C. Cavedoni, l. cit., p
i. Legendaaur., cap. xxvi. On le rappelait dans une prose (Dulcis Jésus Nazarenus) répétée par plusieurs missels du nv" siècle :
« Hoc ( nome n ) nos decet honoiare,
Cogitare, peramare, Amore s*.d heroico.
Ignatius hoc docuit,
d'ordre pour encourager les soldats était de leur faire répéter le nom de Jésus. Cf. Drapeau.
Saint Jacques de la Marche, franciscain; 28 novembre, 1476. Son nom lui vient de ce qu'il était né à Monte Brandone dans la Marche d'Ancone. On le représente parfois les yeux élevés vers un nom de Jésus tracé dans les airs , ou comme saint Jean de Capistran qu'il avait accompagné dans plusieurs de ses courses apostoliques. 11 prêcha d'ailleurs en diverses contrées (Italie, Bosnie, Esclavonie, Bohême, etc.), soit contre les désordres des mœurs et l'hérésie, soit pour la guerre contre les Turcs.
Le bienheureux Henri Suso (Saeussen) , dominicain ; 25 janvier, 1315. Son grand amour pour Jésus-Christ a inspiré à quelques artistes de le peindre avec un nom de Jésus sur la poitrine.
Saint Ignace, évêque d'Antioche; 1 février, v. 108. Des artistes du xvie siècle l'ont peint plusieurs fois dans l'amphithéâtre où il fut livré aux bêtes. Un lion vient de lui ouvrir la poitrine avec sa griffe , et l'on aperçoit le nom de Jésus écrit en caractères éclatants sur son cœur. C'est un emprunt fait à la Légende dorée*; mais les Actes de son martyre semblent dire qu'il fut dévoré tout d'un coup, et l'auteur même de la Légende dorée dit que le nom de Jésus ne fut trouvé sur son cœur qu'après sa mort. Les artistes auront prétendu rappeler ce que le saint avait dit à Trajan : « Je porte Jésus-Christ dans mon cœur. »
Saint Ignace de Loyola , fondateur de la Compagnie de Jésus ; 31 juillet, 1556. Un nom de Jésus entouré de rayons ou de flammes, dans l'air ou sur un livre que le saint tient à la main, parfois même sur la poitrine. Quoique dans la rédaction de son institut il prît toujours l'avis de ses premiers compagnons, il leur demanda par exception que le soin de nommer son Ordre lui fût laissé, et déclara qu'on l'appellerait Compagnie de Jésus. Le nom de jésuite a été imaginé par les gens du monde pour abréger l'expression, mais ce n'est pas le mot adopté par saint Ignace ni par ses enfants. On pourrait voir dans les flammes qui entourent le nom de Jésus, par exemple chez Rubens , une allusion au zèle de saint Ignace pour la gloire de Dieu 3, ou à ces paroles de Notre-Seigneur lui-même 4 : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que veux-je, sinon qu'il brûle! » A vrai dire, les rayons tortueux qui se voient déjà autour du monogramme de saint Bernardin de Sienne me semblent être des flammes dans l'intention du saint, et par conséquent se rapporter à Notre-Seigneur tout seul.
Saint Jean Columbin, fondateur desJésuates; 31 juillet.
Hoc sapiens insonuit; Cor ejus scissum patuit Inscriptum Jesu cœlico. •
3. De pieux alambiqueurs ont imaginé de renverser le nom Ignattus de Ijiyola, pour y trouver « Ignis a Deo illatus. »
4. Luc. xn, 49. Elles servent de communion a la messe du jour de saint Ignace.
ADRÉOLE LUMINEUSE ET RAYONS
1867. Je ne saurais dire si son Ordre, qui ne dura pas longtemps, avait pris le nom de Jésus comme caractéristique; mais les artistes l'ont donné à ce saint, dont les représentations sont rares du reste1.
Le monogramme du nom de Jésus a été employé par quelques peintres en manière d'emblème, pour désigner la prédication de l'Évangile. Je suppose que c'est par souvenir de ces paroles de Notre-Seigneur1 annonçant ce que serait saint Paul : « 11 portera mon nom devant les peuples, les rois, etc. » Ainsi on s'expliquerait pourquoi Saint Frumence, apôtre de l'Abyssinie (27 octobre, v. 360) a été quelquefois peint avec le nom de Jésus tracé sur un cartouche. C'est qu'il fut sacré par saint Athanase pour aller porter la foi dans ces provinces lointaines.
Saint Vincent Ferrier, dominicain; 5 avril, 1410. Le motif que nous venons d'alléguer paraît avoir causé l'emploi du même symbole pour ce saint dans quelques représentations. Ce fut en effet un prédicateur dont la parole causa des milliers de conversions depuis le royaume de Valence jusqu'à Vannes en Bretagne. Mais, le plus souvent il est caractérisé d'une tout autre manière. Cf. Ailes, p. 26; Jugement dernier, Trompette.
Sainte Monique, mère de saint Augustin; k mai, 387. On la trouve quelquefois portant une tablette marquée du nom de Jésus, pour exprimer que c'était elle qui avait inspiré ou mérité à son fils l'amour de Notre-Seigneur.
2" Soleil3 .
Saint Thomas d'Aquin, dominicain; 7 mars, 127/j. Un soleil sur la poitrine ou sur la main. Ce semble être une façon d'exprimer la science merveilleuse dont il était rempli, et surtout la science des choses divines (Divinity comme parlent les Anglais, ou Divinità selon l'expression des puristes italiens). Mais on rapporte qu'après sa mort il apparut avec ce soleil (ou une étoile rayonnante) sur la poitrine, comme signe de la pureté d'intention qui avait constamment dirigé tous ses actes4. Dans certaines images de saint Thomas d'Aquin, ce soleil est devenu quelque chose comme une décoration soutenue par un collier d'or. C'est, si je ne me trompe, une combinaison de l'attribut qui vient de nous occuper, avec l'expression d'une sorte de rébus. La chaîne d'or (calena aurea) est le titre d'un des ouvrages attribués au docteur angélique. Ce mot traduit à l'œil s'est transformé en un collier; et le soleil placé au milieu aura paru