CALEMBOUR. — CALENDRIER
pont, etc., etc. Les patronages des métiers surtout et le recoure à divers saints pour certaines maladies, etc., avaient parfois pour unique fondement des équivoques plus ou moins spirituelles. Saint Cerboney (10 octobre), par exemple, marquait à la cathédrale de Paris l'époque où l'on serre les bonnets (birrette) pour prendre l'habit de chœur d'hiver avec le capuchon. La conversion de saint Paul (25 janvier) était la fête patronale des cordiers, soit parce qu'ils marchent à reculons, soit parce qu'ils opèrent continuellement la torsion (conversion) du chanvre. Saint Gengou était invoqué contre les maux de genoux; saint Fort, contre les maladies de langueur; saint Lié, pour les enfants noués; saint Clair, ou môme sainte Claire et sainte Luce, contre les maladies des yeux (pour voir clair) ; sainte Tanche, contre les hémorragies (pour étancher le sang); saint Vincent, diacre, pour la vigne (afin d'obtenir du vin) ; saint Vât, pour les enfants qui tardent à marcher, etc., etc. Cf. S. Winfrid, p. 163. Or ces différents patronages entraînaient fréquemment dans la représentation du saint quelques signes commémoratifs de la maladie ou du métier qui se réclamait de son suffrage. On trouvera saint Vincent avec la serpette du vigneron, sainte Barbe avec les instruments ou les produits de l'industrie des brossiers, vergettiers, etc. (parce qu'ils mettent le poil en œuvre). Quelque attribut des cloutiers accompagnera saint Cloud; près de saint Paul, on pourra rencontrer une sorte de tube coudé en manière de baïonnette , qui est l'outil principal pour la torsion des cordes. Toutes ces curiosités et bien d'autres encore se voient principalement dans les peintures ou gravures exécutées pour les corporations, et c'est déjà une classe.de représentations fort nombreuses. Il n'était donc pas inutile de signaler au moins cette sorte de renseignement. Nous en rappellerons du reste plus d'un à l'occasion des saints qu'ils concernent.
CALENDRIERS
L'année ecclésiastique étant la base de tout almanach populaire en pays chrétien, mais très-particulièrement pour des catholiques (comme l'était toute la chrétienté jadis), la plupart des gens ont toujours eu grande affaire de prévoir le retour des fêtes qui formaient les points de repère pour une foule de devoirs et d'intérêts non-seulement religieux, mais civils. Quantité de proverbes témoignent comme quoi le nom des saints était devenu le moyen mnémotechnique de la météorologie quelconque et de l'astronomie approximative du vieux temps, pour diriger l'économie populaire. Quant à ceux qui exprimaient les principales variations du jour et de la nuit, on doit se souvenir qu'ils ont été mis un peu en défaut par la réforme grégorienne qui retrancha dix jours à