CHAISE DE TORTURE
Ce nom me servira à désigner un appareil de supplice qui aura varié souvent, mais dont le nom peut grouper diverses espèces de martyres qui ont du moins quelque similitude d'aspect.
Saint Quentin (Cf. Broche, p. Iù8; etc.). La ville qui porte le nom de ce saint n'a pas conservé, dans les représentations modernes , la forme que je donne ici à son martyre. Mais j'ai suivi l'indication fournie par plusieurs sceaux du moyen âge, qui adoptent plus ou moins cette horrible forme de fauteuil comme ayant appartenu au mobilier des anciens bourreaux. Dans une petite statuette en bois que j'ai eu occasion de voir chez M. A. Forgeais, les bras du saint étaient posés comme sur un fauteuil ordinaire; mais les poignets y étaient introduits chacun dans une espèce de grand anneau, où un énorme clou les fixait sur la chaise. Il va donc sans dire qu'on pourra trouver certaines variations dans l'appareil de supplice que je signale ; mais je réponds de la donnée générale, sinon pour l'époque de saint Quentin, du moins pour l'idée que nos aïeux s'en étaient formée çà et là. Cf. Clou.
Saint Attale, martyr à Lyon; 2 juin, 178. Il est un des compagnons de saint Pothin, de sainte Blandine, etc. ; et après avoir été livré aux bêtes qui le respectèrent, il fut brûlé sur des charbons dans une chaise de fer *.
1. Heussen, Batavia sacra, 1. 1, p. 34. En citant parfois cet auteur, je n'ai pas l'intention de le préconiser. Ses recherches sur la province ecclésiastique d'Utrecht portent sans cesse l'empreinte de l'esprit schismatique, développé dans ces contrées par le jansénisme.