Menolog. grme, t. II, p
CHIEN
Saint Hubert, évoque (Cf. Cerf, p. 183). Comme patron des chasseurs, surtout de ce côté-ci des Alpes, il est invoqué pour les chiens, et très-particulièrement contre la rage ou les périls qu'entraîne la morsure des chiens enragés. Sur la confiance toute particulière que la Belgique wal-
lone professe pour lui à ce sujet, plus d'un livre a été publié1. L'occasion se présentera d'y revenir. Cf. Êtole.
Saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne. Cf. Écuelle.
Saint Ulric, évéque d'Augsbourg. Cf. Rai.
Saint Hubert.
Saint Bénigne prêtre et martyr, apôtre 4e la Bourgogne ; 1 novembre, v. 169. Pes chiens près 4e lui, parce qu'on
1. Cf. A. de Bastard, Mémoire sur les crosses, p. 849, sv. — ttevue britannique, octobre 186), p. 340-345. — Supplément à la Vie de saint Hubert; Paris, 1737.
Prose (Vox de cœlo resultet) du Missel d'Autun (1530) dans une messe votive (fol. wviij) :
< Per supernum 'nuntium Projicit bic gladiura ;
Et in ara Offert sacrincium,
l'avait fait emprisonner avec des chiens affamés, comptant bien que ces animaux le déchireraient pendant qu'il
Pastor factus ovium ; Res est Clara.
Imperat dœmonibus.
Tosicatis rabié Hominis vel bestlffi Medetur quotidie, Res est vera; Si non nobis creditur,
cm un.
était retenu par les ceps'. Le saint passa plusieurs jours exposé à ce péril sans être atteint, et termina sa vie par d'autres supplices. Cf. Lance.
Saint Vit, martyr (Cf. Chaudière, p. 207). L'Italie le représente çà et là tenant un chien en laisse. Je ne saurais dire si cela est né d'une confusion involontaire ou d'une intention symbolique, à cause des bêtes farouches qui le respectèrent lorsqu'on le leur livrait à dévorer. Aura-ton peut-être voulu encore exprimer ainsi la fidélité touchante de sainte Crescence et de saint Modeste qui se livrèrent au martyre pour sauver de l'apostasie leur nourrisson qu'un père idolâtre -entourait de séductions sataniques?
Mais il est certain que, antérieurement ou conséquemment à cette peinture , il a été réclamé comme protecteur contre la morsure des chiens furieux, et cette confiance peut avoir eu pour origine l'apprivoisement miraculeux des lions qui se couchèrent à ses pieds dans l'amphithéâtre1. Ce recours à saint Vit n'est guère connu en France; mais ce pourrait bien être lui qui figure dans un tableau de Lavinia Fontana (musée Campana, 1862 ; Tableaux, n° 559) où des Français seraient tentés de voir saint Hubert avant et après son épiscopat; car on y a peint un évêque (saint Pierre Chrysologue?) et un adolescent (saint Vit?).
Saint Bernard de Clairvaux abbé, fondateur des Cisterciens; 20 août, 1153. C'est surtout dans les maisons de son Ordre qu'il a été peint accompagné d'un chien (roux, le plus souvent), pour rappeler le trait que voici. Sa mère, dit-on, étant enceinte de son troisième fils (qui fut Bernard) , songea qu'elle portait un chien blanc tacheté de roux qui aboyait avec force3. Cela fut plus tard considéré comme un pronostic du zèle qui anima constamment l'homme de pieu contre les ennemis de l'Église.
La connaissance de cette particularité s'est assez peu répandue hors des cloîtres, et l'on ne trouverait pas un certain nombre de fidèles qui entendissent cette caractéristique du docteur de Clairvaux. D'autres signes seront beaucoup mieux compris. Cf. Instruments de la Passion.
Saint Dominique, instituteur de l'Ordre qui porte son nom (Cf. Chapelet, p. 200). Même récit et même résultat que pour saint Bernard ; sauf qu'ici le chien, moucheté de noir et de blanc, porte en sa bouche une torche qu'il approche d'une sphère figurant le monde*. De là maint jeu de mots et diverses allusions qui peuvent être signalées ici parce que l'art s'en est servi en quelques circonstances curieuses relatives à la représentation des saints. F.n expliquant le psaume lxvii s, saint Augustin comparait déjà les hommes apostoliques à des chiens qui veillent pour la bergerie. Les peintres approprièrent cette interprétation aux Dominicains, dont on fit ainsi Domini canes. Dans une fresque de Santa-Maria-Novella à Florence, on voit une meute de chiens blancs et noirs qui harcèlent des loups occupés à rôder autour du bercail de Jésus- Christ».
En tout cas, le chien à la torche fait habituellement partie du blason des Dominicains, comme on l'a vu au mot Armoiries.
Répétons-le pour plus de clarté.
Saint Roch (Cf. Anges, p. 41 ) vêtu en pèlerin, et le plus souvent blessé à la cuisse; il a près de lui un chien qui porte un pain entre ses dents.
Né à Montpellier sur la fin du xme siècle, il abandonna de grands biens1 pour aller visiter à Rome les tombeaux des apôtres. 11 mendiait son pain en voyage el trouva sur sa route diverses villes ravagées par la peste. Se mettant au service des malades, plus d'une fois il les guérit au moyen du signe de la croix8. Acquapendente, Césène, Rome le virent s'exposer ainsi à la mort et rendre la santé aux pestiférés. Mais à Plaisance il fut atteint lui-même du mal contagieux, et une plaie qui lui survint à la cuisse lui arrachait des cris aigus. Pour ne pas être importun aux autres , il se traîna vers un bois voisin; s' abritant sous une pauvre cabane où il comptait mourir inconnu. Dieu l'y guérit sans autre remède que l'eau d'une source voisine; et en même temps le Ciel
Ad sepulcrum cernitur. Etc. >
Je remarque que diverses proses de saint Hubert passent fort rapiment sur l'apparition de la croix entre les bois du cerf, en sorte que l'on ne la devinerait pas si l'on ignorait le récit populaire.
1. P. de Natalib., libr. X, cap. m. — Brautii Martyrolog. poet. :
• Dextra beoigna Dei clausit duodena Benigno Ne tancto ponent ara nocere canum. »
i. P. de Natalib., libr. V, cap, civin.
3. P. de Natalib., libr. VII, cap. lxxxiv. Une hymne du Bréviaire cistercien ( Bernardus doitor inclytus, ad vesperas ) en conserve le souvenir :
• Runim dorio par catulum l'nrfiguraati pueruin Fort doctorem seduluin, etc. •