Pi. lxxxviii
2. Ce peut être occasion de faire observer que l'apparition d'une réforme dans quelque ordre religieux ne doit pas faire conclure nécessairement que tout y fût au pire saus cela. Les serviteurs de Dieu qui ont cru devoir introduire des innovations de sévérité, ou retourner en arrière, avaient sans doute leurs raisons puisque l'Église les a approuvés ; mais il n'en est pas moins vrai que plus d'une fois vers l'époque de la réforme, ou même plus tard encore, les anciennes brandie» ont porté de beaux fruits.
Ailleurs, surtout quand on ne représente pas le calice, le pied se recourbe en avani d'une façon moins empruntée; parce que la bannière ne garde plus cette direction verticale, mais prend l'inclinaison d'arme à volonté. Cf. saint Clément pape, p. 30.
Quoi qu'il en soit, j'ai grand regret à cecaliceoù le sang coule (ordinairement de la poitrine), et à cet étendard, oubliés depuis deux siècles par les artistes. Rien ne peignait plus vivement le triomphe du Fils de Dieu, obtenu par sa première immolation au Calvaire qu'il continue
jusqu'à la fin du monde sur nos autels. Quand on voulait jadis faire entendre que la Rédemption résou t les prophéties 8 , l' Agneau était peint comme debout et posant ses pieds antérieurs sur le livre scellé dont lui seul peut expliquer le secret. Il y a bien loin de là aux moutons que l'on nous montre aujourd'hui abattus sur un volume auquel il semblerait que nous ne pouvons plus toucher, tandis que saint Jean prétendait dire : Désormais l'ancienne loi n'a plus de mystères après ce sacrifice qui réconcilie la terre avec le ciel.
On a vu précédemment (Cf. Anges, p. 32) que l'art grec du moyen âge, imité en cela par nos vieux artistes , donnait aux archanges une sorte de labarum*; prétendant indiquer sans doute ainsi les princes de la milice céleste. J'en vais donner un nouvel exemple (p.l 1 5) tiré des bas-reliefs quelque peu sauvages qui ornent un cor de chasse (olifant) copié par le P. Arthur Martin dans ses pérégrinations.
Mai», ce qui est une autre question, comme Sainte Marie Madeleine dei Paxii n'appartient pas à la réforme de Sainte-Thérèse, elle ne doit pas être représentée déchaussée (c'est-à-dire avec de simples sandales, ou alpargates).