AUXILIAIRES. — AVEUGLES
ou un peigne de fer en manière de râteau à dents acérées. Saint Érasme, évéque, tient un treuil. On reconnaît saint Eustache à son cerf ou à un équipage de chasse, et saint Georges à sa lance ou au dragon terrassé. Saint Christophe porte un enfant Jésus sur son épaule, et tient communément l'arbre qui lui sert de bâton. Saint Vit le plus souvent a près de lui une chaudière. Saint Denis de Paris porte sa tête coupée. Saint Pantaléon a quelquefois les deux mains clouées sur la tête. Saint Acace est couronné d'épines et tient une croix. Saint Cyriaque est surtout reconnaissable entre les autres à son costume de diacre. Saint Gilles, vêtu en manière de bénédictin, a près de lui sa biche. Sainte Catherine d'Alexandrie' se reconnaît, comme d'ordinaire, à sa roue ; sainte Barbe à sa tour et au ciboire surmonté d'une hostie. Sainte Marguerite mène un dragon enchaîné; ou bien le monstre meurt à ses pieds, et elle tient une petite croix.
AVEUGLES
Nous ferons entrer ici presque tout ce qui aurait pu trouver place sous le titre Yeux. Cela donnera donc l'occasion de diviser cet article en diverses sections. 1° Yeux crevés ou arrachés.
J'y joindrai les yeux détachés par la simple fantaisie des artistes.
Saint Longin martyr. (Gf. Armes, Armure, p. 75, sv.). On veut que ce saint ait eu les yeux et la langue arrachés avant sa décollation. Mais rappelons-nous qu'il passe pour avoir été aveugle au Calvaire, et qu'il aurait recouvré la vue par l'effet du sang de Notre-Seigneur. Saint Salomon (Salaùn), prince de Bretagne; 25 juin,
874. Des tarières dans les yeux. C'est une manière d'exprimer qu'on lui arracha les yeux de leurs orbites, car il sera difficilement venu à l'idée du bourreau le plus enragé que des tarières avançassent pareille besogne. Quoi qu'il en soit, saint Salomon fut aveuglé et décapité dans une révolte qui mit fin à l'indépendance bretonne. Étant jeune encore, il avait tué son cousin Hérispoé pour s'emparer de la couronne; mais il avait changé de mœurs ensuite, et ainsi que plusieurs autres pieux personnages morts en haine de la justice, il a été honoré comme martyr.
Le sceau que nous avons copié ici pour donner une représentation bretonne de ce prince, appartenait à un Salomon de Kergoanac, archidiacre du Goëllo dans le diocèse de Saint-Brieuc, vers 1420. On voit ce dignitaire à genoux aux pieds de son patron, qui est vêtu d'un manteau à l'hermine de Bretagne, et dont la main gauche porte une sorte de sceptre.
Saint Léger, évoque d'Autun; 2 octobre, 678. Des tarières ou des clous enfoncés dans les yeux. A la suite de sa rivalité contre le terrible maire du palais Ébroïn, il fut livré à des bourreaux qui lui coupèrent la langue et lui crevèrent les yeux, puis le décapitèrent après plusieurs mois de répit. Voici, d'après le Recueil de la Société de sphragistique ', le supplice de ce saint indiqué d'une manière assez semblable à ce que nous venons de voir pour saint Salomon de Bretagne. C'est le sceau d'un curé de Frétoy dans le diocèse d'Autun ; la tarière y est d'une forme inaccoutumée pour nous, et l'on voit le bourreau exécutant son abominable office avec un air d'application farouche.
Saint Clair, premier évêque de Nantes; 10 octobre, époque débattue. On l'a parfois confondu avec un autre saint Clair prêtre et martyr dans le Vexin (à Saint- Clair-sur-Epte) ; k novembre, 896. Rien dans la vie de l'un, ni de l'autre, ne semble expliquer pourquoi ils trouveraient place ici ; mais le nom a donné lieu à l'un de ces jeux de mots qui n'étaient pas rares dans l'origine de plusieurs dévotions au moyen âge. De ce qu'ils s'appelaient Clair, on jugea opportun de les invoquer pour voir clair. En conséquence, on les trouve quelquefois représentés ayant près d'eux des yeux comme si on les leur eût arrachés; mais c'est tout simplement une façon populaire d'exprimer qu'on les invoquait contre les maux d'yeux. J'en donne un exemple populaire tiré d'un méreau parisien que M. Arthur Forgeais a rendu au jour '.
C'est une pièce émise par la collégiale qui avait succédé au collège des Bons-Enfants, où la dévotion à saint Clair faisait presque oublier le vocable primitif de la chapelle consacrée d'abord à la Mère de Dieu.
Ailleurs, saint Clair (du Vexin) porte sa tête; mais pour rappeler la dévotion dont il était l'objet, on lui fait cacher