CHAMEAU
Les trois hois Mages (Gaspab, Melchioh et Balthasar) sont souvent représentés avec un train de chameaux, et en cavalcade; pour rappeler, soit les contrées orientales d'où ils venaient afin d'adorer l'enfant Jésus, soit la prophétie d'Isaïe (lx, 1-8) qui annonce la gloire de l'Église, et qui se lit chaque année à la messe de l'Epiphanie. Cf. Bonnet phrygien, p. 141, sv. ; Étoile, etc.
Saint Aphrodise évoque, apôtre de Béziers; 22 mars, époque inconnue. Monté sur un chameau , ou bien un chameau près de lui ; sans doute pour exprimer qu'il venait d'Afrique. Sa légende le faisait gouverneur d'Egypte, à l'époque où l'enfant Jésus s'y réfugia. On voulait qu'il eût été converti dès lors par la chute des idoles qui aurait signalé l'arrivée de la sainte famille dans son exil. La ressemblance des mots biterrensis et biluricensis l'a fait ranger par de vieux auteurs italiens au nombre des évêques de Bourges *. Mais les Berrichons ne se réclament que de saint Ursin. Quant aux Biterrois, ils conservèrent jusqu'au xvnie siècle l'usage de promener un grand chameau artificiel le jour de l'Ascension, en mémoire du saint homme qui élait venu de si loin pour leur prêcher la foi *. Le choix de cette grande solemnitépour rappeler l'apôtre de Béziers, semble venu de ce que saint Aphrodise, passant pours'étre attaché de bonne heure à Notre-Seigneur Jésus-Christ, devait l'avoir vu s'élever dans les deux*.
Saint Julien d'Alexandrie, martyr; 27 février, sous Dèce. Promené sur un chameau et battu de verges jusqu'à la mort, avec Eunus l'un de ses esclaves. Tourmenté parla goutte, il s'était fait porter devant le juge par deux serviteurs. L'un de ceux-ci abjura le christianisme, et l'autre partagea le martyre de son maître*.
Saint Hormisdas (//orw isdates), martyr; 8 août, v. 420, conduisant des chameaux. 11 était d'une des plus illustres familles de Perse, et le roi Varane s (ou Vararane V ) le dépouilla de toutes ses dignités et de ses richesses pour n'avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. Presque nu et môle aux plus vils esclaves, il avait été fait valet de chameaux. Le roi l'ayant rencontré et le voyant devenu presque méconnaissable par l'ardeur du soleil et les privations, lui fit porter un vêtement en manière de réconciliation ou de faveur, à la façon des princes d'Orient. Hormisdas, déchirant ces habits, déclara qu'il n'y avait point là de quoi lui faire abandonner Dieu. Le roi irrité, lui fit donner la mort.