AA. SS. Jun., 1. 1, p
BRANCHE D'ARBRE
BROCHE
ti plier pour les chrétiens dans la persécution, elle pria Dieu de lui accorder la mort, et l'obtint. Cf. Lampe.
Saihte Bibiane, vierge et martyre; 2 décembre, 363. On la rencontre assez fréquemment tenant en main une branche d'arbre garnie de plusieurs rameaux. Comme elle fut condamnée à être fouettée, on aura peut-être voulu rappeler par là une verge (si ce n'est toutefois une petite palme). Mais son histoire dit qu'elle fut battue avec des plombeaux (plumbatx), puis égorgée d'un coup de poignard. Or il n'est pas facile de déterminer sûrement ce qu'étaient les plombeaux. Faut-il y voir des baguettes armées d'une lame de plomb roulée autour de jeurs extrémités, pour donner au coup plus de pesanteur? ou bien était-ce des balles de plomb assujetties au bout (Je janières (à la façon du laço américain), de chaînes peut-être, en sorte qu'elles fissent pleuvoir les contusions comme par grappe? Les artistes du xvi« siècle ont plutôt choisi les deux dernières formes ; mais diverses fois ils ont supposé la balle de plomb fort lourde et logée dans une espèce de longue poche qui prend la forme de quelque chose comme une grosse larme.
Sainte Brigitte d'Irlande (Cf. Autel, p. 102). Il n'est pas absolument clair qu'elle ait formé ou présidé une communauté assujettie à des règles bien précises ; mais comme elle passa dans la Grande-Bretagne et en Belgique pour fondatrice et abbesse de chanoinesses régulières, cela lui a souvent fait mettre à la main une crosse. Pour le cas présent, il s'agit surtout des monuments où elle tient soit un rameau d'arbre (de chêne, ce semble), soit une tige de lis. Son historien rapporte ' que quand elle prit le voile, le marchepied de l'autel qu'elle touchait pour vouer à Dieu sa virginité, reverdit et poussa même un rejeton. Peut-être que, comme elle était enfant illégitime, la réputation de sa mère avait fait élever quelques soupçons sur l'intégrité de la fille. Quoi qu'il en soit, ce récit s'est traduit çà et là en un arbre sec dont la branche touchée par la sainte se couvre de fleurs.
Sajnte Ouve vierge et martyre, patronne de Palerme ; 10 juin, v. le ix« siècle. Sa légende, qui n'a pas des caractères d'autorité bien recommandables, explique assez peu pourquoi on lui donne un rameau d'olivier. Mise à mort pour la foi dans le pays de Tunis, ce semble, elle aura été gratifiée de cet attribut en manière de palme à cause de son martyre, et à la façon d'armes parlantes qui rappelaient son nom.
Sainte Liduvine (Lydwine), vierge (Cf. Ange, p. hk). Elle reçoit de son ange gardien un rameau fleuri, comme gage des consolations que lui réservait Notre-Seigneur après de longues souffrances endurées ici-bas. Des graveurs ont changé cela en instruments de la Passion, à cause de sa grande dévotion aux souffrances de Jésus-Christ.
BBAS.
Saint Quirin tribun militaire, dit -on, et martyr; 30 mars, v. 122. On lui coupa les bras, puis la langue et les jambes avant de le décapiter ; et ses restes furent jetés à la voirie.
Saint Nicolas de Tolentino (Cf. Ange, p. 60). Ses deux bras détachés du corps, quarante ans après la mort du saint, ne peuvent être emportés; et une grande quantité de sang coule du cadavre pendant la résection, comme s'il eût été vivant. Le même miracle se répéta plusieurs fois dans la suite pour ces bras séparés du corps *, et des gouttes de ce sang transportées en divers lieux opérèrent quantité de prodiges.
Saint François-Xavier (Cf. Banderole, p. 113). Son bras droit a souvent été représenté, comme étant l'unique partie de son corps dont on possède des reliques en Europe. 11 fut détaché à Goa, en 16U; et encore, la partie supérieure fut-elle seule apportée en Occident. Mais comme des fragments en avaient été détachés à Borne, qui furent l'instrument de nombreux miracles, on les a plusieurs fois enfermés dans des reliquaires en forme de bras pour indiquer d'où ils venaient.
Sainte Alêne vierge et martyre, à Forêt près de Bruxelles ; 17 juin, vu* siècle. On la représente un bras arraché; et près d'elle ou sur sa tête, une couronne. Elle était, dit-on, fille d'un prince païen qui habitait à Dielbeck. Celui-ci furieux de ce qu'elle se rendait souvent la nuit à Forêt pour assister à l'office divin, chargea des serviteurs de l'en empêcher. Comme on voulait l'entraîner malgré elle, un de ses bras resta entre les mains de ces hommes qui la tiraient avec violence '.
BBAS1EB. Cf. Bûcher, Feu, Four.
BBEB1S. Cf. Berger, Agneau.
BBOC. Cf. Cruche.
BBOCHE.
Pour ne pas occasionner d'équivoque , nous ne considérerons comme broche proprement dite qu'une longue tige de fer pointue à l'une de ses extrémités et repliée près de l'autre à angle droit, en manière de baïonnette énorme.
Saint Quentin, apôtre du Vermandois; 31 octobre, 287. Il passe pour avoir été un noble romain ; à ce titre , le moyen âge lui a souvent donné le. costume civil ou militaire d'un gentilhomme. Mais comme il avait annoncé l'Évangile, et que rien ne montrait cependant qu'il eût été prêtre, des artistes ont imaginé de le représenter vêtu en diacre. Quant à son genre de martyre, il
1. Surlu», 1 fobnur., n° 3. — Baron., Not. ad Martyrolog. roman., h. d.
î. AA. SS. Septêtnbr., t. III, p. «77, 678, etc. 3. AA. SS. Jun., t. III, p. 380, sq.
BROCHE
BUCHER
n'est pas bien connu, en sorte qu'on l'a peint de plusieurs manières '. Quoi qu'il en soit, on le rencontre tenant une broche; et dans un vitrail dont je dois la connaissance à M. Jules Labarte, le saint porte en outre sur 8a main un cœur marqué d'une croix en sautoir. Ce que l'on a de plus certain au sujet des tortures qu'il endura, c'est qu'il était tombé au pouvoir du gouverneur Riccius Varus, un des plus enragés persécuteurs du christianisme. On dit aussi qu'entre autres supplices, saint Quentin eut le corps traversé par des tiges de fer (broches, ou peutêtre lances) qui le perçaient diagonalement d'une épaule à la hanche opposée *. Cela étant, on a pu supposer que le cœur, à cause de son inclinaison vers la droite dans la partie supérieure , aurait été rencontré par les deux broches et marqué intérieurement par elles d'une croix de Saint-André.
Tout cela, du reste, n'étant pas absolument historique, il ne faudra pas s'étonner si l'on rencontre les tortures de saint Quentin présentées d'une tout autre manière. Cf. Clwise de torture.
Saint Bénigne de Dijon (Cf. Bâton, p. 128). Ce que l'on rapporte de son martyre ressemble beaucoup au récit exposé par la prose de saint Quentin. 11 ne serait donc pas surprenant que la broche eût été donnée à celui-ci par les artistes comme au précédent. Mais désirant ne pas me porter pour témoin quand je n'ai ni vu ni entendu, je ne puis parler que de lances au sujet de celui-ci.
BUCHER OU FOUBNAISE.
Les TROIS JEUNES HÉBREUX
de Babylone (Cf. Bonnet phrygien, p. Hl). Dans plusieurs monuments primitifs de l'art chrétien, on les voit livrés au feu d'une espèce de fourneau où plonge la partie inférieure de leurs corps, comme l'indique le fragment de bas-relief cijoint.
Mais le moyen âge avancé, qui ne s'occupait plus guère des costumes orientaux ni d'art antique, les a représentés fort habilement dans un encensoir que voici, où la fumée devait envelopper les figures des trois saints
i. Cf. A. Forgeai», Plombs historiés (Pèlerinages), p. 194-190. 2. Missel d'Amiens (15Î9), prose de cette fête (Per unius casum...):
t Propter Christi jugam lene Premunt compes «t catenœ Carcerali clausum cella; Sed triomphât bonus beno i ' i versum genus peenœ :
lorsque l'encens était mis sur le feu dans le vase percé à jour. D'où il résultait à la fois et une pieuse commémoraison et un morceau d'orfèvrerie aussi ingénieux qu'édifiant. Pour que l'on s'y trompât encore moins, on a inscrit les noms des trois jeunes hébreux sur les arcs, et découpé des espèces de salamandres fantastiques dans la panse de l'encensoir.
Saint Polycarpe, évêque de Smyrne; 26 janvier, v. 167. Lié à un poteau au milieu d'un bûcher. On raconte que les flammes se recourbèrent autour de lui comme pour l'épargner, ce qui fit que le gouverneur donna ordre de lui percer le cœur.
Saint Janvier, évêque de Bénévent; 19 octobre, 305. Il fut jeté dans une fournaise; mais, comme saint Denis de Paris, il n'y trouva pas la mort. De là vient que, pour l'un comme pour l'autre, cette circonstance de leur histoire n'est pas la plus fréquemment représentée. La décollation ayant mis un terme à leur martyre, c'est le dernier supplice qui s'est fixé dans la mémoire du peuple et a préoccupé les artistes.
Saint Éleuthère de Rome, évêque en Dalmatie; 18 avril, v. 130. Il avait été aussi jeté dans une fournaise où la
Famem , frigus ot flagella.
Intcr ungues lapsu gravi Defiguntur decom clavi Cuspide quadrangulari ; Sudes ferri sumit dorsi.m Descendantes in deors:.m Ab utraque scapula. Etc. •