‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 169 sur 1339 · BARRE DE FER · texte numérisé non relu

BARRE DE FER

peint parfois dans une barque, parce qu'il passe pour avoir apporté en France les corps de saint Benoît et de sainte Scholastique. Devenu abbé de Lérins, il fut tué à cause de son trop grand zèle pour la réforme '.

Saint Flouent de Glonne près de Saumur, prêtre; 22 septembre, v. 415. Dans une barque dont le gouvernail est tenu par un ange. Voici ce qu'en raconte Vincent de Beauvais ■ : Il était venu pour trouver saint Martin, et passa le Rhône vers Lyon dans un mauvais bateau sans équipage. Puis s'étant présenté à l'évêque de Tours, il fut ordonné par lui ; après quoi il prêcha l'Évangile aux riverains de la Loire et s'établit dans des cavernes voisines de Saumur. 11 faut se garder de le confondre avec divers autres saints du même nom, tels que les évoques de Strasbourg, et d'Orange; ou les martyrs de Bonn, de Pérouse, de Forconio, etc.

Saint Julien l'Hospitalier; 29 janvier, époque et patrie inconnues 3. Passant Notre-Seigneur dans un bateau. Quelquefois on le peint tenant une petite barque sur la main et accompagné d'un cerf (Cf. Cerf). J'ignore si la légende de ce saint, jadis très-célèbre, a jamais été le sujet d'un travail bien sérieux où les vraies origines fussent débattues sans trop de concessions ni d'opposition à la crédulité du vieux temps. Mais les récits populaires en avaient fait une sorte d'OEdipe chrétien poussé au parricide par quelque chose comme la fatalité païenne*. Pour nous restreindre à l'affaire du moment, disons qu'il s'était imposé de faire traverser un fleuve dangereux par tous ceux qui réclameraient son aide. Par une nuit de rude gelée, il s'entendit appeler d'un accent qui annonçait la souffrance. Quittant aussitôt sa couche pour se rendre à la barque , il trouva un malheureux presque perclus de froid (quelques-uns disent que c'était un lépreux) qui demandait à être transféré sur l'autre rive. Le saint le porta dans son lit pour le réchauffer, et comme il le visitait le matin afin de lui offrir d'autres secours, le pauvre se montra tout environné de lumière et disparut en lui disant que Dieu agréait ses bonnes œuvres et les couronnerait bientôt par une sainte mort. En mémoire de sa vie charitable et de son soin pour les pauvres, on l'a surnommé saint Julien le Pauvre ou l'Hospitalier; et c'était une dévotion fort répandue que les voyageurs embarrassés récitassent un Pater en son honneur pour obtenir un bon gîte. Il était aussi en beaucoup d'endroits le patron d'hospices où l'on n'avait qu'à se présenter comme voyageur pauvre pour être hébergé pendant trois jours. La ville d'Anvers conserve encore cet ancien usage.

Saint Josse (Cf. Bâton, p. 28) solitaire, puis abbé. Des

barques chargées de vivres viennent aborder près de lui au moment où ses disciples commençaient à se décourager et formaient le dessein de s'enfuir. Cf. Pain.

Saint Bertou (Bertulf), abbé de Kenty (Cf. Aigle-, p. 25 ; Aumône, p. 92). On assure qu'il est quelquefois représenté avec un petit bateau sur la main ; mais je crois que les auteurs allemands qui lui donnent cette caractéristique, l'auront confondu avec saint Bertin dont nous parlions plus haut(p. 12/(). Du moins le père Bollandus ne connaissait pas cette peinture 5. Peut-être cependant serait-ce une façon d'exprimer que les reliques de ce saint avaient passé deux fois la mer avant de trouver leur repos en Flandre. Son corps transporté de Renty à Boulogne pendant les ravages des Normands, fut dérobé par les Anglais ; puis recouvré par Arnoul Ier, comte de Flandre, qui le fit déposera Harlebeke près de Courtrai ; et enfin porté dans le monastère de Blandenberg (Saint-Pierre) à Gand.

Saint Werenfrid prêtre , compagnon de saint Willibrord dans ses prédications en Frise; 27 août, v. 760. Il tient un bateau qui porte un cercueil. Après sa mort dans la Gueldre méridionale, on se disputa l'avantage de posséder ses reliques ; et les gens d'Elst qui l'avaient eu pour curé, prétendaient avoir son corps au détriment de ceux de Westervoert chez qui il venait de mourir. On imagina de trancher la difficulté en plaçant le cercueil sur une barque qui gagna l'autre rive du Rhin sans le secours de rames; et les habitants d'Elst lui élevèrent un tombeau, à l'abri de toute contestation désormais6.

Saint Maudez (Maudetus), ermite ou abbé en Bretagne; 18 novembre, vne siècle. On le trouve représenté dans un esquif : soit qu'il vînt d'Irlande en France, soit parce qu'après avoir évangélisé le pays de Tréguier il se retira dans une île afin d'y vivre en solitaire7.

Saint Gualfard, bourrelier ou sellier. Cf. Ermites, etc.

Sainte Restitute. Cf. Vaisseau.

Sainte Adélaïde, impératrice (Cf. Église sur la main , etc.) . On l'a représentée s'échappant en bateau du fort où elle avait été emprisonnée près du lac de Garde lors de son premier veuvage. Je ne vois pas que ce soit là un fait portant empreinte hagiographique bien marquée.

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