‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 124 sur 1339 · Apoc. i, 8; xxi, 6; xxn · texte numérisé non relu

Apoc. i, 8; xxi, 6; xxn

AURÉOLE LUMINEUSE ET RAYONS

« Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. » Cf. Chiffre. Cest ainsi , par exemple, qu'on trouvera le chrisme sur la poitrine de saint Herménégilde (p. 95), qui fut décapité pour avoir abjuré l'hérésie arienne professée par son père, le roi Léovigilde. Cf. Couronne, Hache.

Constantin le Grand, que l'Église grecque met au nombre des saints, pourrait être également représenté avec le chrisme paraissant dans les airs ; puisque l'on sait que cette vision fut l'origine de sa conversion au christianisme, et qu'il voulut en conserver le souvenir par l'étendard nommé Labarvm, où était brodé le monogramme du Christ. Cf. Chiffre.

Plus tard, c'est-à-dire vers le xiv« siècle surtout , le chrisme constantinien fit place à un monogramme nouveau dont le sens n'est pas absolument le même. C'était le nom de Jésus que l'on prétendait y exprimer, et non plus celui de Christ. Déjà se prononçait ainsi la tendance qui s'est déclarée davantage à l'époque du calvinisme et dont la France a conservé le sentiment plus que toute autre nation, parce que Calvin et ses disciples parlaient français. L'Italie dit encore, sans trop de répugnance, Cristo tout court ; mais Christ en français a une saveur genevoise. Les catholiques disent tout au plus le Christ, ou mieux Jésus-Christ. A vrai dire, Christ n'est pas le nom du Verbe incarné, mais seulement un de ses titres : pour indiquer l'onction merveilleuse qui a consacré son humanité par l'union personnelle avec le Fils de Dieu. Jésus est le nom véritable apporté par l'ange, et un saint religieux de l'ordre de Saint-Bruno disait déjà au xiv* siècle que le mot jésuites convenait encore mieux aux disciples de Jésus- Christ que le titre de chrétiens1. Cette assertion exciterait probablement bien des cris si elle s'était produite à notre époque et sous la plume d'un enfant de saint Ignace, mais le docte écrivain chartreux semble avoir prévu qu'il viendrait un temps où les chrétiens zélés seraient qualifiés de jésuites par ceux qui voudraient leur faire honte de la foi. Quoi qu'il en soit, c'est du nom de Jésus que les apôtres ont dit ' : « Nul autre nom sous le ciel qui soit la condition de notre salut; » et : « Au nom de Jésus, que tout genou fléchisse, etc. »

Quant au monogramme moderne dans l'Église latine, il s'écrit IHS, avec la seconde lettre surmontée d'une croix. Comme explication de ce sigle, plusieurs ont imaginé avec plus ou moins de bonne foi, des origines qu'il ne s'agit pas d'examiner ici. Le fait est que, dans l'intention du moyen âge latin , c'était tout simplement le commencement et la fin du nom de Notre-Seigneur;

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