CLOCHE, CLOCHETTE
Saint Léonor, évêque en Bretagne (Cf. Cerf, p. 184; Rayon, p. 99). Une clochette à la main. On prétend que le roi Childebert lui avait concédé autant de terres qu'en pourrait parcourir le son de la clochette du saint. Celui-ci appela les intendants royaux et monta sur une colline d'où il fit retentir sa sonnette. Témoins ouïs, il se trouva qu'on l'avait entendue à quatre milles à la ronde, et la prise de possession fut établie sur ce fait1.
Saint Théodule (ou Théodore), évêque de Sion (ou de Martigny) en Valais; 16 août, 806. Près de lui une cloche, souvent portée par le diable1. Suivant la légende valaisanne, le saint avait obtenu du pape une cloche pour sa cathédrale; mais il s'agissait d'en effectuer le transport jusqu'au Rhône supérieur, ce qui n'était pas petite affaire, vu la longueur et les difficultés de la route. Il en chargea le démon, qui fut obligé d'accepter le fardeau et de le remettre à sa destination *.
Cela voudrait-il dire que le saint, en trouvant grâce auprès de Charlemagne, parvint à compléter l'ameublement et l'ornementation de sa cathédrale; ou qu'obtenant de l'empereur l'autorité, même séculière, sur le Valais , il y fit de son église (c'est-à-dire de son siège épiscopal) le centre de tout? Le beffroi, au moyen âge, était comme le symbole de la commune; et la façon dont saint Théodule réclame auprès de Charlemagne pour n'être plus entravé par les laïques4, prête à penser que ses successeurs purent voir dans son privilège une victoire remportée sur l'ennemi. Je sais bien que beffroi et commune ne passent point pour institutions du vnr* siècle; mais nous avons affaire à des montagnards qui se montrèrent peu endurants dans bien des cas ; et d'ailleurs l'histoire de la cloche avec le diable pour portefaix ne doit pas être contemporaine de saint Théodule. Je la crois née beaucoup plus tard, puis interprétée plus tard encore dans le sens d'un miracle. Le cardinal Schyner, qui l'a mise sur ses monnaies, y voyait peut-être plus clair qu'il ne se souciait de le dire, car c'était un rude homme qui ne manquait pas de finesse et à qui le rôle d'un petit Jules II n'aurait point déplu.
Saint Antoine le Grand, abbé en Thébaïde (Cf. Béquilles, p. 132). Ce qui regarde la clochette que l'on suspend quelquefois au bâton du saint homme, trouvera mieux son application à l'article Pourceau s.
Saint Benoît de Norcia (Cf. Banderole, p. 112; etc.).
Saint Grégoire le Grand raconte dans sa vie* que le diable brisa la sonnette avec laquelle le moine Romain l'avertissait quand il voulait lui faire parvenir de la nourriture dans son antre avec un panier soutenu par une corde. 11 ne paraît pas que ce fait ait beaucoup attiré l'attention des artistes, pas plus que des poètes et hymnographes qui ont retracé la vie de saint Benoît. J'en parle cependant pour le cas où l'on rencontrerait cette clochette cassée, parmi les attributs du saint.
Saint Gildas le Sage, abbé de Rhuys en Bretagne ; 29 janvier, v. 580. Lorsqu'il était encore dans la Grande- Bretagne, sa réputation avait passé jusqu'en Irlande, d'où sainte Brigitte de Kildare lui fit demander un souvenir. Le saint lui envoya une clochette de sa façon, qui fut reçue comme un cadeau précieux7.
Les Bretons racontent quelque chose de semblable au sujet d'une clochette que saint Kadok avait demandée à un autre saint Gildas (ce semble), mais qui devint muette jusqu'à ce que Kadok l'eût obtenue8.
Saint Pierre Nolasque, fondateur de l'ordre de la
Merci; 31 janvier, 1256. Une traînée lumineuse descendant du ciel , et semée de sept étoiles, s'arrête vers le