chandelier, p. 195, sv.

Saint Germain l'Écossais, évêque et martyr (Cf. Dragon, p. 318). Son titre d'évêque n'est pas bien établi; mais sur la côte de basse Normandie on prétend qu'il traversa la Manche à l'aide d'une roue, faute de barque. Il passe pour avoir été baptisé dans la Grande-Bretagne par saint Germain l'Auxerrois, et fut tué près d'Aumale par les païens qu'il évangélisait.

Saint WilligiSe, archevêque de Mayence; 23 février, 1011. 11 était le fils d'un charron, à ce que l'on prétend; et selon les écrivains allemands, ce serait de lui que viendrait la roue dans les armoiries de l'Église de Mayence. Mais comme certains diocèses allemands ont employé le même signe, il se pourrait que cette prétendue roue eût été originairement une croix dans un cercle.

Saint Georges de Cappadoce, martyr (Cf. Cheval, p. 211). 11 est représenté dans un portail de Chartres comme ayant souffert sur une roue'. Mais la peinture sur verre, qui occupe toute une lancette de la même cathédrale, répond beaucoup mieux aux expressions d'une hymne {Salve forlis miles Christi) de Reichenau publiée par M. Mone dans ses Hymni... mediiœvi, t. III, p. 318 :

« Te tyrannus super rotam Quam divina vlrtus totam

Gladiosam statuit, Mox rumpendo destruit, »

On en verra volontiers la reproduction d'après un dessin que le P. A. Martin avait exécuté en étudiant

1 . Dans les Officia SSm Patronorum Ecclesim Brundusinœ (Rome, 1583), les répons du second nocturne disent :

ce vitrail, quoiqu'il n'y notât l'ornementation que par des traits sommaires.

■ Pelinus martyr inclytus Non se defendens manibus, Pro Cbristo alligari votait; Rotas tormonta surferons, Acutis rot» dentibu».

O quam magnum miraculum !

Distenlus sanctus (uir)nil paUtur; Prœses amittit oculum, Proses sanatur lumine, Novo vostitur hornine ; Lavatur unda baptismatis,

A l'hymne des premières vêpres, c'est un peu vaguement :

< Hostes déficit fortiter, Tandem sacratum sanguinem

Idola falsa conterons ; Fundens, tenet cœlestia. >

Puis, a l'hymne do Laudes, d'un langage plus net :

■ Molas frangunt forcipibus. Sed por Christi clementiam

Sa'vit rota cum dentibus; Non carpit penetralia. »

2. Lorsque Vllot'lus deliciarum (fol. 103 v°) énumere les principaux saints d'après le Spéculum Ecclesim, on y voit parmi les mariyrs : » Stcphauus lapidatur, Laurentius assatur, Georgius rota dlssipatur, etc. » Cf. Philœ Carmina, cd. Wernsdorf, p. 236, 238.

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