Les moines d'Occident, t. II, p
7. La prose du pays (Lmto jocundtlur ore), où je puiserai d'autres renseignements, dit de la sainto devenuo veuve :
• Fugienti sue: >ervm Chriitus per conductum certes Amnu monstrat transitum. • Mais dans Andenne même on ne m'a rien fait voir qui montrât l'adoption de cette circonstance par les artistes belges.
Quant au fait d'un gué montré par une biche, nous l'avons dans les traditions du Poitou pour Clovis marchant contre les Goths, er traversant la Vienne sur une indication semblable.
CERF, BIGHE, DAIM.
Saints Ida (Ideburga, Idda, /(/ta, Juditha), de la maison de Kirchberg en Souabe, mariée à Henri comte de Toggenbourg ; 5 novembre, v. 1179 (?). Un cerf dont tous les
cors sont lumineux à leurs extrémités comme un flambeau, la guide durant la nuit; en sorte qu'on peint quçl-
1. Mittheilungen d. Antiquarisih. Gesselschaft in Zurich, t. VIII, p. 23,.svv. — Theod. Scherer, Heiden und Heldinnen des christiichen Glaubens. . ou* dem Schweizerland, p. 192-195. — Henri Murer, Helvetia sancla, p. 290-298. — Etc.
Je ne voudrais pas déprécier la sainte que j'ai à mettre en lumière; mais comment oublier que Benoit de Sainte-More, un trouvère français ( dans son roman d'Ënéas), décrit à peu près le cerf favori de Silvia tel que les légendaires nous peignent celui de sainte Ida ! l. 081
quefois la sainte lisant son livre d'heures à l'aide de cette lumière prodigieuse.
Comme elle avait laissé ses bijoux à découvert, il arriva qu'un corbeau ou une pie s'empara de l'anneau nuptial et le déposa dans son nid; un chasseur du comte l'ayant trouvé, le mit à son doigt. Le mari apprit bientôt que sa femme devait l'avoir indignement outragé, e.t cette bague portée par un yalet semblait appuyer l'accusation. Le comte, dans un emportement aveugle, fit traîner le chasseur par un cheval fougueux qui le mit en pièces; puis, courant à l'appartement de sa femme, il la précipita par la fenêtre du château qui était bâti sur une hauteur. Le Ciel permit qu'à travers les ronces et les halliers, la pauvre comtesse tombât dans la vallée avec la vie sauve. Elle voua alors à Dieu ce reste de jours qu'un miracle lui conservait, et s'enfonça dans les bois pour y chercher une retraite où elle vécût loin des souvenirs du monde. El.le avait passé dix-sept ans en cet état lorsque les piqueurs du comte découvrirent sa retraite. La nouvelle en fut portée au château ; et le comte, d'abord incrédule, voulut s'y rendre lui-même. La sainte le pria de lui laisser désormais Jésus-Christ seul pour époux, et n'accepta qu'une cellule qu'on lui fit bâtir. Elle y passa une partie de ses derniers jours, puis se retira dans l'abbaye de Fischingen, où son corps fut enterré1. Le cerf aux rameaux lumineux l'accompagnait, dit-on, de sa première cellule à l'église, quand elle s'y rendait pour l'office delà nuit. Quelques écrivains prétendent que l'histoire de sainte Ida de Toggenbourg s'est mêlée à celle d'une autre Ida (d'Eckelborn), et que le cerf appartient à la dernière. Cf. Corbeau.
Sainte Catherine de Suède, vierge et abbesse, fille de sainte Brigitte; 24 mars, 1381. Un cerf à ses côtés. Elle avait recommandé à saint Sébastien le soin de sa virginité. Or il arriva qu'étant à Rome, elle voulait se rendre à l'église de ce saint hors des murs de la ville pour y gagner les indulgences. Un gentilhomme s'était mis en embuscade dans les vignes, avec plusieurs serviteurs, pour s'emparer de la jeune Suédoise à son passage. Un cerf parut alors, qui détourna leur attention , et ils se mirent à sa poursuite. La sainte continua donc son chemin sans être arrêtée par ces insolents, et sainte Brigitte connut par révélation le danger auquel sa fille avait été soustraite. A quelque temps de là, le même seigneur voulant encore tendre des embûches à sainte Catherine, fut frappé d'aveuglement2. A la vérité, cette dévotion de sainte Brigitte et de sa fille pour les pèleri-
«t Tant estli cers de bonc orme, Que ta nuit servent al mangier :
Si art en liu de candelier Devant le père à la pucèle, Merveille estoit li leste bêle; Quand un grans chierges li ardoit Sur cascun rain que il avoit. Etc. »