Mélanges..., t. III, p. 109. Cf. Fbii., pi. xxix
Noé. Son arche, quand elle est employée comme attribut du saint, a le plus souvent la forme d'un bateau ponté. Mais l'art des premiers siècles chrétiens a souvent pris à la lettre le mot arca en le traduisant par coffre. De la sorte, par suite d'une convention généralement acceptée, il nous montre le patriarche sortant à demi d'une caisse qui ne pourrait le contenir si le couvercle n'était rabattu en dehors.
Tel est le revers de cette médaille d'Apamée citée souvent, et publiée d'après un exemplaire du cabinet dé France, par M. Charles Lenormant, dans nos Mélanges d'Archéologie* , etc. Nous en reverrons d'autres formes.
Saint Pierre, chef des apôtres, peut très-bien être représenté montant une harque ou la quittant, puisque c'est de là qu'il fut appelé à devenir pêcheur d'hommes*. Mais la seconde pêche miraculeuse 6, faite par ordre de Jésus-Christ ressuscité, fut préférée de bonne heure à toute autre circonstance; parce que le récit de ce prodige est accompagné d'une garantie particulière de primauté , quand Notre-Seigneur dit à l'apôtre : « Pais mes brebis. »
Aussi est-ce le sujet que les papes ont adopté pour l'anneau du pêcheur, qui sert à sceller leurs brefs.
Saint Lazare, évêque de Marseille. Quoiqu'on le trouve représenté quelquefois dans une simple barque, nous le renverrons à l'article Vaisseau. Si les juifs, comme on le fait dire à la légende, l'avaient exposé sur la mer dans un bateau, autant valait le précipiter franchement du haut de la côte; et puisqu'ils voulaient prendre quelque détour, on peut bien penser qu'ils employèrent un esquif absolument passable.
Saint Athanase, patriarche d'Alexandrie; 2 mai, 373. Dans une barque sur le Nil. Il se dérobait à l'une des
5. Matth. iv, 18-20; ibid., xiv, 22-33.— Marc, vi, 45-53. — Joann. vi, 16-23.
6. Joann. xxi, 2-19. Cf. J. L'Heureux, Hagioglypta, p. 7; et 236, sq.
BARQUE
nombreuses persécutions qui agitèrent presque toute sa vje ; et des soldats envoyés pour le saisir lui ayant demandé si l'évéque était près de là : « Vous êtes précisément sur sa trace, répondit le saint, il ne s'en faut de rien que vous mettiez la main sur lui. » Là-dessus, il se déroba en faisant force de rames du côté opposé, comme si son premier dessein l'eût conduit en sens contraire.
Saint Melaine, évoque de Rennes. Cf. Cercueil.
Saint Fridian (Frediani, Frigdianus) , évêque de Lucques; 18 mars, 578. Passant en bateau une rivière grossie par les orages. 11 se rendait chaque année au tombeau de saint Miniato martyr et de ses compagnons. Mais trouvant une fois l'Arno énormément gonflé, il lui fallut de grandes instances pour obtenir que des bateliers consentissent à risquer le trajet. Sur sa parole enfin, ils le transportèrent sans la moindre peine '.
Saint Ouen (Audoenus), évêque de Rouen. Cf. Cercueil.
Saint Gohard, évêque de Nantes (Cf. Autel, p. 1 01 , etc.). Les Bretons racontent que le bateau qui portait son corps remonta, sans rames ni voiles, la Loire et la Maine jusqu'à Angers*.
Saint Vincent, diacre et martyr; 22 janvier, 304. On le voit portant un canot sur la main. Serait-ce parce que son corps fut embarqué pour être jeté au large avec une pierre au cou ? ou parce que ses reliques, longtemps honorées sur le cap qui en a conservé son nom, l'avaient fait invoquer comme protecteur par les matelots dans toute la péninsule hispanique?
Saint Antonin, martyr. Cf. Épèe.
Saint Tropès (Tropez, Torpesius), martyr; 17 mai, v. 68. Son cadavre dans une barque qui vogue guidée par un ange. On prétend qu'après sa décollation à Pise, le corps fut abandonné aux vagues dans une nacelle, et se trouva conduit vers les côtes d'Espagne, où les chrétiens le recueillirent respectueusement '.
Saint Piammon. Sa chapelle entourée de barques. Cf. Autel, p. 101.
Saint Bertin, abbé en Morinie; 5 septembre, v. 709. Portant un petit navire sans mât.
Moine de Luxeuil, il était venu prêcher l'Évangile dans le pays de Térouanne, avec saint Mommolein. Ils s'établirent à Sithieu (Sithiu), où saint Mommolein fut abbé ; mais après que ce dernier fut devenu évêque de Noyon, Bertin lui succéda dans le gouvernement du monastère. Le grand nombre de ses religieux et le désir d'une vie retirée ne lui permettant plus de demeurer dans cette abbaye, il s'abandonna au jugement du Ciel en montant avec quelques moines sur une barque sans voiles.
1. En mémoire do ce fait, les Florentins élevèrent une église a saint Frediano après sa mort, sur le lieu même où sa dévotion pour leurs martyrs lui avait Tait braver et vaincre la fureur des eau*. Cf. Manni, Principj délia riligion» cristiana m Firenzt, p. '21.
Cependant ces pèlerins de la Providence chantaient des psaumes, et mirent pied à terre dans l'endroit où toucha leur bateau tandis qu'ils en étaient venus à ce verset : « Voici mon repos pour toujours *. » Là ils
construisirent une église à saint Pierre, mais l'abbaye prit plus tard le nom de son fondateur *. Saint Aygulfe abbé, M. ; 3 septembre , v. 660. On le
8. Albert le Grand, Us Vies des Saints de la Bretagne, p. 3W.