COTTE DE MAILLES
Pour ce qui regarde le costume historique des guerriers, c'est tâche d'antiquaire que de savoir si une armure sera déterminée d'après la panoplie romaine, asiatique, franque ou autre. L'artiste avisé en décidera d'après les temps, les lieux et les races, sans demander à l'hagiographie autre chose que les données chronologiques qui le dirigeront dans son choix. Il est vrai qu'en cela, comme en bien d'autres choses, le moyen âge et même les trois derniers siècles ne se sont pas piqués de l'exactitude archéologique dont l'importance est un peu exagérée actuellement par certains critiques. Mais enfin l'on ne serait plus reçu aujourd'hui à peindre saint Guillaume de Gellone ou celui de Malavalle, dans l'équipement d'un cavalier de César; pas plus qu'avec les pièces d'armure d'un chevalier du xive siècle, ou le fourniment d'un gendarme actuel.
Nous ne parlerons donc ici que de la cotte de mailles portée comme instrument de pénitence en manière de cilice; et alors saint Etienne de Grandmont (de Muret), saint Dominique l'Encuirasss (loricatas)* ou saint Guillaume de Gellone peuvent figurer sous ce titre. Cependant il faut convenir que leur cuirasse n'était pas certainement empruntée aux usages militaires de leur temps, comme l'a fait voir le cardinal Garampi dans un passage que nous citions à l'article Ceinture (p. 181).
Sainte Ugoline vierge, du tiers ordre de Saint-François; 8 août, ou 22 septembre, v. 1300. Recherchée à cause de sa beauté rare, elle se consacra aux exercices les plus rudes de la mortification ; et vécut près de Verceil dans une grotte. Elle s'y faisait passer pour un homme, sous le nom d'Hugues; et était ordinairement revêtue d'une cotte de mailles3, qui lui servait à la fois de rude cilice et comme de masque pour tromper les visiteurs sur son sexe.