‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 183 sur 1339 · Procop., De milite., t. I, p · texte numérisé non relu

Procop., De milite., t. I, p

4. Je trouve dans un vieux missel qui me semble appartenir à l'Alsace, la Post-communion [complendas suivante four la messe de

BÊCHE. — BENEPICTION.

sieurs exemplaires par M. A. Forgeais ' qui l'explique suffisamment; d'ailleurs elle n'est pas l'objet de l'article actuel. Disons seulement que le saint irlandais ayant reçu une concession de terrairr qui devait être déterminée par l'espace qu'il pourrait enceindre d'un sillon (ou d'une rigole) en un jour avec sa bêche, le résultat de cette journée se trouva énorme. Le sillon courait, dit-on, devant la bêche de l'ermite étranger; quelques-uns prétendent même que son bâton y suffisait, et que les arbres se précipitaient le long de la piste tracée par la canne du solitaire. Aussi l'accusa-t-on de magie d'abord2. A vrai dire, c'est ordinairement une bêche que porte saint Fiacre ; même lorsqu'il figure comme patron d'un métier qui n'a rien de commun avec la culture de la terre.

On peut s'en assurer au moyen de cet autre plomb historié, exécuté pour les potiers d'étain 3, dont le patronage était partagé entre saint Fiacre et saint Mathurin à Paris.

Il n'en est pas de même pour saint Maur, abbé (Cf. Balance, p. 109). Les enseignes de pèlerinages que je viens de citer nous le montrent quelquefois armé d'une bêche, mais le plus souvent aussi tenant tout simplement une crosse en sa qualité d'abbé \

Si quelque autre saint se voit avec la bêche, c'est communément (par exemple saint Conon) pour rappeler qu'il s'est occupé de jardinage. A ce titre, on a pu lui donner d'autres instruments de travail ; et il vaut mieux le renvoyer à l'article Jardin; qui n'exclura aucun outil d'horticulture.

d'Isaac, en lui substituant un bélier qui se trouve là comme par hasard retenu dans les halliers par ses cornes *. Cf. ci-dessus, p. 22.

Daniel le prophète. Près de lui un bélier à longues cornes qui lutte contre un bouc monstrueux. C'est la vision où le prophète entrevoit la destinée de l'empire des Perses et la conquête grecque de l'Asie par les Macédoniens '.

Eve. L'art des catacombes, comme on dit, mais qui me semble avoir duré plus qu'on n'a l'air de l'admettre ordinairement, a représenté parfois la pénitence d'Adam et d'Eve (ou plutôt leur initiation à la vie de labeur après le péché) par une apparition divine où chacun d'eux reçoit sa fâche. A l'homme est remise une poignée d'épis, c'est-à-dire le soin de nourrir la famille en travaillant à la sueur de son front; et la femme reçoit un mouton ou un bélier, comme indication de la petite pâture et des soins domestiques que Rome symbolisa par le filage de la laine. Le moyen âge, moins gracieux d'invention, nous montre tout simplement Adam courbé sur sa bêche, et la première femme filant près de lui sa quenouille, pendant que ses deux premiers fils croissent sous ses yeux. C'est le même fait s' élevant par les sollicitudes de la maternité, et rachetant par cet endroit ce qu'il y avait de brièveté simple et large dans un art plus voisin de l'antique. Le christianisme, avec l'agrandissement du mariage , regagne là par le cœur ce que les formes de l'art plastique ne disaient plus à l'œil sous le ciseau moderne.

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