‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 165 sur 1339 · BARIL · texte numérisé non relu

BARIL

Il ne faudra pas s'attendre à trouver dans les représentations que nous signalerons ici, une forme de baril exactement semblable à celles que nous sommes accoutumés à voir aujourd'hui en France. Soit fantaisie, soit reproduction d'un usage local, les artistes allemands donnent bien des fois un aspect assez contourné à ce que nous appellerons baril dans cet article ; les tonneliers d'outre-Rhin se piquant sans doute de plus de variété

que les nôtres. 11 suffit que l'on cherche ici seulement des tonnelets portatifs : tout ce qui serait barrique ou cuve sera classé ailleurs.

Saint RupERT.évêque de Salzbourg (Cf. Baptême, p. 119). Près de lui, ou sur sa main, une sorte de cuvierclos ou de baril large et court. Je ne crois pas qu'il faille voir dans ce signe autre chose qu'un tonnelet à sel en manière d' armoiries parlantes, pour indiquer le grand siège qu'il avait fondé dans un endroit renommé pour ses salines. Le nom latin employé jadis pour désigner cette ville (Urbs salis) n'est que la traduction de Salzbourg, mot équivalent tout à fait à notre Salins de Franche-Comté*.

Saint Willbrord (Willibrordus). Cf. Baptême, p. 119. Un ou plusieurs barils (ou flacons) près de lui. Dans un de ses voyages, douze mendiants l'accostèrent avec prière de leur donner quelque soulagement. L'homme de Dieu, pour ne pas les rebuter, commanda qu'on leur versât du vin qu'il avait en réserve dans son bagage sans doute pour dire la messe; et quoique le vase fût petit, les douze pauvres en burent tout à leur aise sans que la liqueur décrût le moins du monde. Dans le même trajet, comme il descendait chez un ami, il se trouva que cet homme manquait de vin. Saint Willbrord envoya chercher quatre vases6 de vin qu'il portait avec lui pour servir durant la route, et après les avoir bénis il en abreuva quarante personnes qui étaient à table 7. Cf. Tonneau, Église.

Saint Calais (Carilefus), abbé; 1 juillet, v. 5ftl. Un baril à la main. Le roi Childebert l'ayant trouvé dans une forêt (Cf. Bœuf), le saint voulut lui verser à boire en manière de conjouissance. Un petit baril suffit pour désaltérer le roi et les chasseurs qui l'accompagnaient8.

Saint Herbland (Herblon, Herblain, Hermelandus) , abbé d'Aindre sur la Loire (Cf. Arbre, p. 68). Un seigneur breton qu'il avait rencontré et qu'il venait de réprimander pour ses vices, rentra en lui-même; et afin que le saint lui donnât témoignage public de réconciliation, demanda un vase de vin qu'on portait à sa suite, priant l'homme de Dieu de boire à sa santé. « Mais quand ce vint à verser, comme parle le vieil auteur*, il ne s'y en trouva qu'une petite goutte. Le comte rougit de honte; mais saint Herblon ayant fait le signe de la croix sur la bouteille 10, elle se trouva si pleine qu'elle versa sur les mains et sur les manchettes du comte qui but de ce vin, comme aussi toute sa suite qui était de six hommes, saint Herblon (aussi) et ses moines, et après se trouva encore toute pleine. Ce que voyant le comte, il s'agenouilla devant le saint abbé... En mémoire de ce miracle, cette

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