LES QUATRE COURONNÉS
et le singulier usage qui s'est introduit de leur donner des outils de construction ou de sculpture portant une couronne ; privilège communiqué au marteau de saint Éloi dans quelques pays.
Sainte Couronne (Cf.
Arbre, p. 68), à cause de son nom, a reçu de quelques an istes deux couronnes, l'une de roses, l'autre d'or, superposées.
Une expression de l'Écriture sainte au sujet de l'arche d'al-
mettre entre les ordres de sainis une distinction caractérisée par des auréoles ou couronnes spéciales *. Il y a celle des martyrs, celle des vierges, celle des docteurs, et celle des simples confesseurs. Le moyen âge répète à tout propos ce langage admis dans l'École.
En conséquence on a imaginé de faire cumuler ces auréoles à quelques saints, comme pour montrer qu'ils avaient rassemblé en une seule vie le mérite de plusieurs.
Tels sont quelquesuns de ceux qui vont suivre.
Sainte Elisabeth de Thurince 3 ou de Hesse (19 novembre, 1231) semble avoir été la plus généralement décorée de plusieurs couronnes qu'on lui met sur un livre ou sur la main. Cependant je doute que cette invention remonte bien haut. Luc de Leyde ne lui [donnait qu'une couronne; plus tard elle en reçut une seconde, sans doute pour exprimer qu'elle était princesse et sainte.
Puis une troisième a complété le nombre, et je suppose qu'on a voulu rappeler par là les divers états de vie qui pouvaient la prendre pour modèle ; mais ce n'est plus ce que les théologiens entendent par auréole, ou coroiia auréola 4.
Saint Philippe Benizzi.
liance » , a donné lieu aux docteurs ecclésiastiques d'ad- Le goût de cet ornement une fois introduit dans l'art,
3. On l'appelle souvent sainte Elisabeth de Hongrie parce qu'elle était fille d'André II; mais ce nom a l'inconvénient de pouvoir la faire confondre avec une autre Elisabeth, religieuse dominicaine près de Wintherthur en Suisse, laquelle était tille d'André III roi de Hon-