CHAINES ET PRISON
Plusieurs noms que l'on pourrait chercher sous ce titre ont déjà trouvé place à l'article Captifs. Cette fois il s'agit moins des saints qui ont délivré les prisonniers, que de ceux qui l'ont été eux-mêmes. Cependant comme les fers sont souvent le symbole de la captivité, sans que l'on représente la libération, quelque double emploi ne sera pas de trop-, et l'on peut s'attendre à rencontrer ici plus d'un patron des captifs, quand l'usage de lui donner des chaînes a été adopté par les artistes.
S»urr Jean Ier, pape et martyr; 27 mai. 652. En prison où il mourut. Théodoric l'y fit jeter au retour d'une ambassade à Constantinople que ce roi lui avait imposée, afin d'obtenir que l'empereur Justin rendît aux ariens les églises qui venaient de leur être enlevées. Le saint pape se garda bien de pousser une tejle commission avec ardeur, et le roi goth s'en vengea sur lui en le faisant jeter dans les fers.
Saint Martin Ier, pape et martyr; 12 novembre, 654. Emprisonné par l'empereur Constant qui voulait lui faire approuver le monothéljsme, et puis relégué dans la Chersonèse où il mourut de misère.
Saint Paulin, évêque de Nole; 22 juin, 631. Vivant dans l'esclavage auquel il s'était livré pour racheter le fils d'une veuve saisi par les Vandales *. Cet acte de générosité, aussi bien que sa captivité en Afrique, l'a fait honorer par l'ordre des Trinitaires.
Saint Wilubrord, évêque d'LHrecht (Cf. Baptême, p. HO). A son tombeau se renouvelait fréquemment la délivrance de ceux qui s'y rendaient par expiation, chargés de chaînes, de cercles de fer, etc. ; et ces liens demeuraient suspendus dans l'église en mémoire du prodige. Alcuin témoigne les avoir vus de ses yeux *.
Saint Ecwin, évêque de Worcester. Cf. Poisson.
Saint Brice, évêque en Ombrie; 9 juillet, v. 31/i. Délivré de la prison par un ange qui lui apparaît avec saint Pierre. On a même prétendu que saint Pierre l'avait ordonné évêque5.
Saint Amand, évêque de Maestricht; 6 février, 675. Des
fers de prisonniers dans sa main, à cause du grand nombre de captifs qui lui durent leur délivrance. Saint Grégoire, évêque de Langres; h janvier, 541.
Saint Léonard l'Ancien, p. 191.
Même attribut que le précédent, parce que les captifs si' trouvèrent délivrés miraculeusement de leurs chaînes lorsque son corps passa devant les portes de leur prison4.
Saint Aimé ou Amé, évcque de Sion en Valais, après
t. Cf. Greg. M., Dialog., III, i. — D'Achery, Spiciltg., t. VIII, p. 130. — Brevtar. roman., î"2 jun.
S. Cf Hcnssen, ffatavia sacra, t. I, p. 40. J'ai déjà parle* de quelque» pèlerinages où l'on allait chercher une pareille délivrance (Cf. Captifi, p. 177). Cette coutume semble être d'origine celtique.
On la retrouve dan» tel Orcades pour le tombeau de saint Magnu*. Cf. AA. SS. Avril., t. H, p. 4M).
3. D. Pet, Thésaurus antcdol., t. II, part. III, p. 128. — P. de Natal., lib. V, c. iaïiv.
♦. P. de Natal., lib. \I, c. *lv.