‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 213 sur 1339 · AA. SS. âforl., t. III, p. 590, sq · texte numérisé non relu

AA. SS. âforl., t. III, p. 590, sq

Le Bx Nicolas Albergati, chartreux, évêque de Pologne et cardinal; 10 mai, 1443. Une branche d'olivier à la main à cause des missions fréquentes dont il fut chargé, presque toujours avec succès, pour pacifier l'Italie, la France et l'Église*.

Saint Bruno, fondaieurdes Chartreux; 6 octobre, 1101.

11 tient un rameau d'olivier ou un crucifix dont les branches se terminent en une touffe de feuilles, de fleurs et

4. Melloni, Uotnini illustii in santitd, t. III, p. 50, 67, 82, «8, 94, 107, etc. Je crois bon do redire que jo no m'astreins pas à donner toujours place aux simples bienheureux.

BRANCHE D'ARBRE

de fruits. Ce semble être la traduction d'une antienne de son Office dans le Bréviaire des Chartreux. On l'y compare à l'olivier, qui trouve moyen d'alimenter son fruit plein de douceur dans les terrains les plus stériles en apparence ; à cause des solitudes presque désolées où le saint choisit la première habitation de son Ordre pour y jouir de la contemplation des choses célestes '.

On a donné quelquefois à saint Columban (Cf. Auréole, p. 98) ce même crucifix ou à peu près.

Saint Pierre Nolasque, fondateur de l'ordre de la Merci; 31 janvier, 1256.

Quelques artistes ont imaginé de lui mettre entre les mains une branche d'olivier : probablement pour exprimer la charité du saint, et le nom même de son Ordre, qui veut dire miséricorde, compassion, etc., ou parce qu'il était messager de paix entre chrétiens et musulmans. Les nations orientales et les peuples du midi peuvent absolument saisir cela, parce que l'huile leur est une sorte de ressource universelle.

Aussi le symbolisme de l'Écriture sainte a fait dire aux Pères de l'Église toutes sortes de choses aimables et pieuses sur le produit de l'olive. Saint Chrysostome semblerait avoir dirigé les artistes dont nous parlons quand il dit '-, sur la parabole des vierges sages : « L'huile

désigne la bonté, l'aumône, le secours donné aux pauvres. » Malgré cela, il faut convenir que pour nous autres gens du nord, cette invention risque beaucoup d'être généralement peu comprise.

Saint Eutrope soldat, martyr dans la ville d'Amasée ; 3 mars, v. 308. La croix à laquelle on l'avait attaché reverdit et poussa des rameaux. Je ne saurais dire si au revers du plomb exécuté pour saint Eutrope de Saintes (Cf. Arbre, p. 65), on n'aura pas prétendu représenter

saint Eutrope d'Amasée *. Mais si cela était, l'on aura pris pour une potence le gibet où ce dernier fut suspendu, tandis que les Actes grecs parlent d'une croix.

Saint Gérard de Villamagna près de Florence, frère servant de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem; 13 mai, 1258. Portant un rameau de cerisier garni de ses fruits, ou une corbeille pleine de cerises.

J'emprunte aux Bollandistes (AA. SS. Maii, t. VII, p. 768) une estampe où le premier parti a été adopté. Son association avec un autre saint du même ordre n'en

fera que mieux connaître j/<;j*. /vw* ** le costume; car la barbe et les pieds nus de Gérard sont l'indice de la vie érémitique qu'il embrassa vers la fin de sa vie.

Quant à la signification des fruits qu'on lui fait porter, la voici : Le serviteur de Dieu s'était retiré sur ses vieux jours dans une cellule isolée pour s'adonner entièrement à la prière. Malade au mois de janvier, il se sentit pris d'un de ces appétits étranges que la médecine n'a pas encore bien expliqués, quoiqu'on les constate fréquemment. 11 avait témoigné le désir de manger quatre cerises, et comme on faisait mine de les aller chercher pour ne pas se refuser ù sa demande, on trouva les fruits sur l'arbre *. Est-ce par une confusion de notre saint avec un homonyme, que le bienheureux Gérard dei Tintori, a reçu aussi une bouquet de cerises8?

Sainte Praxède, vierge; 21 juillet, v. 139. On la trouve représentée, vers lexvr5 siècle, portant d'une main de petits rameaux, et de l'autre une sorte de bassine. C'est, je suppose, dans l'intention de la montrer comme une dame de charité qui va porter des remèdes. Elle Visitait en effet les martyrs, pansait leurs plaies et ensevelissait leurs corps. Navrée des souffrances et des périls qu'elle voyait se mul-

1. Antienne de la fête : «Salve Carthusianorum lux et forma, oliva fructifera in rupium prœruptis erumpens, odoriferum lilium in solitudine germinans, florens ac spargens viviiieum suavitatis odorom, etc. :

* Juslus germinabit sicut lilium.

|t Et erumpet radix ejus ut I.ibani. »

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