CALEMBOUR OU JEU DE MOTS
Il ne faudrait pas connaître le moyen âge, celui de France surtout, pour s'étonner de voir les jeux de mots occuper quelque place dans la dévotion aux saints. Les armoiries parlantes et les devises même * montrent assez que le calembour et le rébus étaient jadis fort cultivés déjà, comme l'indiquent encore les vieilles enseignes qui ont survécu à la jovialité d'autrefois. Ainsi l'abbaye de Corbie avait un corbeau dans son blason, et je ne crois pas que ce fût celui de saint Benoît; la ville de Cabasse (en Provence) avait une calebasse, Pontigny avait un
1. AA. SS. Jul., t. V, p. 400, 402... Sanctus Liborius calculo laborantium patronus.
3. Cf. Sancha, Romancero y cancionero sagrados, a. 702 (p. 291). C'est, avec quelque peu d'exagération, ce que raconte saint Jérôme luimême écrivant à Eustochium (Epist. 18)... « Memini meclamantem, diem crebro junxisse cum nocte ; nec prius a pectoris cessasse verberibus quam rediret, Domino increpante, tranquillitas. »
Tirso de Molina(E( Burladorde Sevilla, Art. i, escena14) compte assez sur ses spectateurs pour n'indiquer le saint que par cette simple caractéristique désignée en quelques mots : ■ Belen, convento del unto
Conocidn por la piedra, Y por ol loon de guarda. »
3. Do là ces vers cités par Guillot, dont jo ne garantis point le style
médical :
« Rcgia campants celebrata es Syria terris,
Cujui quisque piam percipit aeger opem.
Linquit arenosos, per te, gravis hernia renés ;
San.iiur mentis fractio quœque luis. •
4. AA. SS. Maii, t. V, p. 388-301 ; April., t. 11, p. 191, sq.
5. On peut en voir un bon nombre dans l'opuscule du général Radowitz sur ce sujet (Oie Devisen und Stotlo, etc. ).