Menolog. grœc, t. I, p. 22 (S. Soion
7. BoJtonal., IV, 16 : .. Milite» Umcm «tare consueverunt quando epistole Pauli leguntur, in honorem cjus, quia miles fuit ; unde in lignum mililie sue depingitur cum ense in manu. »
CHEVAL, CAVALIER
Saint-Jacques le Majeur (Cf. Armée, p. 69). On sait que les Espagnols aiment à peindre leur grand patron monté sur un cheval de bataille, en mémoire surtout des combats de Las Navas et de Clavijo, ou de la prise de Coïmbre '. Généralement c'est sur un cheval blanc qu'ils se plaisent à le représenter, comme l'expriment les vers que je viens de citer en dernier lieu dans la note.
Saint Mabc évangéuste (25 avril, v. 63), traîné à terre par un cheval fougueux. C'est à peu près ce que l'on raconte de son martyre, quoique les légendes semblent supposer que c'était le peuple furieux qui le tirait ainsi par les rues d'Alexandrie *.
Rappelons à ce propos ce qui aurait dû peut-être se dire sous le titre Apparitions de Notre-Seigneur, mais j'en ai du moins parlé à l'article Banderole (p. 111 ). La populace forcenée des idolâtres s'apprêtait à mettre en pièces le saint évangéliste, lorsque Jésus-Christ le visita disant : « Pax tibi, Marce, evangelista meus. » Les Vénitiens surtout ont reproduit volontiers ces paroles, parce qu'ils aimaient à y voir la sécurité de leur république, qui fut en effet glorieuse et prospère très-longtemps. Seulement saint Marc ne leur avait jamais conféré le droit de braver saint Pierre. Au fait le pavillon de Venise s'abaissa constamment depuis les scandaleuses insultes prodiguées au Saint-Siège par la reine de l'Adriatique , sous les suggestions de Fra Paolo.
Saint Quimn, êvêque (Cf. Meule). Quelquefois un cheval près de lui indique qu'il avait été traîné sur le sol ; mais habituellement on ne le représente que dans son dernier supplice qui fut la submersion.
Saint Martin, évêque pe Tours. (Cf. Armes, Armure, p. 72; Aumône, p, 92). La célébrité de son aumône au pauvre d'Amiens, lorsque le saint n'était encore que catéchumène, a introduit l'usage de prendre ce fait comme caractéristique ordinaire du célèbre évêque. Dans cette circonstance, on a tout droit de le peindre en cavalier, parce qu'il servait alors dans les troupes à cheval, comme fils d'un officier vétéran. Si l'on veut même se
piquer d'une grande exactitude en fait de costume, on est fort autorisé à lui donner un manteau blanc '.
Saint Éloi (Cf. Citasse, p. 20Z|). 11 y a bien dans sa vie écrite par saint Ouen, un fait qui pourrait absolument expliquer pourquoi on l'invoque comme patron des chevaux. Mais il est plus simple, peutêtre, de dire qu'ayant travaillé A 0 an au marteau (comme orfèvre et monriayeurde l'ancien temps), il s'est trouvé assez naturellement réclamé par la plupart des métallurgistes. Avec les forgerons et les maréchaux ferrants * sont venus les vétérinaires, puis les palefreniers, charretiers, etc.
Voilà une petite scène que le P. Arthur Martin avait déjà publiée d'après un vitrail allemand, et qu'a reproduite M. Forgeais : le saint y figure comme maréchal, selon la prétention fort gratuite des forgerons, et cependant la chape dont on l'a revêtu indique (pour prendre tout au mieux) qu'il devint ensuite évêque. La singulière histoire qu'on y a voulu peindre a longtemps été populaire, surtout en Allemagne ; et je ne l'ai pas expliquée dans les Vitraux de Bourges, parce qu'elle appartenait à une église étrangère. Mais M. Forgeais l'a imprimée depuis, et l'on peut dire qu'elle se rencontre à peu près partout 5 avec de légères variantes.
Indiquons, du moins, le trait rapporté par saint Ouen (lib. II, cap. xliv; ap. d'Achery, Spicileg., t. V, p. 277). Un cheval du saint dépérit et devint furieux entre les mains de ceux qui l'avaient dérobé au monastère où saint Éloi s'en était servi; après quoi, rendu à l'abbaye, il redevint sain et doux comme auparavant. Des faits semblables étaient bien propres à mettre en crédit le saint évêque de Noyon auprès de ceux qu'intéressait la santé des chevaux. De là vint que les fermiers et les vétérinaires avaient recours à son intercession.
1. Romancero sagrado, 310. J'en ai déjà dit quelque chose précédemment (p. 69, sv.):
« Dios te dé ventura, Espafia, Sobre Us aguas del mar ; Dios te dé pecho invencible Y esfuerio en el batallar !
Détd capitanes viejos Que te sepan amparar ; Déte a tu patron Santiago, Que te quiera gobernar.
Santiago ! a ellos vamos, Que no osaran esperar ; Si la fé de Dios quisieren.
Las vidas podran salvar. »
Ce dernier trait peut passer pour avoir dirigé le pinceau bizarre, mais puissant, de J. B. Tiepolo quand il représentait saint Jacques à cheval sur un champ de bataille. L'apôtre guerrier a tout l'air do toucher du plat de son glaive les épaules d'un Maure captif (c'est un nègre, à vrai dire), comme pour lui suggérer de se faire chrétien s'il veut échapper au? suites de sa défaite.
Cf. Ibid., 312, 916. Dans une autre pièce espagnole, El rayo de Ândalucia (que je trouve numérotée 109 parmi diverses comedias sueltas, Madrid, 1747, in-4°) II» parte, 1er verso, un personnage ( Mudarra) parle ainsi en rappelant le jour de sa naissance :
« Dia del apostol santo A cuya espada, y venera Debeis la mayor Victoria ;
Dia, al fin, de Santiago (Aquel de la cruz bermeja, Que en el cavallo de nieve De muy soldado se precia) Se célébré mi bautismo. >
2. Legenda aur., cap. lix. — P. de Natal., H, 86. — Cf. AA. SS. April., t. III, p. 348; et Jun., t.. V, p. 6, sq.