‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1236 sur 1339 · AA. SS. Octobr., t. IX, p · texte numérisé non relu

AA. SS. Octobr., t. IX, p

8. Cf. Corder., Sancti Dionysii Opp., t. II, p. 348. J'ignore si sa décapitation est entrée pour quelque chose dans le culte que lui rendaient les ménagères anglaises afin de ne pas égarer leur trousseau de clés (ce qui les aurait conduites à perdre la télé ou pouvait les faire soupçonner de l'avoir perdue). En tout cas on a pu voir, p. 229, une autre explication des clefs que portait la sainte dans ses images.

9. Ph. Mouskes {Chronique rimée, éd. Reiflenberg, t. I, p. 14) le fait contemporain de saint ISïcaise, et place à peu près vers catte époque l'invasion des Huns :

c Et al qu»rt an (4>4?), si com je pens,

Sont li Hungre issu do Hungrle;

Si ont tout* (Saille eiillie,

Car il en orent liu et aisae.

S'oclsent à Rai» saint Nlcaisse,

Ht clers et lais communément;

Dont saint Piat de Bonivent (A-nreenl)

Vint à Tournai. Se li tuèrent

| i mescréant ki dont ièreut;

Mais quant il sa vit à déclin,

A tout son cop {elirf) trest à Séclln. •

La chronologie qu'adoptait Fulbert de Chartres au sujet do notre saint, ne s'accorde bien ni avec Philippe Mouskes, ni avec ceux qui veulent que saint Denys de Paris soit contemporain des apôtres (Cf. AA. SS./Woii.t. I, p. 94-114, 120-131). Il ne parait pas non plus avoir entendu parler davantage du miracle de saint Piat portant sa tète (Cf. RM. PP. Lugdun., t. XVIII, p. 49. — AA. SS. Octobr.. t. I, p. 0-11, 12-10, 17-21); et pourtant les Chai trains se piquaient de dévotion envers le martyr du Hainaut. Je n'emprunterai que des fragments à cette hymne chartrainc :

« Tornacum versus Piatus

Se direiit inclytus,

Quum Parisios iret (irrl ad Paritiut?)

Beatus Dionysius.

Al Ca'sar M.uimianus Ut Piati hausit famam

Comprehcndi jussit eum Ad necandum protinus.

Decollatur namquo tandem

Dumque gleba conderetur Gloriosi corpus marlyiis, Pusus odor est auperni Circura circa nectaris; Ne qutd mundus hn-sitaret II* saïute spiritus.

Cujuscaro tiine prnhah.it [firobarrt?) Hunr regnare cœlttus. »

Malgré les corrections que J'ai proposées a cette prose pour l'assimiler a des rhythmes modernes (comme, par exemple, au Pange lingua gloriosi corporit myste rium), je crois bien que son vrai modèle était le Pange UnQua...prasliumcertaminis,<\ii VenanroFortunut n'in-

TÊTU tiOUl'ÉK,

mort il porln aa loto jusqu'à cinq lieues de Tournai, au

village de Séclin, où il lui inhumé.

Saint Placide disciple de saint Sigisbert abbé de Disscntis, chez les GiusoNs ' ; 11 juillet, vers 030.

Saint Pkocui.is (Procle, Procule) , inarlvr à Bologne; 1 juin, v. 303. On fêle le même jour à Bologne deux martyrs de ce nom, l'un évoque de Terni (ou de l'eramo) et l'autre soldat. C'est, je crois, à ce dernier que Ton attribue d'avoir porté sa tête5 ; mais je n'oserais pas assurer que 'l'on n'ait pas prêté la même merveille à l'évêque son homonyme.

Sainte Quitebie (Quileria, etc.) vierge et martyre, à Aire en Gascogne; 22 mai, époque difficile à déterminer. Les Espagnols l'ont mêlée à la légende fort suspecte de sainte Libérale (ouWilgeforde); et Tolède se l'est appropriée sans grandes raisons', comme diverses villes d'Espagne l'ont fait en maint autre cas. Mais on raconte dans la Nouvelle-Castille qu'elle porta sa tête jusqu'à deux lieues4, et ne s'arrêta qu'à Margueliza.

Sainte Régula sœur de saint Félix, et martyrisée avec lui à Zurich. Cf. Groupes, p. 400.

Saint Régulus évêque africain , réfugié en Italie et décapité par ordre de Totila 5.

Saint Sabinien, de Saint-Paul-Tbois-Chateaux en Dauphiné ; 29 janvier, vers le ve siècle. Je ne sais si l'on n'aura pas attribué la même merveille à saint Savinien (Sabinianus) évêque de Sens (Cf. Autel, p. 100); mais elle est certainement racontée de saint Savinien martyr dans le pays de Troyes6 en Champagne (Cf. Sépulcre, sainte Savine, p. 745).

Sainte Saturnine. Je la trouve dans mes notes prises depuis longtemps, sans pouvoir déterminer parmi les nombreuses martyres du même nom quelle est celle qui a reçu cette caractéristique 7.

Saint Sévekin martyr. Cf. Boèce, ci-dessus, p. 701.

Saint Sigpbid, évêque et apôtre de la Gothic (Gothland) suédoise; 15 février, 1 002. Il est honoré comme patron de Wexice. On le représente portant. Irois tôles, parce qu'il découvrit les restes de ses Irois neveux tués par les païens'.

Saint Silanis fiscs trois compagnons, martyrs honorés dans le Périgord; 2 janvier, sous Claude8. On veut que, décapités, ils aient porté leur tête à un sanctuaire de Marie, en marchant sur les eaux pour s'y rendre.

Sainte Soulange (ou Solange), vierge et martyre en Berry (Cf. Assassinai, p. 90). Nous en avons parlé ailleurs suffisamment, ce semble10.

Saint Sympiiobien d'Autun (Cf. Femme, p. 408). Je suppose du moins, que c'est celui dont il est question dans un sceau cité parmi les travaux de la Société de sphragistique u. Celui qui le décrivait, sans le publier, dit que le martyr y porte une chasuble. Une petite collection des saints du mois exécutée en France au xvn° siècle donne bien à ce jeune martyr une chape de pape ou d'évêque, qui est tout autrement bizarre en pareil sujet. Mais le moyen âge n'avait pas coutume de se tromper si lourdement. En somme, il y a plusieurs saints du même nom.

Sainte Tanche (Tança, Tancha), vierge et martyre dans le diocèse de Troyes en Champagne; 10 octobre, époque incertaine. Elle fut tuée par un homme qui avait voulu la déshonorer12.

Saint Tiiéoneste de Verceil , ou d'Altino (30 octobre, ou 20 novembre).

Saint Ubsicin de Ravenne, médecin et martyr; 19 juin, sous Néron. On lui a prêté la même merveille qu'à ceux auxquels nous l'associons ici1'. Mais ce qu'il y a de plus historique dans ses Actes, c'est que, comme il paraissait ému devant le bourreau, Vital, soldat chrétien, lui cria : « Médecin, qui en as guéri tant d'autres, ne va pas te laisser atteindre d'un mal qui est sans remède pour l'éternité. » Aussi Vital fut-il bientôt martyrisé lui-même,

traduisait pas encore la rime. De la sorte, deux vers n'en faisaient qu'un ; mais le moyen âge les divisa plus tard en deux, comme dans l'hymne de sainti Thomas d'Aquin ; distinguant chaque coupure par une rime spéciale. Au reste, bien des lecteurs pourraient ne pas comprendre cette théorie de la poésie rhythmique, qui a reçu de si beaux développements dans la liturgie du moyen âge (en France surtout); et ce ne semble pas ici le lieu d'en donner l'intelligence par quelques mots, à ceux qui n'y sont guère initiés.

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