SOULIER. — STIGMATES
de cordonnier, elle a eu son article ad hoc. Il nous reste donc bien peu de matière pour ce moment; d'autant que sous le titre Chaussure on a vu que certaines classes de saints étaient communément représentées les pieds nus. Il n'a pas été besoin d'y faire observer que les Carmes , les Augustins et les Trinitaires déchaussés , les Capucins et presque toutes les réformes franciscaines ont adopté la sandale.
Saint Gunther évêque de Ratisbonne, après avoir été moine de Saint-Emmeran; 31 décembre, 938; On le peint présentant son soulier à l'empereur Othon. L'usage s'était si fort répandu, surtout en Allemagne, d'offrir ou de promettre quelque chose aux princes pour obtenir les dignités ecclésiastiques, qu'Othon Ier ayant à nommer un évêque de Ratisbonne, vint au monastère de Saint- Emmeran et dit à Gunther : « Que me donnerez-vous si je vous fais évêque? » Le saint prenant la chose en plaisanterie, lui répondit : « Sire, vous pouvez compter sur mes vieux souliers. » L'histoire ne dit donc pas précisément qu'il ait mis l'une de ses chaussures dans la main de l'empereur; mais les artistes ont adopté cette manière d'exprimer la réponse du saint1.
Du reste, Othon I" plaisantait lui-même en adressant cette singulière question à l'homme de Dieu, car il venait à Saint-Emmeran d'après un songe où, la nuit précédente, il lui avait été commandé de choisir pour évêque le premier qui viendrait ouvrir la porte de l'abbaye. Aussi déclara-t-il sa vision devant tous les moines, et fit élever Gunther sur le siège épiscopal. Le saint eût peu gagné à obtenir la mitre par une bassesse, car il mourut après quelques mois2.
J'ignore si saint Épipode martyr de Lyon (22 avril, 177), a été peint tenant une chaussure. Mais l'histoire y prêterait, puisqu'on voit des miracles opérés à l'aide d'une sandale que le saint avait laissé échapper de son pied en allant au martyre. Cela ne ressemble pas mal à quelque calembour fondé sur le sens du mot eWo&o,-, fns&o» (qui signifie revêtement du pied) ; mais le récit était déjà en vigueur dès le temps de saint Grégoire de Tours3.
Sainte Hedwige, duchesse de Silésie (Cf. Église sur la main, p. 343). On la représente quelquefois marchant nu-pieds et portant ses souliers à la main; parce que souvent, dit-on, elle marchait déchaussée par mortification, ne reprenant sa chaussure que quand elle voyait quelqu'un s'approcher. C'était ainsi qu'elle déguisait sa mortification, pour n'en avoir d'autre témoin que Dieu *.