Exod. xxv, 25; xxx, 3; xxxvii
2. Beda, De tabernaculo, I, 6 : « Sicut Stella a Stella differt in claritate, ita erit et resurrectio mortuorum... jEterna etenim vita futura, omnibus e9t promissa justis, sed multiformis in ilia pro diversitate meritorum gloria est singulorum. » Cf. Anguissola, Ephemtrid., 1820; p. 56, 78.
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4. Il est bien possible qu'on ait quelquefois voulu exprimer par
COURONNE
on l'a quelque peu prodigué , chacun voulant en embellir le saint qu'il affectionnait. Ainsi sainte Vénère ( Vcnera, Veneranda, Parasceve, et enfin Preparazione), patronne d'Acci en Sicile, a été peinte avec une palme qui enfile trois couronnes , afin de donner à entendre qu'elle avait été simultanément vierge, martyre et prédicatrice (doclor) . En Belgique sainte Godelieve (Cf. Corde, p. 259) a reçu deux couronnes, comme vierge et martyre ; quelquefois trois, mais ici je n'en devine plus la raison. C'est bien pis encore lorsque l'on donne la palme et deux couronnes à sainte Jeanne de Valois qui n'a jamais souffert le martyre ; ou à sainte Rita da Cascia, qui reçoit même çà et là trois couronnes avec la palme.
Je trouve aussi sainte Luce (Lucie) avec trois couronnes à la main. Mais cela n'est pas fréquent.
Saint Ange, carme, se voit aussi avec une palme enfilée de trois couronnes (virginité, martyre et prédication). — Saint Raimond Nonnat, considéré peut-être comme martyr pour le fait que nous avons exposé au mot Cadenas (p. 1Z|3, sv.), est représenté quelquefois avec trois couronnes, ou même quatre ; et l'on y joint aussi la palme. — Saint Pierre de Vérone martyr, de l'ordre des Frères Prêcheurs. Trois couronnes également, traversées par une palme. Cf. Épèe, Tête.
Passons à d'autres emplois de ce signe, dont le sens ne laisse pas d'être un peu compliqué, comme nous l'avons fait entendre. Mais il s'agira parfois d'une couronne de laurier, comme signe de triomphe.
Saint Nicépiiore, martyr à Antioche de Syrie ; 9 février, 260. Une couronne sur la main, ou qui lui est apportée par un ange. Les vieilles mosaïques représentent souvent les martyrs dans la gloire avec une couronne qu'ils portent sur la main ; mais ce doit être ici une allusion à cette circonstance particulière : les païens conduisaient à la mort un prêtre nommé Saprice qui était brouillé avec Nicéphore, simple laïque. Celui-ci s'efforçait en vain d'obtenir un mot de réconciliation ; et comme il l'avait suivi jusqu'au lieu de l'exécution, ce cœur inexorable ne tint pas contre la vue de la mort, qui le fit apostasier. Nicéphore prit sa place, dérobant ainsi la couronne de celui qui avait voulu être son ennemi jusqu'au bout.
Peut-être cette couronne n'a-t-elle été imaginée par les artistes que pour exprimer la victoire remportée par la charité en cette occasion, ou pour retracer aux yeux le nom de Nicéphore (qui porte la victoire, ou la couronne).
Les quarante martyrs de Sébaste (10 mars, 320) présentent quelque chose de pareil. Après avoir été battus jusqu'au sang, ils furent exposés nus sur un étang glacé pendant trois jours et trois nuits. L'un des gardiens vit des anges apportant quarante couronnes ; ce qui lui fit prendre la place de l'un de ces condamnés qui avait abandonné la généreuse troupe, pour demander d'être plongé dans un bain tiède où il mourut presque aussitôt. Les saints Amicus et Amelius, honorés comme martyrs à Mortara dans le Milanais ; 12 octobre, 773. Je les trouve représentés tenant chacun une épée, et soutenant ern semble une seule couronne. Ils sont martyrs à la manière des paladins Rolland et Olivier, car leur mort arriva dans un choc de cavalerie contre les Lombards pendant la campagne où Didier perdit la couronne. J'imagine que la manière de les peindre tient à leur amitié dont l'histoire rappelle trop le nom de l'un d'eux, pour ne pas être suspecte d'avoir été cause ou effet du récit. On prétend qu'ayant été inhumés dans diverses églises , il se trouva le lendemain matin, que leurs tombeaux étaient réunis ; comme si les deux intimes n'eussent pas voulu être séparés dans les derniers honneurs '. Sainte Reine d'Alise. Cf. Colombe, p. 2/»3. Sainte Colombe de Sens (Cf. Colombe, p. 2i3), secourue par un ange qui lui apporte une couronne. Expression d'artiste, je pense, pour traduire ce que raconte sa légende, qu'une voix du ciel l'encouragea en lui promettant la couronne éternelle*. Elle fut décapitée à l'instant où ces paroles retentissaient.
Sainte Potamienne d'Alexandrie, vierge et martyre ; 28 juin, v. 211. Une couronne à la main. Conduite au supplice par Basilide soldat de police, qui la défendait contre les insultes de la populace, elle lui promit d'en être bientôt reconnaissante. En effet trois jours après sa mort elle vint lui mettre une couronne sur la tête. Celui-ci admirant la bonté du Dieu des chrétiens, se déclara disciple de Jésus-Christ, et fut décapité pour la foi'.
Sainte Engratu. Cf. Clou, p. 233. Couronnée par un ange après son martyre.
Sainte Catherine de Sienne. Cf. Couronne d'épines, p. 271 , sv.
Sainte Susanne, vierge et martyre à Rome; 11 août, v. 295. Une couronne à ses pieds. On dit qu'elle était nièce du pape saint Caius; et que, par amour pour la virginité, elle refusa d'épouser le fils de Dioctétien.
ces trois couronnes, la Hongrie, la Hesse et la Thuringe; sinon, une ou deux couronnes abandonnées et une autre (céleste) gagnée. Cf. Catendar. benedict., 9 mai (saint Alexandre écossais).
Mais le Bréviaire y aura prêté lorsque, pour sainte Elisabeth de Portugal (8 Juillet), il dit : « In terra in triplici vitit gradu, posteris imitanda vjrtutum rcliquit excmpla. » Puis encore : « Virginalem slatum, conjugalem et vidualem, inoAVnso pede cucurrit. »
t. "Les continuateurs des Acta sanctorum, en 179i (octobr.,t. VI), n'ont pus daigné transcrire ce que Vincent de Beauvais raconte de
deux amis (Spicul. hislorinl., XXIII, 109). Les vieux hagiographes italiens en disent pourtant bien d'autres. Cf. P. de Natalib., Catalog. SS., lib. IX, cap. xxt. Or ces narrations d'autrefois, lors même qu'elles ne présentent pas grande garantie, mériteraient bien de ne pas être étouffées par le simple silence; parce qu'elles maintiennent presque toujours la trace de quelque souvenir important, dont un homme habile pourrait trouver la racine.