CHANDELIER, CIERGE, FLA.MREAU
dans l'art. J'en citerai néanmoins quelques exemples rencontrés çà et là, sans les garantir comme modèle à suivre. Saint Blaise (Cf. Carde, p. 178). On lui met à la main,
tantôt deux cierges croisés en sautoir, tantôt une bougie roulée comme dans le dessin que voici où l'on a suivi une peinture d'Aix-la-Chapelle.
J'ai eu l'occasion1, au sujet des cierges dont les
offrandes étaient si fréquentes durant le moyen âge, de faire voir que ce devait être souvent ce que nous appelons une bougie filée (ou, en termes populaires, un rai de cave). Cette conjecture s'est trouvée bien vérifiée par une quantité de petits monuments qu'a mis au jour M. A. Forgeais dans ses enseignes de pèlerinages*. Mais, pour en revenir à saint Biaise, voici ce qui le regarde : Comme les soldats l'entraînaient au tribunal du gouverneur païen, une femme lui présenta son enfant qu'étranglait une arête de poisson ; le saint bénit le petit malade, et ne se contenta pas de le guérir, dit-on. Il déclara que tous ceux qui invoqueraient son assistance, recouvreraient la santé. On ajoute même qu'une pauvre femme, secourue par lui, étant venue lui apporter dans sa prison de la nourriture et de la lumière, le saint lui aurait dit, en la remerciant : <c Offrez tous les ans un cierge à l'église en mémoire de moi, et vous vous en trouverez bien, comme tous ceux qui vous imiteront'. »
Quoi qu'il en soit, saint Biaise est invoqué surtout contre les maux de gorge, et comme sa fête se célèbre le lendemain de la Chandeleur (Purification de la sainte Vierge), il est d'usage en beaucoup d'endroits de bénir ceux qui veulent se recommander à saint Biaise ; ce qui se fait de la manière suivante : le prêtre, tenant deux cierges bénits la veille, les approche du cou de celui qui se présente. La formule qu'il prononce est : « Par les prières et les mérites de saint Biaise, que Dieu te délivre de tous maux de gorge. » Je soupçonne que l'histoire d'un pourceau, mêlée à la légende du saint, y aura été introduite parce que l'on invoquait saint Biaise contre l'esquinancie, qui est souvent fatale aux bêtes porcines.
Saint Donatien, septième évèque de lleims; U octobre, 389. On le représente tenant horizontalement une roue qui porte des cierges dressés sur les jantes. Cf. p. 196.
Les faits que l'on raconte de sa vie ne reposent pas sur des témoignages bien sérieux; mais enfin voici celui qui a donné lieu à l'ancienne peinture que j'ai fait copier d'après l'original de Bruges. Étant encore enfant, il fut poussé du haut d'un pont, par un méchant serviteur qui l'abandonna dans l'eau. Un saint homme, touché de la douleur de ses parents, voulut leur rendre ce fils qu'ils pleuraient. 11 fit donc mettre sur la rivière une roue qui portait cinq cierges allumés. Cet étrange moyen de sauvetage suivit le cours de l'eau jusqu'à un endroit où il demeura tout à coup immobile; là, des plongeurs trouvèrent l'enfant qui vivait encore4. Les