‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1173 sur 1339 · SABRE · texte numérisé non relu

SABRE

Le glaive recourbé avec le tranchant à l'intérieur de la courbe (cimeterre) ou à l'extérieur (sabre), est une arme asiatique d'origine. Aussi n'a-t-elle rien à faire dans les sujets grecs ou romains depuis les premiers siècles du christianisme. On peut faire figurer cette arme entre les mains des Huns, si l'on veut; car son nom même nous est venu des populations tartares , par la Pologne et l'Allemagne. Mais on comprend que les Russes y fassent moins de façon, et ils peuvent être très-bien fondés à peindre le sabre dans les faits de leur histoire aussi loin qu'ils la voudront reporter. C'est ainsi que saint Nicolas, l'un des grands objets de leur culte, est représenté ici (p. 736) le sabre à la main.

Cette image a été copiée sur une des plaques en cuivre fondu, et grossièrement émaillées, que le passage des armées étrangères (en 18U et 1815) a laissées parmi nous. Elle servira en tout cas à donner une certaine idée du vêtement épiscopal dans l'Église grecque. On y voit par exemple l'espèce de pallium (omophore) que tous les évêques portent en Grèce sur leurs épaules , et dont les extrémités retombent par devant. On aperçoit aussi sur le genou droit, une pièce de broderie en losange, qui s'appelle im^ânov ou ùko-jovoîtiov. L'espèce de chasuble antique qui se relève sur les deux bras porte le nom de phselonium ou phienolium ; et pourrait être la pmula (ou penula) sur laquelle on a écrit bien des commentaires à propos de la mention qu'en fait saint Paul (II Tim., iv, 13).

L'artiste populaire qui a exécuté cette figure, la copiait sans doute un peu matériellement, sans comprendre tous les détails qu'il empruntait à son original. Mais qui aura vu les ivoires grecs du moyen âge où sont représentés des empereurs et des impératrices, reconnaîtra sans beaucoup de peine un coussin que foulait aux pieds le personnage ; et dont les extrémités se gonflent par la pression du centre. Les diptyques consulaires mettent souvent cette espèce de traversin sur le siège des personnages importants, et le moyen âge en fait parfois un carreau sous les pieds des princes.

3. C'est le cas de rappeler ce qui a été dit de saint Eustache, sous le titre Ours, p. 594, sv. ; et (p. 7, etc.) sur des sculptures d'Abbeville et de Saint-Riquier ou l'interprétation se fourvoyait beaucoup.

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