‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 206 sur 1339 · Mélanges d'Archéologie, etc., t. III, p. 20, sv · texte numérisé non relu

Mélanges d'Archéologie, etc., t. III, p. 20, sv

On trouvera plus bas (Cf. Fuseau) la panse de cette lampe ( si ce n'a été pourtant un encensoir sans couvercle, comme celui des Grecs) vue par une seule de ses faces, mais avec la forme et la grandeur de l'original que nous avons copié dans la belle collection du M. Carrand. Les diverses scènes ici enfilées comme tout d'une venue sont (de gauche à droite): Annonciation, Visitation, saint Thomas reconnaissant Notre-Soigneur ressuscité, Établc de Bethléem, Adoration des Mages et Ascension.

la tiare] (ou mitre) asiatique dans l'art chrétien. Voici, par exemple, une preuve du contraire empruntée aux coupes à feuille d'or gravée.

On s'accorde à y reconnaître l'un des Mages présentant son offrande au divin Enfant dans l'étable de Bethléem \ et ce cas n'est pas unique. Il ne serait pas non plus absurde, si je ne me fais grande illusion, d'y chercher Daniel présentant au serpent de Babylone le gâteau qui doit empoisonner ce fétiche*.

BOUCHE

Le silence habituellement gardé, a plusieurs fois été rendu par les artistes au moyen du doigt sévèrement appliqué sur la bouche. Ainsi se comprendront mieux quelques-unes des particularités qui vont suivre, quand on en trouvera la représentation.

Saint Jean le Silentiaihe, évêque en Arménie, puis ermite; 13 mai, 558. Le doigt sur les lèvres pour indiquer le silence presque absolu qu'il s'était imposé en embrassant la vie solitaire, et qui lui a valu son surnom. Il n'avait déclaré sa dignité épiscopale qu'à saint Sabas

2. T. II, p. 57 (25 dccenibr.\ Nous savons, par les écrivains et les monuments antiques, que la tiare n'était point la même chez tous les peuples assyro-médiques et leurs diverses classes; mais qu'en outre, des tribus voisines portaient aussi un couvre-chef différent. Do toutes ces variantes, l'art gréco-romain aura pris avec le temps daux ou trois formes conventionnelles qui désignèrent l'Asie barbare (c'est-à-dire réfractaire à la civilisation hellénique) : Perses Mèdcs, Arméniens, Scythes, Lydiens, Phrygiens, etc.).

Les Grecs semblent avoir totalement méconnu la trace de ces bonnets asiatiques quelconques , dans leurs propres antiquités nationales où elle se retrouve mainte fois. Du reste ils affectent souvent de dissimuler rinlluence médique ou chaldécniio sur .eurs aïeux.

:(. Garrucci, Vetri..., tnv. IV, n" 7-11 j et p. 11, sg.

i. Dan. xiv, 22-27. Ce trait historique parait avoir été reproduit volontiers par les chrétiens contre la superstitiou paieniu'. (J. Garrucci, I. cit., tav. III, sg.

BOUCHE

abbé du monastère, et se relégua dans une cellule où il ne parlait jamais que pour répondre à ceux qui lui soumettaient quelque affaire de haute importance. Cf. Lion.

Saint Juvénal, évêque de Narni; 3 mai, 377. Un couteau entre les dents. On raconte que comme le saint évêque passait près d'un temple consacré à Bacchus, quelque idolâtre qui en sortait se précipita sur l'homme de Dieu avec l'intention de lui faire manger des viandes offertes aux idoles. Pour vaincre la résistance du saint, il saisit un couteau , s'efforçant de lui écarter les mâchoires et de faire entrer la viande dans sa bouche. Ce fut le furieux qui devint victime de cette lutte; car le couteau, lui échappant, se tourna contre sa gorge. Les autres païens témoins de sa mort y reconnurent la vengeance céleste et se convertirent en grand nombre *.

Le titre de cet article peut servir au moins de prétexte à la citation d'une légende baroque sur saint Jean Chhysostome (27 janvier, 407). Je n'ai aucune raison de croire que ce récit ait fait beaucoup de chemin, mais je le rencontre mis en vers au moyen âge et illustré d'une miniature '.La naïveté y avoisine si fort la niaiserie, qu'il vaut mieux laisser la parole au trouvère lui-même, tout en abrégeant son rabâchage. Avant de partir pour l'exil,

«Li sains hom coït à la capèle; Si a tôt maintenant aers Parcomins, et taillié quaïers.

Et de son encre plain cornet, Ses pennes et son kenivet.

Tôt portera o lui le sires, Car alcun ben voldra escriro En Pille, etc. *

Arrivé dans son île il se met en mesure de rédiger quelque pieux commentaire. Le démon d'autre part s'irrite de voir, outre tant de patience, se préparer un livre édifiant pour la postérité'. En conséquence,

« Son cornet a li fel aers,

Tôt l'encre en a espandu fors. »

Pour parer à cette ruse diabolique, le saint recourt au Ciel ; puis portant la plume à sa bouche, il la retire chargée d'encre d'or. De là son surnom :

« En sa bouche Penke prenoit, Sa salive devenoit ors.

retirée. Durant trente années il ne quitta le monastère que pour les affaires de son Ordre, ou pour former sa

Quant séue fut la novèle

Que ses livres tôt d'or escrist,

Et qu'en sa bouche destrempre prist

Par miraclp, Deu on loèrent;

Et pus bouco d'or l'apclèrent. »

Saint Benoît de Norcia (Cf. Banderole, p. 112). Des artistes du moyen âge l'ont peint quelquefois de la même façon que saint Jean le Silentiaire , pour indiquer sa vie

Saint Raymond Nonnat, p. 144.

sœur sainte ScLolastique , à la perfection qu'elle devait transmettre parmi ses religieuses.

Le silence et la vie monastique sont choses tellement liées entre elles, que Cluny et Citeaux avaient adopté tout un système de signes pour suppléer à la parole quand il

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