CAPTIFS
dispositions étant surtout pour ceux qui ont le loisir de recevoir les derniers sacrements, c'est là ce qu'on demande par son entremise. En conséquence, on l'a représentée comme si elle apportait, ou garantissait le saint viatique à ceux qui l'implorent. La formule chrétienne encore usitée aujourd'hui quand on annonce la mort d'un fidèle : u II est mort muni des sacrements de l'église, » indique que la plus solide consolation pour les amis du défunt, est de savoir qu'il a pu mettre ordre aux affaires de sa conscience avec le secours des moyens établis par Notre-Seigneur. Or, d'après la légende, la sainte, au moment de son dernier supplice, avait précisément demandé à Dieu cette faveur pour ceux qui se recommanderaient à elle; et une voix céleste lui avait garanti l'effet de sa prière. Des promesses plus ou moins semblables se lisent dans la légende de plusieurs saints; mais ici nous avons en outre un fait qui a dû frapper particulièrement les esprits. On raconte que le père de la sainte, furieux de ce qu'elle avait abandonné le paganisme, voulut être lui-même son bourreau ; et comme il venait de lui trancher la tête, il périt d'un coup de foudre. Il est plus aisé, après ces détails, de comprendre pourquoi sainte Barbe a été choisie comme patronne par les professions qui exposent à une mort subite : comme les artilleurs, les paumiers, et dans certains endroits, les forgerons , etc.
CAPTIFS, PRISONNIERS, etc. (O, Chaînes).
Saint Pierre apôtre, délivré de sa prison par un ange, est chose tellement connue (Act. xu, 1-11) qu'il suffit de la rappeler sans plus de détails.
Saint Épiphane , évêque de Pavie ; 21 janvier, 496. Cet homme de Dieu, outre les aumônes sans nombre qu'il répandit parmi ses ouailles, est surtout célèbre pour sa merveilleuse intervention en faveur des prisonniers de guerre. Sa douce éloquence, avec ses libéralités, délivra plusieurs milliers de ces pauvres gens amenés en France par les Burgondes à leur retour d'Italie.
Saint Germain, évêque de Paris; 28 mai, 576. Des chaînes à la main, parce que, ne pouvant obtenir du comte d' A vallon la grâce des prisonniers, il recourut à Dieu pour que leurs chaînes se brisassent. Son cercueil ne put être porté que par des captifs qui avaient imploré le secours du Ciel sur le passage du corps saint1.
Saint Claude, évêque, puis abbé (Cf. Cadavre, p. 154). Près de lui des prisonniers dont les chaînes se brisent.
Jam effectuai impetra :
Ut det pacem et salutem,
Finem bonum, et œteroam
Vitam nobis cœlitus. ■
Cf. Leyenda aur., cap. ccu. De là ce distique :
< Antiphrasis mirandal vocant te Barbara, quando /ï-^'ris vitalem porrigis ipsa cibuni. » \. Venant. Fortunat., Opp., t. II, p. 37, 50, 53. — Calendar. benedict., 28 mai.