CADAVRE ET MORT RESSUSCITÉ
Quelques unes des scènes qui vont être rappelées pourraient absolument figurer sous le titre Sépulcre ou Tombeau. Mais il est des échanges presque inévitables entre certains articles, parce que la première appréciation d'un fait dépend beaucoup de la façon dont il est présenté par l'artiste. De même encore un cadavre ne sera pas toujours bien reconnaissable lorsque la représentation a choisi le moment où la vie vient de lui être rendue. Il faut donc s'attendre à la possibilité de plus d'une erreur que nous n'aurons pas su éviter.
Disons en outre qu'il ne faut pas compter voir énumérés ici tous les saints qui ont ressuscité des morts. Le grand saint Martin à lui seul en avait très-authentiquement rappelé trois à la vie*, et d'autres T'ont bien dépassé en cela. Nous ne devons mentionner en ce genre que les saints qui sont particulièrement reconnaissablés à ce titre, parce que l'art populaire les caractérise volontiers ainsi. Le Poussin a eu beau peindre la résurrection d'un mort accordée aux mérites de saint François-Xavier, ce n'est pas ainsi communément que l'apôtre des Indes et du Japon s'offre au souvenir de ceux mêmes qui l'honorent le plus. Pour être l'un des faits de sa biographie, ce n'est pas un de ses traits dominants; non plus que la vie rendue à Tabithe ' n'est le trait accoutumé qui fera reconnaître saint Pierre tout d'abord si quelque accessoire n'y aide. De même pour la résurrection de Drusiane à Éphèse par saint Jean V Êvangtliste *, si on détache ce fait du reste de la légende.
Le vieux Tobie a été peint parfois portant les corps de ses malheureux compatriotes et leur donnant la sépulture. C'était non-seulement un fait historique, mais une recommandation de cette bonne œuvre » qui n'est pas expressément comprise parmi celles dont Notre-Seigneur dit qu'il tiendra compte pour l'éternité •.
Saint Lazare de Béthanie. Appelé du tombeau par Notre-Seigneur. Les représentations de ce fait évangélique ayant conservé longtemps une trace de l'art des catacombes, j'emprunte à dessein le petit tableau suivant à des émaux byzantins que j'ai trouvés dans une église de Belgique (1863), où personne ne les jugeait dignes de la moindre attention. Je prends donc très-volontiers sur moi la faute (s'il y a lieu) d'avoir signalé ce monu-
Et per urentui nimium rotandum
Mordicus herba*.
Sic cnlem tolu» Incer, ot eninre
Momhru perhiius narra virginah,
Diluil qui lijuid Venus inquinnrat
(Juibua hauata, etc., etc. t