Apoc. v, 1-9, etc
0. Je veux dire une petite bannière carrée a l'antique IvtsiUnm).
BANNIERE, DRAPEAU
C'est l'Ascension de Notre-Seigneur, comme on le voit sans peine; et j'expliquerai cela si Dieu me prête vie avec santé, en reproduisant plus tard le monument complet. Des aujourd'hui l'on y reconnaîtra les deux archanges ( saint Michel et saint Gabriel , je pense) avec l'amande qui entoure le Fils de Dieu montant au ciel.
Cf. Amande, p. 27, sv.
Saint Jacques le Majeur , patron de l'Espagne (Cf. Armée, p. 69 ; Cheval, etc.) , est souvent représenté par les Galiciens, Portugais et Castillans, avec une bannière qui rappelle son intervention dans plusieurs batailles contre les Maures. Le drapeau qu'il porte est assez ordinairement marqué delà croix deCalatrava, ou de saint Jacques de l'Épée. Cet insigne de l'apôtre était si bien établi en Espagne que plusieurs rpis ( saint Ferdinand entre autres)
s'intitulaient Porte-enseigne (alferez) de saint Jacques , et tenaient à recevoir l'accolade de chevalier par la main même du saint à son autel de Galice. Aussi avait-on imaginé à Compostelle un mécanisme qui faisait mouvoir le bras de la statue, et les rois ne se faisaient pas armer chevaliers par un autre plat d'épée qu'avec le glaive brandi de la sorte par l'image de l'apôtre '.
La bannière étant au moyen âge le signe distinctif des principaux chevaliers, l'art a souvent donné cet attribut aux saints qui passaient pour avoir été militaires (Cf. Arniure, p. 71, sv.). On en a fait des bannerels, surtout
quand ils étaient reconnus pour des chefs, comme saint Maurice * dont il a déjà été parlé p. 76, sv.
1. Cf. Cavanilles, Hist. de Espana, t. III, p. 102. S. Cf. A. Forgeais, Plombs historiés..., 1802, p. 131. 3. Hymne des premières vêpres, 29 septembre :
Si l'histoire n'était pas explicite sur le rang élevé d'un patron, l'affection populaire y aidait; et de là est venu que plus d'un martyr une fois admis comme soldat, est devenu bientôt chevalier. C'est ainsi que cheval et bannière ont été accordés par le patriotisme de diverses villes à saint Daniel de Lodi, saint Crescentin ( ou Crescentien) patron d'Urbin , saint Constance de Saluées, saint Bénigne de Rome , honoré à Palerme; les SS. Faustin et Simplicius honorés à Fulde, saint Alexandre
DE BERGAME, SAINT VE- NANT DE CaMEIUNO, SAINT
Théoneste de Verceil , saint AciLitis de §traubingen , Saint Fabius de Césarée en Mauritanie, etc., etc.
Cet étendard devient parfois un labarum (ou enseigne romaine, comme dans le basrelief ci-joint) depuis le xvie siècle, pour l'amour de l'archéologie; mais ce n'était plus précisément la même idée, car on semblait désigner ainsi un porte-enseigne.
Saint Michel, que la liturgie qualifie de porte-étendard des armées célestes a, ne se voit pourtant guère avec le drapeau. Cf. Croix; Balance, p. 108; etc.
Le drapeau dans certaines circonstances indique un souverain, surtout quand il a été guerrier. En ce cas sa bannière, son écu ou sa cotte d'armes porte le blason propre au personnage. Mais pour saint Etienne roi de Hongrie (2 septembre, 1038), on lui donne un drapeau qui porte l'image de la très-sainte Vierge, afin de rappeler qu'il avait mis son royaume sous la protection de la Mère de Dieu (Cf. p. 116). Que cette bannière ait été en usage dès lors, ou qu'elle ait commencé à être arborée sous ses successeurs, il est certain que tel était le drapeau de la nation hongroise. La façon de donner le signal du combat consistait surtout à ôter les éperons de celui qui portait l'étendard de Notre-Dame, pour indiquer que ce drapeau ne devait jamais être entraîné dans une fuite. Saint Victor de Marseille, martvr. Cf. Meule, Moulin.
« Tibi mille densa millium Ducum corona militât, Sed ezplicat Victor crucem Michael salutis signifer. »
BANNIERE, DRAPEAU
Saint Ladislas (Laszlo), roi de Hongrie; 27 juin, 1095. On le peint aussi avec l'étendard hongrois, comme le roi Saint-Étienne ; ne fût-ce que pour montrer que sa charité, ses prières et ses fondations pieuses ne l'empêchèrent
Saint Etienne do Hongrie (p. 115)-
pas d'être vaillant et redoutable quand il eut à tirer l'épée. Cf. Chapelet.
Le drapeau que porte bien des fois saint Jean de Capistran (Cf. Auréole, p. 97) rappelle la part qu'il prit aux
effortsdu vaillant Hunyade contre les Turcs de Mahomet H.
Saint Éric roi de Suède, martyr (Cf. Autel, p. 101). L'étendard de ce roi était regardé comme une assurance de victoire dans les guerres, et servit surtout contre les Busses en Finlande l.
Saint Antonin abbé de Sorrento (lft février, 830) a été peint de la même façon, mais en apparition sur les murs de la ville; parce que les habitants lui attribuent leur délivrance dans deux ou trois assauts livrés par des ennemis, et surtout par les musulmans.
Saint Agnel, abbé à Naples; H décembre, 596. Étaitil bénédictin ou basilien (dans un pays de langue grecque , ou même chanoine régulier, puisque son monastère avait été fondé par un évêque africain fuyant la persécution des Vandales ? question que je ne me charge pas de résoudre. Le fait est que les Napolitains le regardent comme sauveur de leur cité durant un siège menaçant. On raconte qu'il parut sur les murailles, tenant un étendard à la main pour repousser l'ennemi. Aussi est-il communément représenté de la sorte. La ville de Lucques prétend posséder son corps ; mais Naples n'en convient pas, et d'ailleurs continue à l'honorer comme protecteur spécial. Cf. Armée, p. 70.
Ailleurs, le même attribut désigne un enrôlement spirituel; et à ce titre on l'a donné à certains fondateurs d'ordres religieux, comme chefs de milice, mais je ne trouve pas que cela soit devenu très-populaire, même pour saint Ignace de Loyola dont la première profession et les vues organisatrices prêtaient tout particulièrement à un symbole guerrier.
Un motif assez semblable aura déterminé certains artistes à caractériser quelques grands missionnaires par un drapeau, de même qu'on les montre élevant ou arborant un crucifix. Tel a été peint par exemple le bienheunEUx Léonard de Port-Maurice , mineur réformé (26 novembre, 1751); on lui fait porter une bannière de la sainte Vierge, afin d'exprimer le zèle qu'il mettait à propager le culte de la Mère de Dieu.
I.* bienheureux Raymond, abbé cistercien de Fitero en Navarre; 15 mars, 1163. Dans sa main un étendard à la croix de Calatrava. C'est que la fondation de cet ordre militaire lui est due ». La ville de ce nom était menacée par les Maures, et le roi Sanche avait promis de la donner à qui la défendrait. Le saint abbé rassembla des volontaires qu'il y conduisit lui-même et qui parvinrent à s'y maintenir ; en conséquence l'homme de Dieu choisit parmi eux ceux qui voulurent s'enrôler à perpétuité dans cette milice, à laquelle il donna le nom et la propriété de la ville. Une règle fut laissée par Raymond à cet ordre militaire, comme les Templiers avaient reçu la leur de saint Bernard. De là était venu que l'abbaye
1. Cf. Scriptoret fler. Svtcic, t. II, p. 323, 3Ï9. Uiancti Ericht Haneer «tait conservée par les chanoine» d'Upsal, si je ne me trompe.
2. Tamayo Salaiar, Marlyrol. hisp., 15 niait— Hcnriqnei, Mtnotog. cislert., î feb. - Cavanillcs, Hitt . de Espaiia, t. II, p. Î03, gj.
BANNIÈRE, DRAPEAU. — BAPTÊME
de Morimond se considérait comme mère de cinq grands ordres de chevalerie espagnols ; parce que dans l'ordre de Clteaux; la filiation des monastères formait une sorte de généalogie exactement conservée.
Le rôle que le bienheureux Raymond avait pris dans
l'expédition contre les mahométans l'a fait souvent armer d'un casque et d'un glaive qui ne laissent guère reconnaître un cistercien ; mais sa part la plus grande dans cette œuvre étant celle d'organisateur plutôt que de combattant, nous avons mieux aimé le peindre en instituteur d'ordre qu'en guerrier.
Saint David, roi d'Ecosse, fils de sainte Marguerite ; 1k mai ou 10 juin, 1153. Le mot équivoque Scotus, qui désigna souvent les Irlandais établis dans l'archipel des Hébrides par où la foi se répandit en Ecosse, lui a fait donner parfois un étendard blasonné de la harpe irlandaise.
Le bienheureux Louis Morbiou, Bolonais, honoré dans sa ville natale d'un culte qui a prescrit depuis plusieurs siècles; vers le 7 novembre, 1485. On le peint vêtu de pauvres habits, ceint d'une corde et portant une bannière sur laquelle estreprésentélecrucifix. Sa jeunesse avait été sans frein, mais une maladie qui le conduisit aux portes du tombeau réveilla en lui les enseignements de la foi. Revenu en santé, il se mit à prêcher la pénitence dont il donnait l'exemple tout le premier: vivant d'aumônes et traitant son corps avec mille rudesses inspirées par la ferveur. Il parcourut la Romagne et la Lombardie, encourageant les peuples à se réconcilier avec Dieu età prendre part aux expéditions contre les Turcs. Tantôt sa main portait une petite croix de bois avec l'Office de la très-sainte Vierge, tantôt il arborait le crucifix élevé sur une longue hampe pour attirer des auditeurs à ses exhortations enflammées. C'est ce que l'on aura voulu faire comprendre sans doute par l'étendard que les artistes lui mettent en main ordinairement.
Sainte Ursule vierge et martyre, avec une multitude de compagnes ; 21 octobre, v. 451. L'étendard que porte souvent la sainte peut bien avoir indiqué la troupe nombreuse qu'elle avait comme enrôlée. Cependant, ne seraitce pas un signe de victoire, de même qu'entre les mains de Jésus-Christ ressuscitant ou sur l'épaule de l'Agneau pascal? Cf. Flèche.
Sainte Odile de Cologne, compagne de sainte Ursule. Son corps était honoré à Huy sur la Meuse , dans l'église des Croisière. Ce peut être à cause de ceci et non pas comme compagne de sainte Ursule, qu'on lui a donné une bannière marquée de la croix à deux couleurs que les croisiers portaient sur la poitrine. Il faut se garder de la confondre avec sainte Odile d'Alsace, dont nous avons parlé p. 105.
BAPTÊME, donné ou reçu.
Presque tous les monuments d'autrefois , y compris ceux du xiiie siècle, représentent le baptême donné par immersion ; et ce fut en effet la pratique universelle pendant longtemps, sauf quand on avait affaire à un malade. Comme en outre l'Europe eut à pratiquer le baptême des adultes jusque vers le xi" siècle, par la conversion de peuples entiers, les fonts baptismaux avaient nécessairement une capacité bien supérieure à celle que nous leur voyons communément aujourd'hui, et qui suffirait à peine s'il s'agissait d'y plonger un petit enfant. La ville de Liège possède encore des fonts de cuivre exécutés vers 1113, et qui serviraient fort aisément à