Calendar. benedict., 31 mart
9. Le docte P. Florcz, dans son Espaûa sagrada (t. XXIII, p.153-100), ne parait pas éloigné de croire qu'il y aurait eu quelque petite supercherie dans cette substitution; et constate que cela ne remonte pas au delà du xvr siècle, si tant est que dès lors la prescription se soit bien établie même pour la péninsule hispanique.
VAISSKAI1. — VASK D'ÉGLISE.
Valérien. On la représente ordinairement abandonnée à la mer sur un petit vaisseau en flammes. Après divers tourments, le juge idolâtre la lit jeter dans une nacelle pleine de matières inflammables qui devaient la l'aire périr au large. Mais quand on y mit le feu, les flammes se tournèrent contre les ministres de cette cruauté, sans atteindre la vierge chrétienne. Pour elle, se mettant en prière, elle rendit son âme à Dieu; et la barque porta son corps vers la plage de Naples.
Sainte Ursule et ses compagnes (Cf. Étendard, p. 117; Flèches). Près de la plage où elle est tuée, on voit communément un vaisseau qui annonce qu'elle arrivait d'Angleterre1. D'autres artistes la peignent volontiers montant une sorte d'escadre où le pape et des cardinaux partagent la traversée. Ce voyage légendaire, qui les fait venir de Rome par le Rhin, est une curiosité que l'on peut tirer au clair dans le travail des nouveaux flollandistes, dont je donnais l'indication tout à l'heure.
Sainte Cordule, l'une des compagnes de sainte Ursule, qui souffrit la mort après s'être cachée tandis qu'on massacrait les autres*. Un vaisseau près d'elle annonce sa traversée.
Sainte Paule, veuve; 26 janvier, 404 (Cf. Crèche* p. 276). Quittant la côte d'Italie pour se rendre en Palestine, et laissant à terre son fils et sa fille qui étendaient les mains vers elle.
Cette petite gravure, que j'ai fait copier ici d'après le Legendario de Venise (1509, in-fol., cap. xxvi), rappelle le récit de saint Jérôme qui s'était fait le biographe de la sainte après avoir été son directeur3.
Sainte Matrone (Madrona) de Barcelone, vierge et martyre, dit-on; 15 mars, époque inconnue. Plusieurs saintes de ce nom donnent bien de l'embarras aux hagiographes, et celle-ci comme les autres. Tout ce que
1. Cf. AA. SS. Octobr., U IX, p. 93, «4, 108, etc.; et 08, 101, 178, etc.
2. Cf. AA. SS., I. cit. — Villanucva, • Viage literario, t. VI, p. 1 17. — Brautii Martyrolog. poelic. 20 octolif. et 22.
3. Cf. Rosweyilc, Vitœ /'/»., libro I (p. 403). — AA. SS. Januar^ l. Il, p. 713.
nous en savons, c'est que les Catalans la tiennent pour envoyée par le Ciel exprès chez eux. Un pape, disentils, adressait le corps de la sainte à un roi de France qui était malade depuis longtemps; mais une tempête poussa vers la côte de Barcelone le vaisseau qui portait ses reliques. Le navire s'engrava près du Mont-Juich, et les gens du lieu s'emparèrent de ce trésor*. De là vient qu'on représente cette sainte portant un vaisseau sur sa main, afin de rappeler ainsi la façon dont elle est venue se faire honorer en Catalogne malgré les Français.
VANNIER. Cf. Corbeille.
VASE DÉGL1SE.
Quoique sous les titres Calice, Ciboire, Monslrance, nous ayons passablement satisfait aux différentes questions que certain lecteur voudrait voir éclaircies en cet endroit, il peut être utile d'indiquer ici quelques données encore qui compléteront ce que l'on peut raisonnablement désirer à ce sujet.
Saint Marcel pape (Cf. Anes, p. 30). On l'a représenté quelquefois disant la messe, ou tout simplement un calice en main. Ce doit être pour faire comprendre qu'il avait changé en église le palais de sainte Lucine, et que là même il fut condamné à garder les animaux comme valet d'écurie5.
Saint Richard, évêque de Chichester (Cf. Charrue, p. 204). Il semble que les Anglais le représentent quelquefois avec un calice à ses pieds6. On en donne cette explication que le saint, après sa consécration épiscopale, étant tombé avec le calice, le vin ne se renversa pas à terre. Ne serait-ce pas un symbolisme local pour exprimer que son élection à l'épiscopat éprouva une forte opposition de la part du roi Henri III ; mais que le pape (Innocent III) maintint le saint homme, et lui fit rendre les revenus de son église après deux ou trois ans?
J'expliquerais de la même façon, sauf meilleur avis, la peinture de saint Birin évêque en Angleterre (Cf. Vaisseau, p. 784), et que les Anglais semblent avoir caractérisé quelquefois par un calice7. Ce pourrait bien être une manière d'exprimer qu'il était venu dans la Grande- Bretagne après avoir reçu la dignité épiscopale en Italie.
Divers saints évêques, dans les nécessités de leur9 ouailles, ou pour subvenir au grand nombre des captifs qu'il s'agissait de racheter durant les invasions des barbares, ont souvent brisé les vases sacrés pour les vendre (Cf. Calice, saint Rembcrt de Brème, p. 173; etc.). Certains artistes modernes ont cru fort bien de représenter cela, et j'aime à croiro qu'ils n'y ont pas cherché malice.