‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 398 sur 1339 · COQUILLE · texte numérisé non relu

COQUILLE

Saint Jean-Baptiste (Cf. Agneau, p. 22; etc.) tient une coquille dans plusieurs représentations modernes ; mais cette façon de le désigner comme baptiseur ne semble pas avoir des antécédents bien reculés ; et le moyen âge, qui peint presque toujours le baptême sous la forme de l'immersion, n'avait garde d'imaginer que saint Jean l'eût donné par simple affusion.

Saint Jacques le Majeur, apôtre (Cf. Cheval, p. 209 ; etc.). On sait qu'une coquille a été'appelée peigne de Saint-Jacques. Les Espagnols ont à ce sujet des explications et des historiettes plus édifiantes que convaincantes*, mais dont je n'ai pas besoin ici. Ce qui nous regarde en ce moment c'est que la valve plate de ce coquillage ou de ses congénères sans trop de spécification , est devenue comme la marque des pèlerins et de saint Jacques lui-même, si bien qu'il fait comme partie intégrante de leur costume

(Cf. Pèlerins). Pour le saint en particulier, on peut le voir ainsi caractérisé dans plusieurs plombs publiés par M. A. Forgeais3.

Pour saint Michel de Tombelaine en Normandie4 , la coquille avait une appropriation toute particulière, puisque ce lieu de pèlerinage était situé sur le bord de l'Océan ; et c'est ce qui explique pourquoi cet attribut figure dans le collier de l'Ordre5.

Saint Augustin (Cf. Cœur, p. 234). Un petit enfant près

1. Extrait d'une prose ( Lœto jocundelur ore) que j'ai copiée en 1843 sur un manuscrit conservé à la sacristie d'Andcnne :

« Opéra Pétri pctitura, Romnm petit pia cura ; A Papa suscipitur Pontifici summo toturo Suée mentis pandit votum, Velut patri filia ; Qui, accedens voto pio,

Pie piam c gaudio

Remittit ad propria.

Construire cœnobium, Pipini per consilium, Sumina- parât Virgini; Pundamentum ter erectum Quum sit, nullum dat eflectum

A vrai dire, la croix d'Andcnne dont Je reproduis un fleuron historié, ne représente près de la sainte que deux canards dans un petit bassin. Mais ne serait-ce pas une simple ruse de l'orfèvre pour resserrer son sujet? Du reste, tout ce que l'on pourrait juger obscur

Opus sponsœ Domini.

Tnndero suera re<|uirenti, Locus digni fundamenti Cœlitus ostenditur; Dum porca cum septem natis Ad uber. i sociatis Ab illo (sic) conspicitur.

Voluntale hinc divina, Septem pulli cum gallina Beggœ nato monstrantur Dé locandis ecclesiis ; Quibus visis auspiciis, Septem jrdificantur. Etc. »

dans les strophes citées, s'explique sans peine par la biographie de la sainte. Cf. AA. SS. Belgii, t. V, p. 117-119. — AA. SS. lut., t. III, p. 91, etc.

2. Cf. AA. SS. lut., t. VI, p. 37. — Nicrcmberg, Hisl. natur., De miraculosis, libr. I, cap. vi (p. 383).

3. Plombs historiés, Imagerie religieuse (1805), p. HUM ; etc. - Cf. Ibil., t. I ( Corporations , 1802), p. 150, 119. — Recueil ... de la société de sphragisïique, t. Il (i«î»3), p. 10. — Vitraux de Bourges, pi. XV, A; et n» 182 (p. 271 ).

4. J'avais eu l'air de dire (p. 170) que le 29 septembre fêtait l'apparition du grand archange au mont Gargan. Il est juste de faire observer que plusieurs difficultés viennent à la traverse d'une assertion si simple dans son énoncé. Cf. Rosweyd, Marlyrolog. roman, notationibus illustration. 8 maii ; et 29 scptemhr. — Ital. sacra (éd. N. Colcti), t. VII, p. 815-818. — AA. SS. Septembr., t. VIII, p. 4-8; 38-

5. L'enseigne que je donne pour saint Michel in periculo maris appartient aussi aux importantes trouvailles et publications de M. A. Forgeais ( Pèlerinages, p. 79). Cf. Ibid., p. 82.

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