AUTEL. —AUXILIAIRES
Sainte Brigite (Brigitte, Brigida, etc.) d'Irlande, abbesse; 1 février, v. 523. Portant la main sur un autel. D'après l'auteur de sa légende, c'est le marchepied de l'autel qu'elle devrait toucher étant à genoux. Ayant été calomniée, elle fit reverdir par son contact le bois de l'autel. On ajoute même qu'il en sortit un petit rameau '. Cf. Bœuf, etc.
Sainte Wénéfbide (Winfride, Vénéfride) vierge et martyre, abbesse dans le pays de Galles en Angleterre; 3 novembre, v. G70. Décapitée devant un autel. Elle avait été formée à la piété par saint Beuno, moine, qui était, dit-on, son oncle du côté maternel. Caradoc, fils d'un prince du pays, avait désiré l'épouser; et furieux de la voir consacrée ù Dieu par la profession religieuse, il lui trancha la tête pendant qu'elle priait dans la chapelle. On raconte que saint Beuno lui rendit la vie, et que la sainte n'avait conservé de trace du guet-apens qu'un petit filet rouge autour de son cou. Mais il faut se rappeler que nous sommes ici sur le terrain des légendes celtiques, qui n'épargnent pas le merveilleux. Une fontaine qui jaillit, dit-on, du lieu où tomba la tête de cette sainte, est encore fréquentée par quantité de malades; lesquels, en dépit du protestantisme, viennent y chercher la guérison de leur maux'. Le fond du bassin de cette source est pavé de pierres rouges, où la piété populaire voit un souvenir du meurtre.
Sainte Beiitiie veuve, abbesse et fondatrice du monastère de Blangy en Artois; k juillet, 725. Devant un autel avec une jeune fille ; parce que Roger, seigneur flamand, ayant formé le projet d'enlever du monastère une des deux filles de Berthe qui s'étaient consacrées à Dieu avec elle, la sainte conduisit- cette enfant au pied de l'autel et lui fit renouveler sa promesse de n'apparte-
1. Dans suii Office (Officia SS. Patricii, Columbœ, Drigidœ, etc. Paiis 1620, in-!0;, l'hymne des premières vêpres dit :
« In signum pudicitin?, Altaris quod exaruit Manus tactu virgincae Lignum repente viruit.
Hœc est laurus Hiberniœ Cujus viror non marnât; Plena misericordiœ, Nulli petenti defuit. >
M. J.-J. Ampère attribue cela à sainte Brigitte de Suède, mais tout à fait gratuitcment,«commc il arrive aux gens qui improvisent l'érudition. Si nous autres hommes d'église et chrétiennement élevés jusqu'à l'âge mûr qui nous donnons encore un certain mal en affaires do notre compétence, risquons toutefois beaucoup de nous fourvoyer çà et là, quel sera le partage de ceux qui entrent sur le terrain ecclésiastique comme des pandours ou des cosaques dans une bibliothèque ! « Cada cual a su negocio ! »